‹ Recherches Expérimentales sur l'hyperthermie et les causes de la mort dans celle-ciChapitre 37 sur 42 · LENS · texte numérisé non relu

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les troubles nerveux étaient provoqués, dans les accidents dus à la chaleur, par des altérations des nerfs (fusion de la myéline, ramollissement du cylindre-axe). Nos examens microscopiques contredisent cette manière de voir {v. p. 69); il y a, chez les animaux morts à une haute température, intégrité absolue des nerfs (pneumogastrique, phrénique, sciatique, tibiaux). Du reste, à ces preuves anatomiques de l'intégrité du système nerveux périphérique nous pouvons ajouter des preuves expérimentales. CI. Bernard, en plongeant la tête seule de grenouilles dans l’eau chaude a observé une perte de la sensibilité. Une expérience du même, citée à la page 19 de ce mémoire, prouve encore le même fait. Enfin nous avons constaté que l'excitation mécanique du nerf sciatique d’une grenouille qui vient de périr dans l’eau chaude, provoque des contractions des muscles du membre.

Tout concourt donc à limiter au système nerveux central la cause des phénomènes morbides qu'amène une élévation exagérée de la température.

Nous avons d’ailleurs relevé dans le Chapitre [IT des lésions du système nerveux central, savoir une congestion plus ou moins grande, quelquefois faible des méninges, du bulbe et de la moelle cervicale. Ces lésions suffisent, sans doute, à expliquer quelquesuns des symptômes de l’'Hyperthermie, tels que les phénomènes respiratoires et cardiaques, par exemple. Mais, fait très important, il n'existe aucune lésion microscopique des cellules des centres bulbo-médullaires; le parenchyme cérébral est également sain (sauf un cas, infiltration leucocytique; encore l’animal était-il malade avant l'expérience); la moelle dorso-lombaire est aussi intacte. Par conséquent, s'il est vrai que beaucoup des troubles morbides de l’'Hyperthermie peuvent, à la rigueur, s'expliquer par des lésions histologiques, il en est d’autres non moins importants dont l’étiologie anatomique reste indécise.

Cette inconstance ou même cette absence de lésions contre

laquelle se sont butés tous ceux qui ont tenté d'expliquer la mort dans l’Hyÿperthermie, doit nous mettre en éveil et nous faire penser que le mécanisme intime de tous les phénomènes nerveux — qui, je le répète, tiennent de beaucoup la première place — relève d’une autre cause plus générale. En d’autres termes, il faut savoir si l'excès de température procède directement sur le système nerveux, soit par lui-même, soit en provoquant la congestion variable des méninges bulbaires; ou bien s'il n'y a pas entre l'Hyperthermie et les symptômes qu’elle détermine un agent intermédiaire plus général qu'il devient nécessaire de rechercher.

Or cet agent, cette cause, je le dis dès à présent, existe : c’est l'empoisonnement de l'économie par les produits de combustion organiques qui s'accumulent sans s’éliminer.

[l est intéressant de voir que ce mécanisme pathogénique des symptômes et de la mort dans l'Hyperthermie, dont nous allons bientôt donner la preuve, avait été émis, à titre purement théorique ilest vrai, par quelques auteurs. Lereboullet, dans son article Chaleur animale du Dictionnaire Encyclopédique des Sciences Médicales, admet que les troubles qui accompagnent l'Hyperthermie sont provoqués par la rétention des produits de combustion non éliminés. Cresson Stillet (cité par Vallin) avait aussi la pensée qu'il se forme dans les températures élevées, des produits d'excrétion en plus grand nombre qu'à l’état normal : il injecta du sang d’un chat mort par la chaleur dans la veine jugulaire d’un autre chat mais n’obtint rien car la quantité de sang injectée avait été insuffisante. Enfin Doléris et Doré expérimentèrent sur des femelles pleines en les plaçant dans des étuves à 35°-37° de manière à provoquer une « fièvre artificielle ». Or ces auteurs pensent que l'Hyperthermie provoque une « action nerveuse, la typhisation, /’#- » doxication du sang et de l'organisme par les germes ». Il est regrettable qu’ils n’aient pas précisé et déveioppé davantage leur

opinion.

I y a, ai-je dit, dans l'Hyperthermie, accumulation dans l'économie de déchets et de résidus exceptionnellement toxiques. Si l'on a suivi la description que nous avons faite de la symptomatologie de l'Hyperthermie, on ne peut s'empêcher de leur trouver une ressemblance plus ou moins éloignée avec ceux de l’empoisonnement urémique.

Mais j'ai hâte d’en arriver à des faits.

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