La moyenne générale de la perte intégrale proportionnelle
pour ces quarante-huit expériences —
ou en nombre rond = o , 4oo ; c’est-à-dire qu’en moyenne nos animaux inanitiés ont péri lorsque leur perte s’est élevée aux o ,4 de leur poids initial.
2. En comparant cette moyenne générale avec les moyennes partielles relatives à chaque espèce d’animaux, l’on voit que celles-ci se sont en général peu écartées de la première, l’écart maximum étant =0 , 1 3 o .
3. En comparant entre elles les moyennes d’espèce à espèce, l’on voit :
a. Qu’entre quelques espèces d’une même classe les moyennes
SUR L’INANITION
diffèrent plus qu’entre des espèces appartenant à deux classes différentes : ainsi , par exemple , les oiseaux diffèrent plus les uns des autres que quelques-uns d’entre eux ne diffèrent des mammifères ;
b. Que les moyennes relatives aux deux espèces les plus éloignées par leur poids ( les tourterelles et les lapins ) sont à peu près identiques entre elles, quoique les poids initiaux moyens de ces deux espèces soient respectivement dans le rapport de
c’est-à-dire à peu près =
Il résulte de là la conséquence intéressante que , chez les animaux à sang chaud, la perte intégrale proportionnelle paraît être tout à fait indépendante de la classe à laquelle un animal appartient, ainsi que du poids normal de son espèce.
4. En examinant cependant les détails du tableau n° y, l’on observe des différences assez notables dans quelques-uns des résultats individuels d’une même espèce. Nous nous bornerons pour le moment à les signaler ici, devant nous en occuper spécialement un peu plus tard.
Ainsi voilà la loi générale de l’inanitiation : c’est qu’un animal périt lorsqu’il a perdu environ les o ,4 de son poids normal. L’on conçoit de quelle haute importance est ce résultat, et de combien d’applications pratiques il est susceptible.
Avant de quitter ce sujet, je dirai quelques mots de la perte diurne proportionnelle , dont à dessein j’ai renvoyé de m’occuper jusqu’à ce que j’eusse expliqué ce que j’entendais par une perte proportionnelle. En prenant la somme des poids initiaux et celle des pertes diurnes absolues, séparément pour chacune des espèces que renferme notre 7e tableau , nous aurons- :
POIDS INITIAL
PERTE DIURNE
COLLECTIF
ABSOLDE, COLLECTIVE.
Oiseaux. 15 Tourterelles...
20 Pigeons
2 Poules
1 Corneille
Mammifères. 5 Cochons d’Inde.
5 Lapins
Somme .... 48 animaux
L’on déduit de là, pour la perte proportionnelle diurne, les valeurs suivantes :
Pour les oiseaux = o ,o44-
Pour les mammifères = o ,o4o.
Collectivement, pour les oiseaux
et les mammifères = o ,o42.
c’est-à-dire que la perte moyenne pendant chaque jour de l’ina-
nitiation a été pour les oiseaux = ; pour les mammifères
= — et pour tous ces animaux collectivement, sans distinction 1000 1
de classe, = , du poids normal, soit initial du corps.
ÎOOO 1 1
Fèces. Voyons maintenant comment s’opère la perte de poids. Le corps ne perdant que par ses excrétions cutanée , pulmonaire et abdominale , si l’on s’appliquait à recueillir exactement tous les produits éliminés ainsi, l’on devrait retrouver la totalité du poids perdu par l’animal. C’est là ce que j’ai cherché à faire, non pas sans doute pour la totalité, mais pour une partie seulement de ces excrétions, savoir pour la défécation. Le tableau suivant présente rapprochées l’une de l’autre la perte de poids éprouvée pendant la totalité ou pendant une partie seulement de
l’inanitiation, et les fèces évacuées pendant le temps correspondant à cette perte1. Le poids des fèces est exprimé, soit à l’état humide, soit à l’état sec; dans le premier cas, c’est celui quelles avaient lorsqu’on les recueillait, c’est-à-dire à la fin de chaque jour expérimental, soit de 2 4 en 2 4 heures : dans l’autre, c’est le poids quelles présentaient après une dessiccation à l’air prolongée de plusieurs jours à plusieurs mois.
TABLEAU N° l3.
Pigeons. N° 30
29 (Portion d’expérience. ).
Moyenne
Tourterelles. N° 1 9
Moyenne
PERTE
de
POIDS
totale.
FÈCES
DURÉE
humides.
POIDS
sèches.
POIDS
de
LA VIE
grammes
grammes
grammes
jours
1 Ces expériences, qui constituent la totalité de celles que j’ai faites sur ce sujet, sont rela-
Ces expériences ont été faites sur deux espèces d’animaux, et les moyennes partielles quelles fournissent, sans être identiques (le mode de dessiccation employé ne le comportait pas), s’éloignent cependant peu l’une de l’autre , et nous permettent de conclure, comme résultat général, que, pendant l’abstinence complète des aliments, à une perte de poids de 1000 grammes a correspondu une excrétion de 1113, 1 de fèces ramenées à un état de dessiccation aussi complet que l’air seul puisse le communiquer. Dans
cet état les fèces ne représentent que les 7^7^ , c’est-à-dire le tiers de leur poids à l’état humide; et sans doute moins encore, puisque ce poids humide n’a jamais été déterminé qu’après quelques heures d’exposition à l’air.