‹ Recherches expérimentales sur l'application extérieure de al vapeur pour échauffer l'eau dans la filature de la soieChapitre 8 sur 9 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

La construction des anciens fourneaux com*muns exige, d’après les découvertes récentes des physiciens , une réforme complète. Les belles expériences faites en ce genre par le comte de Rumford et par Buchanan , pour tirer tout le parti possible du calorique avec la moindre quan tité possible de combustible, m’auraient engagé volontiers à proposer un seul centre de combustion, duquel partirait un torrent d’air échauffé qui déposât dans les capsules respectives de la filature une portion de calorique suffisante pour les élever à la température nécessaire. Les grandes étuves exécutées à l’instar de celles de Russie, dans beaucoup de palais, et même dans le grand théâtre de Milan,. font voir la probabilité de pouvoir, par un moyen analogue, échauffer convenablement les capsules des manufactures. Laissant de coté toutes les tentatives nouvelles , qui peuvent toujours rencontrer quelque obstacle dans l’exécution, il est certain qu’au lieu de prodiguer le calorique développé dans la combus-

tion, et cle le laisser s’échapper par les issues multipliées des cheminées, comme cela se fait communément, on peut faire circuler la fumée et l’air raréfié dans des tuyaux tortueux, communiquant d’un fourneau à l’autre, de manière que l’air sorte enfin dépouillé de tout son calorique par l’issue d’une seule cheminée. Cette méthode de faire concourir tous les tuyaux des fourneaux à une seule chape commune, est si simple et si économique, que plusieurs manufacturiers de la Lombardie l’ont mise en pratique avec un grand succès T7'). En construisant les fourneaux d’après ce principe, il est certain qu’on doit économiser beaucoup de combustible en comparaison de ce* lui qui est consommé de l’autre manière; on y trouve encore l’économie des chapes des cheminées , et celle de la capsule principale employée dans le procédé à la vapeur. Sous ce point de vue, les frais de première construction et de main-d’œuvre dans les filatures à feu commun se trouveront réduits de manière à présenter un avantage réel, dans les cas que nous avons exposés ci-dessus.

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Si les entrepreneurs des manufactures ontdi leur disposition quelque ruisseau d’eau courante, ils pourront en profiter pour mouvoir les mou-

lins de la filature, et ils économiseront encore par ce moyen la main-d’œuvre des ouvrières employées à ce travail dans la méthode actuelle. Le recommandable fabricant de soie, M Melloni, m’a fait voir ce mécanisme perfectionné par lui de la manière la plus ingénieuse, dans une manufacture de vingt moulins établie à Bologne. Il m’a assuré qu’une semblable filature offre une grande économie de main-d’œuvre , et un avantage remarquable dans la perfection du travail. L’emploi de l’ancienne méthode n’exclut pas la préparation des cocons par le moyen de la vapeur , qui n’exige aucun appareil particulier ; car, avec un peu d’industrie , on peut se servir pour cela de la vapeur de l’eau bouillante dans une chaudière ordinaire. Il n’est pas aussi aisé , dans ce cas, de déterminer la durée nécessaire de l’action de la vapeur sur les cocons, et le nombre de cocons nécessaires pour une quantité donnée de vapeur (G), afin qu’un excès de calorique ne les fasse point passer à un état de coction dans lequel ils ne pourraient plus être filés. Il me suffit d’avoir fait remarquer que le moyen dont j’ai parlé pour abaisser la température de l’eau , peut se combiner, dans les anciennes fiîa^ tures, avec le moyen que je propose.

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