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SUR L’EXHALATION PULMONAIRE

dent que dans ce cas l’huile phosphorée ainsi arrêtée dans les vaisseaux capillaires des cellules pulmonaires devait recevoir à chaque contraction du ventrieule droit une impulsion qui tendait à augmenter l’engorgement et à faire suinter le liquide à travers la substance des parties qui s’opposaient à son passage. Cette expérience au lieu d’être en contradiction avec le résultat que nous avions obtenu précédemment , comme on pourrait le penser au premier abord , tend donc au contraire à montrer dans tout son jour l’influence de la pression sur les phénomènes de l’exhalation.

En répétant l’une des expériences dont nous avons rapporté les détails plus haut et qui consiste à injecter de l’alcool camphré dans l’abdomen d’un chien après avoir ouvert largement la poitrine afin d’arrêter tout mouvement d’aspiration dans les poumons, nous pratiquâmes la respiration artificielle pendant cinquante-cinq minutes, sans que l’air expiré présentât le moindre indice de l’exhalation du camphre ou de l’alcool par la surface de cet organe. Trente minutes après le commencement de l’expérience nous appliquâmes une petite ventouse sur la face interne de la cuisse dont on avait enlevé les tégumens; il ne s’y manifesta aucune odeur de camphre , mais en appliquant à plusieurs reprises cet instrument sur les muscles de l’abdomen préparés comme dans la première expérience , l’odeur de cette substance s’y fit sentir d’une manière très marquée. Enfin ce ne fut qu’au bout de plus d’une heure que l’un de nous crut apercevoir une légère odeur de camphre dans l’air expiré ; mais elle n’augmenta pas sensiblement pendant tout le temps que dura l’expérience.

Nous voyons donc qu’en empêchant la cavité thoracique de se dilater et de se resserrer alternativement et d’exercer ainsi un mouvement d’aspiration chaque fois que l’animal veut introduire de l’air dans ses poumons, on empêche aussi l’exhalation d’avoir lieu dans cet organe plutôt que dans toute autre partie de l’économie. Lorsque les substances portées directement ou indirectement dans le torrent de la circulation ne traversent pas les tissus avec une grande facilité , elles ne viennent pas se mêler à l’air expiré du moment où l’on arrête l’action qui nous a fait comparer la cavité thoracique à une pompe aspirante. Dans les animaux dont les cellules pulmonaires éprouvent à chaque inspiration une diminution notable de la pression exercée sur leur surface interne , tandis que l’atmosphère les presse toujours également de dehors en dedans, ces mêmes substances viennent au contraire s’exhaler à la surface pulmonaire avec une rapidité très grande. Lorsque les substances ainsi introduites dans les veines passent facilement à travers tous les tissus , comme cela a lieu pour l’huile essentielle de térébenthine , elles s’épanchent dans l’intérieur des cellules pulmonaires dans l’un comme dans l’autre cas ; mais l’action aspirante de la pompe thoracique, si nous pouvons nous exprimer ainsi, rend cette exhalation si rapide que le liquide ne passe point par imbibition dans les autres cavités du corps, où une force analogue ne la sollicite pas. En arrêtant cette action nous voyons au contraire II**. 2

6 MM. G. BRESCHET ET H. MILNE EDWARDS. — RECH. EXPÉRIM. , etc. ces substances , éminemment diffusibles , obéir seulement aux lois de l’imbibition , et se répandre à peu près également dans toutes les parties de l’économie.

Il nous paraît donc démontré que si les gaz et les substances volatiles portées dans le torrent de la circulation viennent s’exhaler à la surface pulmonaire plutôt que dans les autres parties du corps également pourvues d’un grand nombre de vaisseaux, cela dépend principalement de l’espèce de succion qui accompagne chaque mouvement d’inspiration. Cette action toute mécanique, dont les effets sont si marqués sur les produits en quelque sorte accidentels de l’exhalation pulmonaire , influe-.telle aussi sur les autres phénomènes de la respiration ? C’est ce que nous nous proposons d’examiner incessamment.

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