IV
Les résultats que je viens d’exposer sont parfaitement conformes aux expériences les plus récentes et lesplus exactes. Wattaobservé queïachaleur produite par la vapeur, lorsqu’elle retourne à l’état liquide, peut élever une masse égale d’eau à la température de 9^0 degrés du fareinheii , ou, ce qui revient au même, élever à un degré une masse d’eau q5o fois plus grande. Selon Rumford, une partie de vapeur aqueuse peut échauffer, en se condensant, 567 parties égales d’eau, de la quantité d’un degré du thermomère centigrade. Gay-Lussac, Clément et Désormes prennent le terme moyen de 55o parties, entre les résultat» des diverses expériences qui ont été faites à ce sujet. Biot conclut de là, qu’un gramme d’eau en vapeur peut porter de zéro à l’état d’ébullition 5,671,196 grammes d’eau. Il faut observer que tous les calculs que je viens de rappeler partent de la supposition que l’eau à échauffer est à la température de zéro, ce qui n’est pas le cas relatif à l’eau des filatures de soie, ni à celle des bains, qui sont préparés ordinairement sous l’influence d’une température beaucoup élevée de l’atmosphère. Il en résulte qu’ici l’effet produit
par la vapeur doit être bien plus prompt et plus sensible.
La nature nous montre à tout moment les effets de la destruction et de la reproduction du calorique dans les changemens d’état que subissent les corps. Chaque fois qu’ils passent de l’état de vapeur à l’état liquide, ou de celui-ci à l’état de solidité, ils abandonnent une partie de leur calorique, au profit des corps environnans La vapeur, après avoir ainsi communiqué une partie de son calorique à l’eau renfermée dans les vases métalliques, se condense, et retombe goutte à goutte dans le fond des récipiens de bois. Pour éviter, dan§ ce cas, l’inconvénient de remplacer sans cesse dans la chaudière l’eau qui en sort en vapeur, j’ai ménagé une circhlation facile de la vapeur condensée à la chaudière ^ où elle retourne par le moyen que j’indiquerai ciaprès. Telles sont les observations et les expériences préliminaires, au moyen desquelles j’ai entrepris de prouver l’utilité de l’application extérieure de la vapeur dans les filatures de soie. Loin que j’aie la prétention de posséder les con- , naissances pratiques des entrepreneurs des filatures, je me borne à leur indiquer des moyens
simples et économiques pour échauffer l’eau , et à les engager à faire, sous ce rapport, de nouvelles tentatives propres à perfectionner leurs manufactures.