TRENTE-SEPTIÈME EXPERIENCE
Ayant déterminé très-exactement la chaleur acquise des tourterelles 8e et ioe, je les ôte de l’étuve et je suspends leur réchauffement pendant précisément une heure; déterminant alors de nouveau leur chaleur, je trouve :
Tourterelle 8e, à 5h o', depuis le début du réchauffement,
chaleur acquise.. = 34° ,9 à 6h o1, idem chaleur restante. = 3i° ,0
Différence, soit perte spontanée en une heure = 3° ,9
Tourterelle 10e, à i8h 5', depuis le début du réchauffement,
chaleur acquise. = 35° ,6 à 1 9h 5', idem chaleur restante. = 29°, 4
Différence, soit perte spontanée en une heure = 6° ,2
Ainsi, en cessant le réchauffement, ces animaux ont perdu en
moyenne 3 — 5° ,0 par heure de leur chaleur acquise;
par conséquent à peu près le double de ce que nous les avons vus perdre spontanément pendant les heures les plus rapprochées de la mort.
L’inanition met donc l’animal à sang chaud dans un état bien
singulier pour lui. Elle le transforme en un être qui reçoit et qui perd de la chaleur en raison de la température du milieu dans lequel il se trouve ; elle résout en quelque sorte le curieux problème de transformer, au moins momentanément, l’animal à sang chaud en un animal à sang froid, car tous deux indifféremment perdent et reçoivent de la chaleur, et dans de certaines limites, différentes cependant pour l’un et pour l’autre, vivent et se mettent en équilibre de température avec le milieu qui les environne.