La moyenne de la perte intégrale proportionnelle de ces
8 animaux
3. Pour juger des résultats qui nous occupent, il faut les rapprocher de ceux que nous ont fournis les expériences d’abstinence ; mais en ne comparant que des animaux de poids initiaux semblables, puisque ce poids initial a de l’influence, tant sur la perte intégrale proportionnelle que sur la durée de la vie, comme nous l’avons vu précédemment. A cet effet, rapprochons donc les résultats moyens du tableau ci-dessus (n° 3o) de ceux que fournissent les huit tourterelles de notre tableau n° 7 , comprises entre la 2e et la 11e; tourterelles dont les poids initiaux sont renfermés dans les mêmes limites que celles du tableau ci -dessus;
nous aurons ;
SUR L’INANITION
DURÉE
de
ROIDS
PERTE
DU CORPS
INTÉGRALE
Poids
Poids
pro-
portion-
LA VIE
initial.
final.
nelle.
Abstinence. Tourterelles 4, 6, 24, 5, 7, 17, 19, 18
grammes
grammes
Alimentation insuffisante. Tourterelles 1 , 11, 9, 2, 26, 25, 12,27.
Je ferai remarquer, à l’égard de ce dernier tableau :
a. Que le résultat le plus saillant qu’il présente, c’est l’identité presque absolue de la perte intégrale proportionnelle dans les deux séries, identité telle, qu’il est impossible de distinguer le cas d’abstinence complète de celui d’alimentation insuffisante. C’est un résultat d’une haute importance, et qui mérite de fixer toute notre attention.
b. Malgré cette identité de perte proportionnelle , la durée moyenne de la vie, dans le cas d’alimentation insuffisante, a été le double de ce quelle était dans l’abstinence complète.
Ainsi donc, en nourrissant un animal d’une manière insuffisante, au lieu de le priver totalement d’aliments, vous retardez bien plus ou moins l’époque de la mort, mais vous n’altérez en rien la loi d’après laquelle la mort arrive. Dans l’un et l’autre cas, l’animal meurt dès que son poids a atteint la limite de diminution compatible avec la vie.
Ce résultat se modifie probablement un peu, lorsque le déficit dans l’alimentation journalière n’est que très-peu considérable. L’abaissement étant plus ménagé, le corps, vraisemblablement alors, peut supporter une perte de poids plus grande que celle à laquelle un déficit plus fort lui aurait permis d’arriver.
Dans l’une des expériences ci-dessus (du reste, la seule de ce Mémoire où il ait été fait quelque chose d’étranger au but spécial
que je me proposais d’atteindre), l’animal (tourt. 12), pendant la durée de l’alimentation insuffisante, avait été soumis à l’ingestion de 1 s, 3 d’opium brut, dont la plus grande partie, il est vrai, avait été rejetée par le vomissement ou par les selles, pendant les vingt-quatre premières heures de cette ingestion. Et, quoique l’animal eût été mis assez profondément sous l’influence de l’opium pour qu’on pût la reconnaître encore deux ou trois jours après, cependant il est très-remarquable que la perte intégrale proportionnelle n’ait pas été sensiblement modifiée chez lui. Peut-être la digestion l’a-t-elle été davantage, car une partie du blé dont on le nourrissait a été, soit revomi, soit retrouvé dans l’estomac et le jabot après la mort.
b. Alimentation décroissante.
Je range sous ce titre quelques expériences dans lesquelles l’aliment a été fourni en quantité successivement de moins en moins considérable. Ainsi, par exemple, après avoir déterminé la quantité d’aliments nécessaire à un animal, pendant quelques jours on 11e lui en fournissait plus que la moitié; puis pendant un même nombre de jours le quart, puis le huitième : établissant ainsi des espèces de périodes alimentaires dans chacune desquelles l’aliment décroissait régulièrement. Au bout de chacune de ces périodes, l’on déterminait le poids du corps, et quelquefois aussi celui des fèces.
Commençons par l’expérience suivante, qui s’écarte un peu de celle dont je viens de tracer le tableau, et qui participe également de l’alimentation insuffisante et de l’abstinence des aliments.