DE L’ALIMENT
De l’eau.
Si l’on considère que le mouvement nutritif fait éprouver des pertes continuelles à chacun des principes qui entrent dans la composition du corps, et que ces pertes doivent être réparées pour
1 Le sucre n’étant pour le corps qu’un aliment insuffisant, je m’étais proposé d’en traiter ici , et les expériences que j’aurais eu à rapporter sur ce sujet, comme, au reste, toutes celles
que les proportions du mélange restent les mêmes, l’on sera disposé à accorder la qualité alimentaire , en donnant à ce terme son acception la plus étendue , non-seulement à l’eau , mais aux differents corps qui réparent les pertes que nous faisons par les excrétions. Or, si l’on se rappelle que l’eau constitue les o, 6 ou 0,7 du poids du corps, et peut-être même encore davantage (Chaussier), l’on concevra de quelle importance est ce principe, el combien il est nécessaire d’en réparer la déperdition.
Si l’on essayait de rechercher approximativement en quoi se résout la matière animale détruite pendant l’inanitiation , l’on verrait chez nos touterelles, par exemple, que, sur une perte moyenne d’environ 8g,5 par jour, il y en a à peu près 2 pour la perte solide et gazeuse (fèces et acide carbonique) , et 6 ou h8, 5 pour la perte d’eau. Reste à savoir si, en obviant à une perte aussi forte que cette dernière, soit à l’aide de boissons, soit par une ingestion d’eau dans l’estomac , l’on pourra retarder plus ou moins l’époque de la mort.
Boissons. L’on admet d’une manière assez unanime qu’en fournissant de l’eau à un animal privé de nourriture, sa vie se trouve plus ou moins prolongée. Cette opinion, qui a probablement pris naissance dans les expériences de Redi, et que fortifient encore les remarques de Haller \ doit être examinée expérimentalement. A cet effet, voyons si, chez nos animaux soumis à la privation complète des aliments, la vie s’est prolongée davantage lorsqu'on leur a fourni de l’eau à volonté que lorsqu’on les en a privés. Et pour cela rangeons en deux colonnes, selon qu’il y a eu ou non privation d’eau, toutes les expériences de notre tableau n° 7 sur les pigeons, les tourterelles et les lapins (les seules qui présentent la double condition précédente), et prenons la moyenne
de ce Mémoire, sont déjà complètement terminés depuis six à sept ans. Mais la longueur déjà bien grande du travail actuel ne me permettant pas d’y ajouter encore, je me vois, pour le moment , obligé de laisser de côté les expériences en question : seulement j’en ferai l’objet d’un travail particulier que je publierai plus tard.
1 a In exemplis quæ recensuimus diuturn* inediæ, longe plerumque aqua causa fuit sus- « tentât* vitæ.n (Pkysiol. t. VI, p. 181.)
SUR L’INANITION. 59
des résultats de même nom. Nous en formerons le tableau suivant :