‹ Recherches Experimentales Sur l'Élimination intestinale des médicamentsChapitre 24 sur 39 · EXPÉRIENCE IX · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE IX

Chien n° XV. — Blanc et noir; poids : 15 kilogr.

Intervention opératoire après anesthésie morphinechloroforme :

a) ligature sous-duodénale:

b) ligature iléo-cœcale.

Injection intra-musculaire dans la cuisse gauche de 0 gr. 90 de bi-iodure de mercure (dans 10 cc. d’eau distillée).

Sacrifice de l'animal 48 heures après.

On prélève :

60 gr. gros intestin (poids total), 60 gr. intestin grêle (270 gr.), Contenu gros intestin,

Contenu intestin grèle,

Reins,

Pancréas,

Point d'injection,

Bile.

La muqueuse intestinale présente de nombreuses extravasations sanguines et le gros intestin présente des ulcérations de petites dimensions (colite mercurielle).

L'urine n’a pas été recueillie.

Destruction des viscères par ie procédé Denigès.

Ti Nes

La recherche du mercure dans les viscères est particulièrement difficile ; ce métal se volatilisant en effet à la température ordinaire risque de disparaître complètement sous l’action de la température élevée nécessaire pour la destruction. Dans ces conditions, il ne faut pas s'étonner des résultats de l’analyse, la presque totalité du mercure ayant disparu pendant les opérations de destruction. Il serait nécessaire pour avoir des résultats précis d'établir rigoureusement un coefficient de perte.

L'analyse a fourni les résultats suivants :

Gros intestin ne 72. traces Intestin gréle eme 0 Contenu gros intestin...... traces Contenu intestin grêle..... 0 RÉEL MER co traces PHNCPÉAS TR ER De 0 Pointdinjeeuon +". 0 Billes es Mettre 0

Les recherches chimiques ont été effectuées au moyen de liodure de potassium.

Pour les raisons mentionnées plus haut, nous ne pouvons tenir compte des résultats négatifs, mais du moins, confirmant ce que la clinique nous a appris, nous pouvons affirmer l'élimination mercurielle au niveau du gros intestin.

N.-B. — Nous croyons savoir que pour rechercher le mercure dans les viscères et obtenir des résultats exacts, il conviendrait d'employer la méthode de Merget. Opérant à froid par ce procédé, le métal ne se perd pas. C'est la méthode que nous emploierons dorénavant dans nos expériences ultérieures. Elle est décrite en détail dans la thèse de J. Carles : Les abcès de fixation

(Bordeaux, 1902-03), p. 138.

Me

Acétate de Plomb.

D’après Manquat l'élimination de ce produit est lente parce que le plomb se dégage difficilement des cellules. L'élimination biliaire semble la plus importante (Prévost ct Binet). Une partie du plomb contenu dans la bile est absorbée de nouveau, une autre partie est expulsée avec les fèces sous forme de sulfure insoluble. Le plomb s’élimine encore par les urines, le lait et dans une très faible mesure par la salive.

Dans l’intoxication aiguë on aura toutes chances de retrouver le plomb dans l'intestin et dans le foie (Barthe). Dans l’intoxication chronique on le retrouvera surtout dans le foie et les reins (Barthe) et aussi dans les organes kératiniques, cheveux, barbe, ongles (G. Meillère).

J. Carles a fait d’intéressantes expériences sur l’élimination du plomb, à propos des abcès de fixation. Ne recherchant pas spécialement lélimination intestinale du médicament, ses animaux n’avaient subi aucune intervention opératoire comme celle que nous avons préconisée. Cependant nous croyons devoir rapporter les résultats obtenus, susceptibles de nous intéresser.

Injectant par voie sous-cutanée, chez un petit chien de 3 kilogr., 0 gr. 14 d’acétate neutre de plomb en sept jours, Carles trouve après le sacrifice de l’animal :

SUSPECT VAT re 0

DO ET TDIESERS 2... 0

AUOT TORRES» 2e ... traces impondérables.

SU BR TES ne traces.

D’autre part, chez un autre chien auquel il fait absor-

bre

ber 0 gr. 14 de minium en sept jours, Carles obtient les résultats suivants :

20 PL SAS ee 0

20 grs Cerveau. 7... traces impondérables.

20 80 ADIEU ee traces impondérables.

2O EL IOIC EN REEET 0 gr. 003

Remarquons en passant que la faible quantité de plomb retenue par l'intestin démontre que lorsque ce médicament pénètre dans l’organisme par la voie intestinale, il ne fait que passer à ce niveau sans y séjourner.

Chez un autre chien ayant absorbé en vingt jours 2 gr. de minium, le même auteur constate deux mois après cessation de l’ingestion, les résultats suivants fournis par

l’analyse :

AUOT A CEMOUU Li ee me 0 gr. 0025 (sulfure de plomb). AD STATUT . Ogr. 002 ASTRA TENE RE Te traces impondérables.

AO AUTOS UE CR 0 gr. 002

Nous avons noté la présence de traces impondérables de plomb dans l'intestin du chien précédent en cours d’intoxication subaiguë. L’intestin de ce chien en contient bien davantage et cependant l’animal n’en absorbaïit plus depuis deux mois. D’après Carles, c’est une nouvelle preuve de la mobilisation du plomb primitivement absorbé et il pense qu'il se produit pour le plomb des phénomènes d’absorption et d’élimination comparables à ceux que Stassano a décrits pour le mercure, l’arsenic, le manganèse, la Strychine, et Kobert pour les sels de fer. « Les globules blancs, dit-il, ne se borneraient pas à transporter le poison dans les viscères : au bout d’un certain temps, d’autres leucocytes s’en chargeraient à nouveau pour l’éliminer par la voie intestinale. La présence tardive d’une notable proportion de plomb dans les tuniques intestinales constitue en faveur de cette hypothèse une présomption de premier ordre. Cette constatation vient encore à l’appui des recherches classiques de Dixon-Mann, qui font considérer depuis

CU longtemps la voie intestinale comme la voie d'élimination la plus importante chez les saturnins. »

Remarquons, en outre, que chez les chiens en expérience, Carles pratiquait en même temps un abcès de fixaüon dans lequel se localisait la plus grande partie du plomb. Peut-être est-ce là la raison de la faible quantité trouvée dans les intestins et les autres viscères.

D'autre part, existe-t-il du plomb normal dans l’organisme ? Fauconnier (de Limoges, 1914) prétend qu’il existe bien à l’état de traces et semblerait l'avoir confirmé par de nombreuses expériences. C’est ainsi qu’il a trouvé les résultats suivants chez des hommes ou des femmes non suspects de saturnisme :

HOTe ne ne 0 gr. 005 de plomb p. 1000 Certes 0 gr. 0021 » »

TT AO AE 0 gr. 0023 » »

Nous nous contentons d’enregistrer ces travaux et voulant chercher à établir la réalité de Pélimination intestinale du plomb, nous avons fait l'expérience suivante :

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