A VOLONTÉ
DURÉE
POIDS
DURÉE
POIDS
EAU BUE
de
la vie.
du
corps.
EAU BCE.
de
la yie.
du
corps.
Oiseaux :
grammes
jours
grammes
grammes
jours
grammes
Pigeons
Tourterelles
Mammifères :
Lapins
Je ferai sur ce tableau les observations suivantes :
1 . Ce qui frappe le plus dans ces expériences , c’est la petitesse du poids journalier des boissons; pour les oiseaux, à peine un cinquième ou un sixième de la quantité normale (voy. tabl. 1 et 4); et pourtant ils avaient de l’eau à volonté1. Il résulte de là que la privation des aliments ôte à ces animaux la sensation de la soif presque en totalité.
La cessation du besoin des boissons se conçoit assez facilement chez les oiseaux, qui urinent peu, et chez qui les boissons, comme nous l’avons vu, ne servent guère qu’à délayer l’aliment pour le rendre digestible. Mais il n’en est pas de même des lapins et des cochons d’Inde, qui, bien que privés de boissons, ou lorsqu’ils en avaient, n’en prenant presque pas, rendaient cependant, pendant la durée de l’inanitiation , des quantités quelquefois surprenantes d’urine. Dira-t-on, comme pour les diabétiques, que cet excès d’urine dépendait d’une absorption d’eau par le poumon? Sans regarder cela comme absolument impossible, je le considère cependant comme bien peu probable; car la vapeur d’eau paraît ne devoir être absorbée qu’autant que le corps n’est
1 Pour les lapins, la quantité normale des boissons n’a pas été déterminée.
pas saturé d’humidité, et que les parties qui le composent ont besoin de s’en approprier une quantité plus grande pour la parlaite execution de leurs fonctions. Mais alors , cet état d’incomplète saturation est indiqué par un phénomène particulier, une sensation interne sui generis , la soif: or, chez nos animaux inanitiés , la soif manquait. L’on en peut donc conclure que le corps était saturé, et qu’il n’attirait rien ou presque rien du dehors, malgré la perte qu’il faisait par les urines h II paraît résulter de là, que, dans l’inanitiation , la partie aqueuse de l’urine, aussi bien que la partie solide tenue en dissolution, peut se former par le mouvement de décomposition du corps , et ne résulte pas de liquides introduits du dehors, comme cela sans doute a lieu dans l’état normal.
2. Quant à la question principale , celle de la prolongation ou de la non-prolongation de la vie par les boissons :
a. Oiseaux. Pour les pigeons , la durée de la vie a été assez sensiblement la même, qu’ils aient eu des boissons ou qu’ils en aient été privés.
Pour les tourterelles, celles qui ont été privées d’eau ont vécu plus du double de celles qui en ont eu à volonté. Mais cette différence paraît se rattacher essentiellement à l’influence du poids, qui , chez les tourterelles privées d’eau , s’est trouvé d’un quart plus grand que chez les autres.
Ainsi il ne paraît résulter d’aucunes de ces expériences que, chez les oiseaux qu’on inanitie, la vie soit prolongée par l’usage des boissons. (Voyez aussi ci-après le tableau n° 38, où les deux animaux comparés l’un à l’autre étaient à peu près de même poids.)
b. Mammifères . Chez les lapins , la durée moyenne de la vie s’est trouvée très-sensiblement plus longue pour ceux qui ont eu de l’eau que pour les autres. Ce résultat est d’autant plus digne d’être remarqué , que ce sont ceux d’entre eux qui étaient les plus légers , qui ont vécu le plus longtemps. L’influence conservatrice
1 II y a tellement saturation dans ce cas-là, que, chez les animaux inanitiés avec privation de boissons, l’on rencontre très-souvent, vers la lin de la vie, de l'oedème aux extrémités.
SUR L’INANITION, des boissons chez ces animaux me paraît donc tout à fait évidente; seulement je regrette de ne pouvoir l’établir que sur les résultats fournis par cinq animaux.
c. Animaux à sang froid. C’est pour eux surtout que cette influence conservatrice des boissons paraît être la plus prononcée, ainsi qu’on peut le voir en recourant aux expériences que j’ai faites sur ces animaux, et dont je crois inutile de reproduire ici les résultats. Et en effet, cela se conçoit bien; car la petite quantité de matière que ces animaux dèperdent chaque jour de leur poids initial pour ceux que nous avons étudiés) ne pouvant amener la mise en liberté que d’une quantité d’eau que sa petitesse met hors de toute proportion avec la perte journalière qui s’en fait par les exhalations cutanée et pulmonaire , il en résulte que la soif se développe, et quelquefois une soif assez vive. C’est là du moins ce que j’ai observé chez la tortue, les couleuvres et les lézards. Si cette soif n’est pas satisfaite, alors la perte de poids augmente avec plus de rapidité , et la vie en est plus ou moins abrégée (couleuvres).
Ainsi, en résumé, l’eau paraît d’autant plus nécessaire, qu’on s’abaisse davantage dans l’échelle de la caloricité. Il est bien entendu cependant que je ne parle que d’animaux soustraits aux causes spéciales de déperdition d’eau ; car, s’il en était différemment, et s’ils étaient exposés au réchauffement, à la sueur, à la fièvre, etc. alors, je le conçois, la soif pourrait se développer, et, les boissons devenant plus nécessaires, si ce besoin n’était pas satisfait, la durée de la vie pourrait en être très-notablement modifiée. Mais ces circonstances sont tout à fait étrangères à l’inanitiation , elles ne font que se combiner avec elle h
Ingestion d’eau. Les animaux privés d’aliments buvant trop peu pour compenser leur perte journalière, voyons si, par l’ingestion d’une quantité d’eau équivalente à cette perte, la vie en sera prolongée sensiblement. C’est là le but des expériences suivantes :
1 Dans le choléra, l’énorme déperdition d’eau que le corps éprouve en quelques heures me paraît jouer up rôle très-important comme cause de mort.