J 16 RECHERCHES EXPÉRIMENTALES
veinent à mesure que l’abstinence se prolonge, et quelle arrive a être successivement trois, quatre, cinq et même près de six fois aussi grande que l’oscillation diurne dans l’état normal.
d. Ce dernier tableau met en évidence l’un des faits les plus intéressants de tous ceux qui se rapportent à l’histoire de la chaleur animale. C’est celui qui résulte de la comparaison de la chaleur pendant le jour et pendant la nuit, c’est-à-dire pendant l’état de veille et pendant celui de sommeil. L’on voit, en effet, sans aucune modification survenue à l’animal, puisqu’il continue à rester privé de nourriture et de boissons , la chaleur animale osciller régulièrement chaque jour, s’abaissant le soir de quelques degrés, et remontant le matin à l’état où elle était la veille , et osciller avec une amplitude graduellement croissante à mesure que l’abstinence se prolonge et que la faiblesse fait des progrès. Ce fait, d’autant plus curieux qu’il n’est que le développement d’un phénomène presque inaperçu dans l’état normal, prouve avec évidence que les combinaisons d’où résulte le dégagement de la chaleur animale se font essentiellement sous l’influence nerveuse. L’on serait même tenté de présumer que ces combinaisons se forment plus particulièrement sous l’influence du cerveau, puisque cet organe est le siège spécial de la rémittence d’action d’où résulte l’état de veille et celui de sommeil. Mais, comme le reste du système cérébro-spinal éprouve cette rémittence avec un égal degré d’intensité , quoique sans doute d’une manière secondaire seulement , les résultats actuels ne sauraient modifier en rien ceux des expériences d’un autre genre qui transfèrent à la portion dorsale de la moelle épinière la totalité de l’influence excitatrice que possède le cerveau dans la production de la chaleur animale.
Et que cette oscillation tienne à la cause que nous indiquons, c’est ce qui résulte évidemment aussi de ce qu’en continuant le réveil et l’excitation qui résultent de la prise de chaleur, par la prolongation même de cette prise de chaleur, l’on voit insensiblement la température remonter à un point plus ou moins rapproché
SUR L’INANITION
de la chaleur de l’état de veille. C’est ainsi , pour n’en citer qu’un seul exemple, que pendant quatre jours consécutifs, dont le dernier était la veille de la mort, la tourterelle n° 2 4, pendant son inanitiation, nous a fourni les résultats suivants (en moyenne de qk,33 à 9h,58 du soir) :
Jr ;
CHALEUR
ANIMALE
6e JOOR.