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2 MM. G. BRESCHET ET H. MILNE EDWARDS. — RECH. EXPÉRIM. qui est en même temps le siège d’un mouvement inverse ou d’absorption non moins active. L’explication de ce phénomène remarquable restait donc encore à découvrir.
Les expériences récentes d’un physiologiste anglais, le docteur Barry, en nous éclairant sur le mécanisme de l’absorption , nous paraissent de nature à jeter quelque jour sur la question qui nous occupe. En effet, ce savant a constaté qu’en soustrayant à la pression atmosphérique, à l’aide delà ventouse, une portion du corps, on empêche l’absorption d’y avoir lieu comme à l’ordinaire. Il est donc évident que cette pression agissant de dehors en dedans est une des causes qui influent le plus sur le passage des liquides par imbibition de la surface d’application dans l’intérieur des vaisseaux ; et, puisque l’absorption ne paraît différer de la simple exhalation que par la direction suivant laquelle le transport^ s’opère , il nous semblait assez probable qu’une pression agissant en sens contriair,e , c’est-à-dire de dedans en dehors, devait exercer sur ce phénomène une influence non moins remarquable. Or , le même mécanisme qui occasionne l’entrée de l’air dans les celluîes pulmonaires détermine à chaque instant le développement d’une force de ce genre. En effet , lorsque la cavité thoracique est dans l’état de repos , l’air qui s’y trouve contrebalance par son élasticité la pression exercée de dehors en dedans par tout le poids de l’atmosphère ; mais lorsque cette cavité se dilate , l’équilibre est rompu , et la force aspirante qui y fait pénétrer une nouvelle quantité d’air doit agir avec une égale énergie sur tous les points de ses parois.' Pendant l’inspiration chaque cellule joue le rôle d’une pompe aspirante, et exerce une succion égale sur l’air extérieur avec lequel elle communique à travers la trachée-artère , et sur les fluides contenus dans les autres vaisseaux en communication avec ses parois. Serait-ce de l’action de cette cause toute mécanique que dépendraient les phénomènes dont nous avons parlé plus haut, et qui ont fait regarder les poumons comme un émonctoire destiné à rejeter au dehors les substances volatiles qui se trouvent dans le sang et qui pourraient être nuisibles à l’économie animale ? C’est ce que nous avons cherché à déterminer à l’aide des expériences suivantes.
Après avoir divisé quelques anneaux de la trachée-artère sur un chien de moyenne taille et avoir introduit dans ce conduit un tuyau qui pouvait s’adapter exactement au bout d’un grand soufflet , nous ouvrîmes largement le thorax et nous pratiquâmes la respiration artificielle. Nous fîmes entrer l’air dans les poumons à l’aide du soufflet et ensuite nous retirâmes cet instrument afin que l’organe respiratoire, en revenant sur lui-même par l’effet de son élasticité naturelle, pût chasser l’air ainsi introduit. Par ce moyen , il nous était facile d’entretenir la respiration , sans diminuer ni pendant l’entrée ni pendant la sortie de l’air la pression que supporte la surface interne des cellules pulmonaires. La circulation se continuait très bien , et l’animal ne paraissait pas beaucoup souffrir. Nous injectâmes alors dans la cavité péritonéale