‹ Recherches Expérimentales sur l'hyperthermie et les causes de la mort dans celle-ciChapitre 14 sur 42 · NN NN NN AAA NN RAIN · texte numérisé non relu

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Fig. 4. — Syncope respiratoire. Reprise graduelle de la respiration,

La syncope cardiaque peut précéder l'arrêt de la respiration ainsi que le démontre un tracé’ que nous possédons et que ses dimensions nous empêchent d'incérer'ici.

ar, à

Après ces périodes d’apnée qui ne se présentent que dans la première partie des expériences, la respiration prend un nouvel élan et s'accélère cohsidérablement. Le tracé respiratoire, enregistfé pendant le maximum de fréquence inspiratoire, montre une succession d'inspirations brèves, superficielles, très rapprochées: et égales entre elles (V. fig. 2).

Plus tard, et à mesure qu'on se rapproche de la fin de la période de descente de la courbe de fréquence respiratoire, on voit les inspirations acquérir une amplitude de plus en plus grande, jusqu’à devenir très larges mais extrémement faibles quelques minutes avant la mort. Chose remarquable, la quantité d’air introduite dans les poumons est alors très minime.

L'arrêt de la respiration se fait en expiration.

y. Variétés de formes et de types respiratoires. — Elles sont fort nombreuses, au début de l’expérience et, tant que la période de fréquence respiratoire n’est pas arrivée, on n'observe, au point de vue des modifications typiques et rythmiques aucun phénomène caractéristique. On sait que chez le chien l'expiration normale est passive (Rosenthal, Wertheimer). Or, dès que la respiration s'accélère et qu’elle atteint 180 à 200 inspirations, on voit

Fig. 5.— Type inspiratoite dans l'hypetthermie.

immédiatement se succéder, sans raison appréciable, les deux “types inspiratoire et expiratoire. La respiration est alors énergique, bruyante et, tantôt le plateau de repos sépare l’expiration de l’inspiration suivante (type inspiratoire), tantôt au contraire le plateau, au lieu de suivre l'expiration, la précède (type expiratoire). Il semble que les deux centres inspiratoire et expiratoire, alternativement

Fig. 6. — Type expiratoire à gauche ; expiration dicrote à droite. Passage de l'un à l'autre.

mis en jeu, se suppléent successivement.

Ce sont là des types très variés de dyspnée. Richet a cependant prétendu que cette dyspnée n'existait pas chez les chiens exposés au soleil ou surchauffés et que la respiration était plus facile. Or, on observe toujours une véritable ataxie respiratoire. L'inspiration

Fig. 7. — Polycrotisme expiratoire dans l'Hyperthermie,

ou l'expiration (surtout) sont très souvent dicrotes ou même polycrotes.

Enfin, et il suffit de consulter nos tracés pour s’en convaincre, on peut voir les mouvements respiratoires affecter un désordre -complet.

Fig. 8. — Dyspnée thermique. Tracé simultané du pouls carotidien.

Fig. 9. — Autre type de dyspnée thermique,

Il est encore un certain nombré dé ‘rythmes que nous avons constatés dans toutes nos expériences et enregistrés dans quelques- ‘ ù 3 . }

unes. C’est en premier lieu le rythme respiratoire à escaliers ascen-

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dant et descendant. On ne saurait mieux le comparer qu'au rythme de Cheynes-Stokes moins la période d’apnée.

Fig. 10.— Divers types de respiration en escalier dans l'Hyperthermie.

Parfois même cette période d'apnée est esquissée, mais très courte.

Ce rythme spécial se présente tantôt un peu après le début de la période de polypnée, tantôt en pleine période de fréquence respiratoire. On ne l’observe plus dans la période d’épuisement respiratoire et de coma.

Dans une de nos expériences, nous avons observé la respiration à échelons simplement ascendants et constituée par 8 ou 10 inspirations d'amplitude successivement croissantes, et suivies d’un intervalle d’apnée plus ou moins long.

Dans d’autres cas, c'était une série de petites inspirations égales, très courtes, au nombre de 104 17,61 séparées a pars un intervalle d'apnée de 8 à 10 secondes.

Tous ces troubles fonctionnels de mécanique respiratoire nous serviront plus tard quand nous essaierons d'expliquer la mort chez les animaux dont on élève artificiellement la température.

Ils sont l'expression d’un dé- 6v

faut de coordination des centres respiratoires bulbaires dont les fonctions s’exagèrent tout d'abord (période d'accélération respiratoire) et qui finissent par s'épuiser ensuite (période de ralentissement respiratoire). //s appellent enfin notre attention sur le bulbe, de même que les Phénomènes convulsifs, télaniques, suivis de coma et de disparition des réflexes, nous montrent que la moelle épinière et l'encéphale sont intéressés.

5. Phénomènes chimiques de la respiration dans l'Hyperthermie. Absorption de l'oxygène. On comprend & priori que des troubles si graves dans les phénomènes mécaniques de la respiration entraînent secondairement des variations nécessaires dans les échanges gazeux qui se font à travers la surface pulmonaire. En premier lieu, l'accélération de la respiration s'accompagne d’une augmentation de la quantité d’air introduite dans les poumons. C'est un fait qui a été déjà trouvé et énoncé par Jolyet et Lagrolet (Joc. cit.) : « En même temps que la respiration s'accélère par la » chaleur, la quantité d’air introduite dans les poumons, dans un » temps donné, et la ventilation pulmonaire suivent une marche » ascendante analogue. Ainsi un chien qui inspirait o litres en » 5 minutes à l’état normal, après 25 minutes de séjour à l’étuve » et avec une température rectale de 41° 5, fait pénétrer dans ses » poumons 39 litres d'air et 100 litres lorsque sa température » interne est montée à 42° 5 ».

Ce fait s'explique, de même que l'accélération concomitante de la respiration, par la nécessité pour l’animal de compenser l’accroissement de sa chaleur propre en renouvelant plus fréquemment l'air respiratoire qui, par son contact, refroidit la muqueuse pulmonaire, et en exhalant une plus grande quantité de vapeur d’eau. Cette évaporation pulmonaire (qui existe à peu près seule chez le chien) se traduit d’ailleurs par une diminution de poids des animaux morts d'Hyperthermie (Magendie, À. Bernard) et par la concentration du sang qui provoque, nous le verrons, une augmentation apparente de l’hémoglobine.

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Tous les auteurs qui ont étudié /4 fèvre expérimentale ou pathologique ont trouvé une augmentation dans l’excrétion de l’acide carbonique et par suite dans l'absorption de l’oxygëne. Fraenkel et Leyden ont démontré, en injectant du pus dans les veines de chiens, que la fièvre s'accompagne d’une augmentation de CO* proportionnelle à la température et, qu'en moyenne, cette augmentation est de 50 °/..

Dans des expériences qui se rapprochent davantage de celles que nous avons faites, Page, étudiant l’influence de la température ambiante sur l’exhalation de CO? chez le chien, a trouvé qu’à 25° ce dégagement est minimum, mais qu'en deçà et au-delà de cette température, l’excrétion s'accroît, et l'augmentation devient très rapide pour les hautes températures (40°, 42°).

Colasanti, dosant l’excrétion de CO” et la consommation d'oxygène chez des cobayes a trouvé par heure et par kilogramme

de l’animal :

État normal... 10524 O absorbé Etat fébrile..….......…. 124220 Étatimormals:. 22. 966% 31 CO: produit | PatieDnIe rs 1201® 59

Le quotient respiratoire . égalerait à l’état normal, pour le cobaye, o,91 ; et à l’état fébrile, 0,96.

Senator, Pflüger ont fait des expériences et des analyses analogues qui leur ont donné des chiffres qui se rapprochent des précédents.

Comment concilier pourtant ces résultats avec ceux qu’a obtenus Litten ? Cet auteur, chauffant des cochons d'Inde dans des vases clos à double paroi et munis d'ouvertures latérales trouve, en

analysant les gaz de la respiration, une diminution de l’excrétion

EUR de l’acide carbonique. C’est ainsi que, pour citer quelques chiffres du tableau inséré dans son mémoire, la quantité absolue de CO? excrétée pendant une heure et comptée par 100 grammes du

poids des cobayes est de :

T. de l’étuve. T. des animaux. CO* excrété, MATIN eme AV D Me Tate RO dre dd Ogr., 12 SD 302702. MN LAC Er here OST, 107 Matisse. PER CO BONE PE ee O gr., 12 DO RS Se ce Dent over: etes ALT meer MO ED O0 HO

Litten ajoute que vers la 6 ou 8*° heure la chaleur propre de l'animal s’est élevée à une température à peu près constante jusqu’à la fin de l’expérience.

Nous pensons que ces résultats contradictoires dépendent essentiellement du mode d’expérimentation. On lit, en effet, à la page 19 du mémoire de Litten : « Les animaux se trouvaient tou- » jours à jeun; ils avaient reçu leur dernière nourriture 50 heures » avant le début de l’expérience ». Or dans de pareilles conditions, la famine vient se greffer sur l'Hyperthermie qui du reste n’a jamais été très considérable (1 à 2 degrés au-dessus de la température normale) et l’on sait que, dans l’inanition, il y a effectivement diminution dans l’excrétion d’acide carbonique par les poumons (Beaunis, Physiol. humaine, p. 870).

On ne peut donc tenir compte des résultats constatés par Litten, résultats qui sont d’ailleurs contredits par les expériences antérieures dont nous avons parlé, et aussi par les nôtres.

Dans les expériences faites au laboratoire à l’aide de l'appareil de Jolyet, Bergoniéet Sigalas nous avons mesuré la quantité d'oxygène absorbée par le même animal : 1° à l’état normal ; 2° en Hyperthermie. Le dosage de l’oxygène absorbé par les animaux en Hyperthermie donne assez exactement le taux de leurs combustions organiques. Or nous allons voir que l'élévation de la température pro-

pre des animaux s'accompagne d'augmentation dans l'absorption de l'oxygène. |

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