‹ Recherches Expérimentales sur l'hyperthermie et les causes de la mort dans celle-ciChapitre 12 sur 42 · DO · texte numérisé non relu

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sur les indications de M. le professeur Jolyet. Nous ne saurions mieux faire que d’en transcrire la description (Gaz. Æebd. des Sc. méd. de Bordeaux, 1882, n° 12, p. 139).

Cet appareil... « ne diffère pas essentiellement des autres étuves à température constante, employées habituellement pour ce genre d’études. Les particularités qui la distinguent, en dehors de ses dimensions, tiennent surtout aux dispositifs spéciaux au moyen desquels on peut suivre les diverses phases physiologiques de l'augmentation de température de l’animal placé dans l’étuve. Ce sont des dispositions particulières qui permettent du dehors, d'enregistrer à tous les moments de l'expérience, soit les mouvements respiratoires, soit ceux du cœur, de faire des soustractions de sang pour l'analyse des gaz, de recueillir l'urine pour le dosage de l’urée, etc., etc.

» L'appareil que représente dans son ensemble la figure demischématique ci-contre est en cuivre rouge et constitué par une double enceinte, limitant deux cavités. La cavité intérieure ou chambre à température constante, offre une capacité de 105 litres. Le fond est elliptique, d’un grand diamètre de 1"25. La hauteur de la chambre est de 30 centimètres. Cette enceinte, par ses dimensions, peut donc admettre un chien de grande taille fixé sur la planche d'opération.

» La deuxième cavité, enveloppant la première, est remplie d’eau chauffée. C’est ce matelas d’eau qui distribue la chaleur autour de l'enceinte. Dans l'intervalle compris entre les deux parois et rempli d'eau, circule un double serpentin figuré sur la partie schématique du dessin. L'un des serpentins ayant ses deux orifices en O et O’ est rempli d’eau et mis en communication avec les parties supérieure et inférieure d’une chaudière également pleine d’eau et chauffée au moyen d’un fourneau à gaz. Ce serpentin est donc sans cesse traversé par l’eau à mesure qu’elle s’échauffe et cède une partie de sa chaleur à l’eau de l’enceinte extérieure. L'échauf-

fement de l'étuve peut être également obtenu (et cette dernière disposition est représentée sur la figure) au moyen d’une couronne de petits becs à gaz B, placée sous le fond, à une certaine dis-

ans les deux cas, un régulateur de température R; permet

tance. D un moment donné, une température fixe

d’ailleurs d'entretenir, à et constante dans la chambre intérieure. .

DSi

» L'étuve est fermée hermétiquement de la manière suivante : la partie métallique qui clot en haut la double paroi de l’étuve est creusée en forme de rainure dans tout son pourtour; c'est dans cette rainure que vient s'engager le rebord saillant inférieurement du couvercle. La rainure est remplie de glycérine et constitue ainsi une bonne fermeture hermétique qui permet de recueillir les gaz de la chambre intérieure, à un moment donné de l'expérience et de les analyser.

» La plaque couvercle, à double paroi, présente des dispositions spéciales. Deux grandes fenêtres en verre FF”, placées à chaque extrémité, sont destinées à éclairer l'intérieur de l’étuve et à juger de la température marquée par le thermomètre placé dans le rectum de l'animal. Ces fenêtres sont d’ailleurs mobiles et peuvent être enlevées afin de permettre d'installer les dispositifs spéciaux de l'expérience et de réparer les accidents qui peuvent se produire dans son cours. Leur fermeture hermétique est effectuée au moyen d’écrous qui permettent de serrer un bourrelet de caoutchouc intercalé entre la garniture de la fenêtre et la surface du couvercle autour de l'ouverture.

» Le couvercle présente, en outre, un certain nombre de petits orifices cylindriques fermés par des bouchons pleins ou percés pour placer un thermomètre T.et mettre en communication avec l'extérieur l'animal inclus dans l’étuve comme nous le dirons tout à l'heure.

» La chambre intérieure chauffée, ayant acquis la température voulue, l'animal est introduit dans l’appareil dont on enlève à cet effet momentanément le couvercle. Il est fixé sur une planche de bois ovalaire et percée de trous, la tête maintenue par le mors cynolite.

» Si l’on veut faire respirer à l’animal l'air échauffé de l’étuve, on établit une circulation de l'air extérieur à travers le serpentin

aa’ et l’étuve. L'air du dehors, après s'être échauffé au contact du

serpentin à eau, vient déboucher au centre de la base de l'étuve. L'appel de l’air s'effectue au moyen d’une cheminée d’appel pourvue d'un bec à gaz et adaptée pour la circonstance au couvercle de l'appareil. Il est utile au préalable de faire passer l’air extérieur par le compteur à gaz d'expérience C, de façon à régler la ventilation. On peut aussi faire la ventilation de la chambre en insufflant de l’air par l’orifice d’entrée du compteur.

» S'il est nécessaire, au contraire, que l’animal respire l’air froid du dehors, il suffit de relier au moyen d’un tube de caoutchouc la trachée ou la muselière fixée à la gueule de l'animal avec l’ajustage disposé à cet effet, qui traverse le couvercle et s'ouvre extérieurement. C'est ce dernier mode de respiration qui se trouve représenté sur le dessin.

» Ces dispositions peuvent permettre de faire respirer l'animal artificiellement au moyen du soufflet, soit l'air chaud de l’étuve, soit l’air froid du dehors, et par suite de faire des expériences sur les animaux curarisés ».

La température des animaux a été prise dans le rectum à l’aide d’un thermomètre à mercure droit ou coudé dont on lisait les indications à travers les fenêtres de l’appareil-étuve.

Nous nous sommes servi principalement de chiens trachéotomisés ou non. Dans le premier cas, l’animal respirait à l’air libre par l'intermédiaire d’un tube de caoutchouc aboutissant lui-même à une canulé introduite dans la trachée.

Le dosage de l'oxygène absorbé a été fait à l’aide de l'appareil de Jolyet, Bergonié et Sigalas (1) tantôt en faisant respirer les chiens dans l’étuve hermétiquement close, tantôt en faisant communiquer la trachée seulement avec l'appareil. Le chien était attaché à la planchette de l’étuve, sa température animale prise

avant et pendant l'expérience. L’oxygène était fourni par un

(1) Jolyet, Bergonié et Sigalas. Communication à l’Académie des sciences (22 août 1887).

On y trouvera la description plus détaillée de cet appareil.

ballon en caoutchouc plein de ce gaz qui passait à travers un compteur. À chaque litre d'oxygène dépensé, l'aiguille du compteur plongeait par l'intermédiaire d’un fil de platine dans une petite cuve à mercure. Un courant électrique fourni par un système de piles et passant à travers l’aiguille et la cuve était alors fermé et le signal électrique de Desprez venait inscrire automatiquement chaque litre d'oxygène sur un cylindre noirci animé d'un mouvement régulier. L'air de la respiration se débarrasse du CO* à mesure qu’il est excrété en passant à travers des mélangeurs emplis d'une solution titrée de potasse et agités d’un mouvement incessant par un moteur à gaz.

Les tracés respiratoires ont été pris à l’aide du pneumographe à transmission appliqué autour du thorax. Deux fois le graphique a été pris du commencement de l’expérience jusqu’à la mort de l'animal (pendant 3 ou 4 heures par conséquent) et s’enregistrait sur une longue bande de papier noirci à la fumée, de 5"50 de longueur sur 28 centimètres de largeur et tournant autour de 2 cylindres dont l’un était mû par la machine du cylindre enregistreur de Marey, ce qui nous a permis d'étudier une à une les modifications si considérables des phénomènes respiratoires et leurs transitions.

Le tracé des pulsations artérielles n’a pu être pris à l’aide du sphygmographe à transmission ; les mouvements que faisait l’animal dérangeaient rapidement l'appareil. C’est pourquoi une canule adaptée au bout cardiaque de l’artère carotide mise à nu et coupée entre deux ligatures nous a servi :

1° Aux prises de sang pour en étudier les modifications chimiques et physiques pendant la vie;!

2° À la mesure de la pression artérielle à l’aide du kymographe de Ludwig ;

3° Au tracé et à l’enregistrement du pouls carotidien pendant les diverses phases de l'expérience et en nous servant soit du kymographe, soit du sphygmoscope de Marey.

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