‹ Recherches expérimentales sur l'inanitionChapitre 42 sur 138 · DESSÉCHÉES · texte numérisé non relu

DESSÉCHÉES

corps.

Blé.

Eau à volonté.

Moyenne diurne.

grammes

grammes

grammes

grammes

Tourterelle n° 21. Etat normal

lre période alimentaire : 1er, 2?, 3e,

4° et 5° jours

2e période alimentaire : 6e, 7e, 8°,

9° et 10° jours

3e période alimentaire : 11°, 12e,

13e, 14e et 15e jours. ........

Mort à la fin du 15° jour

Tourterelle n° 22. Etat normal

lre période alimentaire : 1er, 2e, 3°,

4° et 5e jours

2° période alimentaire : 6°, 7°, 8°, 9e

et 10° jours

3° période alimentaire : 11e et 12°

jours

Mort à la fin du 12e jour

Je ferai sur ces résultats les observations suivantes :

1. Comme dans les expériences antérieures, nous voyons Je poids du corps diminuer avec le poids de l’aliment : nous ne reviendrons pas sur ce sujet.

2. La consommation d’eau a diminué dans une progression pour le moins aussi rapide que le poids de l’aliment.

3. Pour comparer les effets de l’alimentation décroissante avec ceux de l’abstinence complète des aliments, rapprochons les résultats moyens fournis par ces deux animaux , de ceux que donnent les cinq tourterelles de notre tableau n° 7, les plus voisines en poids de celles dont nous nous occupons ici, savoir celles tpii sont comprises entre i3o et 182 grammes de poids initial, nous aurons :

DURÉE

POIDS DU CORPS

PERTE

de

LA VIE

INTÉGRALE

initial.

POIDS FINAL

propor-

tionnelle.

jours.

grammes

grammes

Alimentation décroissante :

Tourterelles 21 et 22

Abstinence complète :

Tourterelles 24, 5, 7, 17 et 19.

L’on voit par là que, dans l’alimentation décroissante , comme dans les autres modes d’alimentation insuffisante, la durée de la vie a été doublée et même plus que doublée , tandis que la perte intégrale proportionnelle a peu varié. Ainsi, en retardant l’époque de la mort, l’alimentation insuffisante , comme nous l’avons déjà dit , 11e change point la loi en vertu de laquelle la mort arrive. Je ferai cependant remarquer que, dans nos trois cas d’alimentation décroissante, la perte intégrale proportionnelle est, en général , un peu plus forte que dans les cas correspondants d’abstinence complète, en sorte qu’il paraîtrait, comme nous l’avons

déjà fait observer aussi , que la lenteur de l’abaissement du poids permet à l’animal de perdre un peu plus que lorsque cet abaissement est plus rapide.

4. Examinons maintenant avec quelque détail ce qui se passe dans la diminution de poids du corps. La moyenne de l’alimentation normale de nos deux animaux (tourt. 21,22) = -6,57~f~— — = 1 6®, 80 de blé par jour ; et la moyenne des fèces pendant cette alimentation normale = ~*73’924 — 48,008 par jour. Ainsi

1 6? ,8 de blé ont donné 4 grammes de fèces sèches.

D’autre part, pendant l’alimentation décroissante de ces deux

mêmes animaux, l’alimentation moyenne ayant été 58,2 6 par jour, les fèces correspondantes ont été =

18,838. Ainsi 58,26 de blé ont fourni 1 gram. 84 de fèces sèches.

Mais ces deux rapports des fèces au blé ne sont point égaux; -^=0,2 4; et^-^= o,35; c’est-à-dire qu’une même quantité

d’aliment produit-^- plus de fèces dans le cas d’insuffisance que

dans celui d’alimentation naturelle, ce qui est précisément le contraire de ce qu’on doit attendre, puisqu’un corps périssant par insuffisance d’aliments doit extraire du peu qu’on lui en donne plus, s’il est possible, que lorsqu’il en a en surabondance. Recherchons donc quelle peut être la cause de ce singulier résultat.

168, 8 de blé ayant produit 4 grammes de fèces, les 58, 2 6 de l’alimentation décroissante auraient dû n’en produire

que ig ,2 5. 11 y a donc eu chaque jour 18 ,84 — ig,2 5

= 0,59 de fèces de plus que ne comportait l’aliment consommé. Or, 08,59, sur une durée moyenne de 1 3 jours 5o d’expérience, produisent un excédant total de 78,96 de fèces.

Rapprochant maintenant ce résultat de celui des fèces dans les expériences d’abstinence (lableau n° 1 3), nous voyons que c’est là

SUR L’INANITION, à peu près le poids de fèces, supposées sèches, qu’évacue pendant toute la durée de la privation des aliments un animal qui , comme ceux-ci, perd environ 60 grammes de son poids avant que de succomber. Ceci nous montre que, dans l’alimentation insuffisante, le poids des fèces représente, non-seulement les fèces correspondant à l’aliment ingéré , mais encore celles qui se rapportent à la quantité de matière animale détruite chaque jour pour fournir aux sécrétions, en complément de ce qui n’était pas donné par l’aliment.

Nous avons une nouvelle confirmation de ceci dans les tourterelles nos i et 2 (alimentation insuffisante). En exécutant pour elles les calculs précédents, on trouve que l’excédant total des fèces desséchées a été, pour ces deux animaux, de 3§ ,75 -+- 4g ,82 = 8s,5h-, et que leur perte absolue collective pendant l’inanitiation a été de 3og ,82 -f- 49g,88 = 8og ,70. Or, une perte de poids de 8os ,70 suppose une quantité de fèces desséchées = 8g, 96. Le résultat ci-dessus de 8S , 5 7 s’en éloigne aussi peu qu’il est possible, et confirme, par conséquent, pleinement le fait que nous avons établi ci-dessus.

Ainsi donc, dans l’alimentation insuffisante, le corps se détruit d’une quantité de matière animale proportionnée au déficit de l’aliment , fournissant de sa propre substance pour la dépense journalière du corps tout ce que l’aliment lui-même ne donne pas. C’est là la loi des régimes.

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