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CFA PITECE "IL
Recherches expérimentales personnelles.
Nos expériences qui sont relatées en détail dans les pages qui suivent ont été effectuées avec une méthode rigoureuse, conférant aux résultats obtenus le maximum de certitude.
Nous avons dit que pour rechercher l'élimination intesiinale d’une substance, il était indispensable :
1° De lier le canal cholédoque pour empêcher que la substance ne soit apportée par la bile.
2° De lier le canal de Wirsung pour empêcher l'élimination pancréatique de s'ajouter à l'élimination intestinale.
3° De lier le pylore pour supprimer l'élimination salivaire où gastrique.
Enfin, pour séparer l’élimination de l'intestin grêle et celle du gros intestin, nous avons pensé qu’il était bon de mettre une ligature au niveau de la valvule iléo-cœcale.
Après plusieurs expériences préliminaires, nous nous sommes arrêté à une technique simplifiée qui supprime les irois ligatures du cholédoque, du Wirsung et du pylore : il suffit pour cela de lier l'intestin grêle au niveau du duodénum, au-dessous de labouchement du canal de Wirsung. Ainsi, rien ne passe dans l'intestin grêle des sécrétions biliaire, pancréatique et gastrique.
Nous avons adopté la simple ligature au catgut préférable à l’entérectomie et moins traumatisante pour l’animal.
Toutes nos interventions ont été faites dans des conditions rigoureuses d’asepsie.
Pour ce qui est des animaux d’expérience, nous nous sommes adressés de préférence à des chiens, qui possèdent une masse de viscères relativement importante et qu’on peut opérer dans les meilleures conditions, car ils supportent facilement l’anesthésie au chloroforme après injection de 0 gr. 02 à 0 gr. 12 de morphine.
Pour les alcaloïdes, nous nous sommes servis de lapins, très résistants à ces médicaments, bien que la technique opératoire soit un peu plus délicate chez ces animaux.
Nous avons introduit les médicaments dans lorganisme par la voie intra-musculaire, accessoirement par la voie sous-cutanée ou gastrique. La méthode des injections en effet est à peu près la seule pratiquable, en tout cas la plus commode chez les animaux.
On était en droit de craindre l'influence inhibitrice exercée sur lélimination intestinale par le traumatisme opératoire, la narcose, et le choc. En réalité, nous ne croyons pas que ces facteurs aient nui à nos expériences, et aussi bien, comme tout est relatif, nos conclusions ne peuvent s’en préoccuper.
Pour ce qui est de la recherche des médicaments, nous avons effectué non seulement des recherches qualitatives, mais encore le plus souvent des recherches quantitatives. Bien entendu il ne faut pas donner à nos chiffres une valeur absolue : il est bien évident que nous saisissons seulement un moment de l'élimination dans le temps, nous apercevons l'élimination au moment où l’animal est sacrifié.
Ceci établi, il n’en demeure pas moins vrai que les recherches quantitatives, par leur valeur relative, peuvent fournir des renseignements intéressants, en permettant
2 AL = d'établir une comparaison approximative entre l’élimination des différents organes considérés (1).
Nous avons effectué nos expériences avec les médicaments suivants :
Jodure de potassium.
Bromure de potassium.
Citrate de fer.
Bleu de méthylène.
Cacodylate de soude.
Bi-iodure de mercure.
Acétate de plomb.
Sous-nitrate de bismuth.
Salicylate de soude.
Electrargol.
Protargol.
Atropine.
Esérine.
Quand une première expérience ne nous a pas semblé suffisamment probante, nous lavons recommencée, puisque dit-on « {estis unus, testis nullus ».
Cependant, nous n’avons pu nous livrer à un nombre
. plus considérable d'expériences, qui n’auraient pu certes que raffermir nos opinions, du fait de la difficulté de nous procurer un plus grand nombre d'animaux. Mais du moins nos expériences nous paraissent suffisamment concluantes pour que nous puissions les exposer et les commenter avec confiance.
(1) Chez les animaux en expérience, le point d'injection et le pancréas ont été prélevés par le D' François LEURET.
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Iodure de Potassium.
Les iodures alcalins en général et l’iodure de potassium en particulier sont rapidement absorbés par toutes les muqueuses, du moins si nous en croyons les auteurs. Nous verrons plus loin que nos expériences personnelles et celles du D: Leuret ne nous permettent pas d’être aussi affirmatif, lorsque l’iodure est introduit dans l'organisme par la voie intra-musculaire, Quoi qu’il en soit, l’iodure de potassium pénètre facilement dans le torrent sanguin et Pélimination s’effectue très rapidement, puisqu’en effet, au bout de trois minutes après l'absorption, on peut déceler l’iode dans l'urine, la salive, le mucus nasal et celui des voies respiratoires (Pouchet). Du reste, d’après cet auteur, la vitesse de lPélimination est fonction de la dose injectée ou ingérée : avec de petits doses, on observe une transformation totale en Nal et l'élimination est relativement peu rapide ; avec les doses moyennes, la transformation en Nal est proportionnelle à la valeur de la dose et l'élimination plus active; avec les doses fortes, la transformation est d’autant plus considérable que la quantité proportionnelle du potassium est elle-même plus grande, et Pélimination est très active.
Les auteurs sont d'accord pour admettre que les iodures s’éliminent en majeure partie par l’urine, le rein étant la grande voie d'élimination. Les iodures sont aussi excrétés avec la salive, la sueur, les larmes, le lait, la bile, le mucus nasal, le mucus conjonctival, le mucus pharyngolaryngien, enfin la peau dont les glandes sébacées rejettent des quantités infinitésimales de composés ioduriques. Quant à l'élimination intestinale, celle qui nous intéresse, elle est
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beaucoup moins nettement affirmée et la plupart des auteurs la passent sous silence. Cependant Arnozan et Carles d'une part, Lewin d'autre part, citent l'élimination «par les glandes gastro-intestinales ». Quant à Pouchet, il écrit : «On constate une élimination de l’iode par la muqueuse digestive, quel que. soit la voie d'introduction de la subslance médicamenteuse, même lorsqu'elle a lieu par des injections hypodermique ou veineuse. » (L’iode et les iodiques, loc. cit.).
Nous avons décidé de résoudre la question de l’élimination intestinale par des expériences offrant toute garantie. L’iodure est en effet facilement décelable, même à des doses infinitésimales ainsi que nous avons pu nous en rendre compte par le procédé des dilutions. Sa recherche est basée sur ce fait que, lorsqu'on ajoute à une solution d’empois d’amidon une solution aqueuse d’iode, ou une solution d’iode dans l’iodure de potassium, on obtient une coloration bleu intense (iodure d’amidon) ; cette coloration disparaît à chaud et reparaît à froid. Au liquide à examiner, obtenu après destruction de la matière organique, on ajoutera donc quelques centimètres cubes d’une solution d’empois d’amidon, on ajoutera une ou deux gouttes d'acide nitrique fumant, qui mettra l’iode en liberté, et la présence d’iodure, si la réaction est positive, sera décelée par la réaction ci-dessus.
Voici maintenant l’exposé de nos deux expériences, la seconde ayant contrôlé la première.
EXPÉRIENCE I Chien n° I. — Blanc et noir; poids 7 kilogr.
Technique opératoire.
Anesthésie sédol-chloroforme. Extériorisation du duo-
dénum :
a) entérectomie sous-pylorique() b) entérectomie sous-duodénale ce) ligature au niveau de la valvule iléo-cæcale
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De cette façon, nos résultats ne risquent pas d’être faussés par l'élimination biliaire, pancréatique ou salivaire.
Injection de 1 gr. d’iodure de potassium (0 gr. 50 intramusculaire, 0 gr. 50 sous-cutané) en solution dans 3 cc. d'eau distillée.
7 heures après, injection sous-cutanée de 1 ce. contenant 0 gr. 50 d’iodure de potassium.
Mort du chien 18 heures après (infection péritonéale). On retire l'intestin en entier, le rein, le pancréas avec le duodénum extériorisé, et après s'être assuré que l’eau distillée ne contient pas d’iodures, on pratique les recherches suivantes :
a) Dans l’eau de lavage du gros intestin :
recherche de IK négative.
b) Sur la muqueuse intestinale :
recherche directe de IK négative.
c) Dans l’eau de lavage de l'intestin grèle : recherche de IK négative.
d) Sur la muqueuse intestinale :
recherche de IK négative.
e) Dans l'eau de lavage de l’anse duodénale isolée avec avec l'abouchement du pancréas :
recherche de IK négative.
f) Dans une macération d'’intestin grèle (muqueuse broyée, dans l’eau distillée pendant 24 heures) on trouve : traces infinitésimales d'IK.
On prélève :
LAVESTIN PP 40 gr.
CTOS ARTS TT en. ee tr let a RS Los RATS EE ASS 15 gr
(1) Nous avons remplacé ultérieurement l’entérectomie par une ligature au catgut.
DAT -pr 20 Sur les conseils de M. le Professeur Barthe (1), nous
avons opéré la destruction de ces viscères en observant la technique suivante :
Faire dessécher la matière organique finement hachée au bainmarie. Ajouter quelques centimètres cubes d’une solution aqueuse de potasse. Évaporer à siccité et calciner. Reprendre les cendres par l’eau distillée bouillante. Chercher l'iodure dans la liqueur claire.
Nous avons obtenu les résultats suivants :
Dans ren. 7, réaction faiblement positive (+) Dans l'intestin grèle. réaction positive (++) Dans le gros intestin. réaction positive (++)
Le D' Leurct qui avait prélevé le point d'injection constate une réaction franchement positive (+++). Le dosage a donné 0 gr. 00325 d’iodure de potassium.
Nous exprimons par le signe + l’intensité de la réaction qui n’est pas une question de coloration, mais bien de rapidité et aussi de surface, si on peut s’exprimer ainsi, allant du simple liseré bleu au niveau de la surface du liquide jusqu’à la coloration totale du contenu du tube à essai.
Ces réactions ont été effectuées également par le procédé à l’azotite de potassium, encore plus sensible que le procédé à l’amidon.