XVI
Je ferai observer enfin que le procédé de Gen~ soûl présente l’inconvénient d’employer des chaudières d’une grandeur excessive , qui , à mon avis, peuvent être réduites à moins d’un quart de leur capacité actuelle. Ce ne sont point des j hypothèses théoriques , ce sont des observations pratiques , faites par moi et par d’autres, qui viennent à l’appui de cette assertion. Les expériences faites à Bologne sur ce sujet, ont fait voir que les chaudières qu’on y a employées pour échauffer vingt capsules d’après mon procédé , étaient beaucoup au-dessous de la proportion que je viens d’indiquer ; et néanmoins l’eau i fut portée en peu de minutes à la température de 75 degrés. Ce fait a encouragé plusieurs personnes, au nombre desquelles je me comprends moi-même , à faire ensuite les expériences relatives à la filature par le même procédé ( H ). La supériorité remarquable de l’action de la vapeur, dans ma méthode , provient de la conservation du calorique qui , dans la méthode de Gensoul , ne peut absolument se combiner à l’eau qu’en partie. La vapeur , en effet , se condense avec d’autant plus de difficulté, que le milieu qu’elle traverse est plus échauffé; or, il est évident que plus l’eau s’échauffe dans les capsules, plus la
quantité de vapeur qui doit s’échapper dans l’atmosphère augmente, attendu que la température trop élevée de l’eau ne permet plus à la vapeur de se Condenser. Dès-lors, elle ne reste pas en contact avec l’eau , et son action devient nulle ; ce qui est conforme aux lois de la propagation du calorique, confirmées par les physiciens, et notamment par le célèbre Lavoisier.
Les faits que je viens d’exposer ont pour but de démontrer l’influence de l’état actuel des connaissances physiques sur la construction et le perfectionnement des filatures à soie , afin que l’on puisse choisir les améliorations qui doivent offrir les avantages les plus réels (/). Je n’ai pas eu, en écartant les procédés adoptés jusqu’à présent, d’autre but que de proposer aux entrepreneurs de filature de tenter de nouveaux essais (JC) qui , adoptés sans restriction ou modifiés suivant les circonstances, pussent contribuer au perfectionnement d’une branche si importante de l’industrie manufacturière.