‹ Recherches Experimentales Sur l'Élimination intestinale des médicamentsChapitre 10 sur 39 · BERTHELOT · texte numérisé non relu

BERTHELOT

«Tout est dit et l'on vient trop tard depuis plus de 7000 ans qu'il y a des hommes et qui pensent ». Nous n'irons pas donner un démenti à La BRUYÈRE, encore que si tout est dit tout n'est point démontré, et nous ne prétendons nullement en présentant cette thèse, faire don à la science d’un travail à la fois nouveau et durable. Si le savant, comme disait MAGENDIE, « n'est qu'un chiffonnier qui se promène dans le domaine de la science, une hotte au dos, un crochet à la main et qui ramasse ce qu'il trouve », que peut alors celui qui n'est pas même un savant et qui a encore tout ou presque tout à apprendre ? Il ne saurait avoir la prétention de faire des découvertes sensationnelles, ni l'ambition de renverser aucune loi existante, Comme le disait récemment, le Professeur LE CHATELIER, € c'est une erreur funeste de poursuivre systématiquement la réalisation de découvertes sensationnelles. On fait des découvertes quand on peut et non quand on veut ». D’autre part, ainsi que Île fait remarquer Claude BERNARD, si on veut rechercher la perfection et si on attend pour écrire, la solution complète de tous les problèmes, on risque fort de ne jamais écrire. Aussi croyons-nous qu'il appartient à l'étudiant, arrivé au terme de ses études médicales, de rechercher les faits épars dans le domaine de la science, touchant une question, de les rassembler, de les classer, de les critiquer au besoin et de tâcher d'y ajouter le plus possible de faits nouveaux, fruit d'un labeur personnel. Voilà comment nous concevons une thèse et nous avons dirigé toutes nos recherches dans le but

de confirmer et d'étendre les travaux de nos devanciers. C’est en effet avec le temps et par le concours d’un grand nombre d'efforts réunis que peut se fonder la médecine scientifique. Apporter non pas une pierre à l'édifice, mais un grain de sable qui entrera dans la constitution du ciment qui scelle les blocs entre eux, ouvrir des perspectives nouvelles et donner à ceux qui viendront ensuite la possibilité de continuer l’œuvre en apportant au problème de nouvelles données, éclaircir une question confuse, aiguiller d'autres recherches, tel a été notre but en faisant ce travail de thérapeutique et de physiologie expérimentales. Aussi bien, signaler un détail en apparence insignifiant, c’est quelquefois permettre à un autre de découvrir un fait d'une importance capitale : en se contentant d'ajouter quelques maillons à une chaine déjà solide, on est assuré de faire un travail profitable. Nous n'avons que le faible mérite d'avoir travaillé personnellement à apporter quelques faits nouveaux, qui s'ajoutant à ceux déjà connus, pourront peut-être servir un jour à dégager des lois.

Qu'il nous soit permis au début de ce travail de rendre hommage aux Maîtres qui nous ont formé. Fier de l’enseignement que nous avons reçu d'eux, nous saurons mettre à profit leurs conseils et leurs leçons et nous voulons leur exprimer ici toute notre reconnaissance.

Nos remerciements vont aussi à M. le Docteur François LEURET, ex-interne médaille d'or des Hôpitaux, Chef de Clinique médicale adjoint à la Faculté, qui fut pour nous le plus précieux des collaborateurs, qui partagea nos espoirs et nos déceptions, et nous fit paraître trop courtes les heures de travail passées ensemble.

Notre ami André LESTAGE, pharmacien et préparateur à la Faculté, mit à notre disposition sa haute compétence pour toutes les recherches chimiques quantitatives que nous eûmes à effectuer. Qu'il soit assuré de notre profonde gratitude.

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