‹ Recherches expérimentales sur l'exhalation pulmonaireChapitre 4 sur 5 · MM. G. BRESCHET ET H. MILNE EDWARDS. — RECH. EXPÉRIM · texte numérisé non relu

MM. G. BRESCHET ET H. MILNE EDWARDS. — RECH. EXPÉRIM

le thorax de manière à déterminer l’affaissement des poumons , et on pratiqua la inspiration artificielle en prenant toutes les précautions nécessaires pour ne pas déterminer d’aspiration pendant la sortie de l’air, et on injecta de l’huile essentielle de térébenthine dans la veine crurale de l’animal comme dans l’expérience précédente. Bientôt après l’odeur de cette substance commença à devenir sensible dans l’air expiré , mais en ouvrant la cavité péritonéale elle s’y manifesta avec la même intensité ; enfin, en incisant les muscles de la cuisse nous les trouvâmes également imprégnés de l’odeur de térébenthine.

Nous voyons donc que dans cette expérience l’huile essentielle de térébenthine injectée dans les veines s’est répandue également dans toutes les parties de l’économie ; la membrane muqueuse qui tapisse les poumons, de même que la membrane séreuse qui revêt les intestins en ont été imbibées, et son exhalation n’a pas été sensiblement plus rapide dans le premier de ces organes que dans le second. Ce résultat est analogue à celui que l’on obtient en poussant de l’essence de térébenthine dans le système vasculaire d’un animal privé de vie. Dans l’expérience précédente , au contraire, cette substance n’a manifesté sa présence que dans l’air expiré; au lieu de s’exhaler sur toutes les surfaces où la circulation est active , elle paraissait attirée dans l’intérieur des cellules pulmonaires, et s’échapper tout entière par cette voie. Dans ce même cas nous n’avions pas suspendu l’influence de la force de succion développée par les mouvemens inspiratoires , et qui nous a fait comparer les cellules dont nous venons de parler à autant de pompes aspirantes ; dans l’autre expérience , au contraire , nous avions détruit la seule cause qui paraît devoir attirer les fluides dans cette partie du corps plutôt que dans une autre.

Si l’on injecte dans les veines d’un animal de l’huile grasse tenant en dissolution du phosphore , l’on voit bientôt des fumées blanches sortir de ses naseaux et décéler la présence de cette substance combustible dans l’air expiré. Curieux de savoir si l’on pourrait empêcher ce phénomène d’avoir lieu en détruisant l’espèce de pompe aspirante que représente le poumon pendant la dilatation du thorax , nous ouvrîmes largement la poitrine d’un chien et nous pratiquâmes la respiration artificielle de la manière indiquée ci-dessus; ensuite nous injectâmes dans la veine crurale de l’animal une petite quantité de phosphore dissous dans de l’huile d’olives. Contre notre attente il se manifesta des fumées blanches dans l’air expiré, et en appliquant une ventouse sur la surface extérieure de l’estomac, nous ne pûmes déterminer dans cette partie aucune exhalation sensible de phosphore. Ce résultat nous étonna d’abord, mais en réfléchissant nous en trouvâmes facilement la cause. En effet M. Magendie a constaté que les liquides visqueux, tels que les huiles grasses, injectés dans les veines d’un animal vivant, ne peuvent traverser les dernières ramifications de l’artère pulmonaire et n’arrivent point jusque dans les cavités gauches du cœur. Il est donc évi-

Page 1