Recherches expérimentales sur l'exhalation pulmonaire
La surface pulmonaire, comme chacun le sait, est non-seulement la partie du corps où l’absorption est la plus active , mais aussi celle par laquelle les principes gazeux ou volatils qui circulent avec le sang s’échappent au dehors avec le plus de facilité. En effet , l’haleine des personnes qui boivent des quantités considérables de liqueurs spiritueuses , prend bientôt une odeur alcoolique des plus marquées. Un grand nombre de médicamens, tèls que lether , Tassa fœtida, etc. , après avoir été portés dans le torrent de la circulation , s’exhalent par la même voie. Des expériences très curieuses de Nysten prouvent que les gaz injectés dans les veines en quantités assez' petites pour ne pas déterminer la mort viennent se mêler à l’air expiré 1. Enfin, M. Magendie a constaté que l’eau, l’alcool, le camphre et le phosphore sont expulsés de l’économie animale de la même manière , c’est-à-dire par l’exhalation pulmonaire 2.
La grande abondance des vaisseaux sanguins qui viennent se ramifier dans les parois des cellules aériennes des poumons est évidemment une des conditions d’où dépend cette exhalation active, mais elle ne suffit pas pour nous en donner l’explication. Tous les tissus de l’économie animale sont plus ou moins perméables aux liquides, et paraissent jouir de cette propriété à un degré d’autant plus grand qu’ils sont plus vasculaires ; on pourrait donc conclure à priori que la surface pulmonaire doit être une des parties du corps qui livrent passage au liquide avec le plus de facilité. Mais la connaissance de ce fait ne nous apprenait pas la raison pour laquelle l’exhalation ou passage des fluides du dedans au dehors est si rapide dans cet organe ,
(1) Recherches de physiologie et de chimie (2) Mémoire sur la transpiration pulmonaire, pathologique. Paris 181 1, in-8% pag. i45. bulletin de la société philomatique, 181 1.