I. DE L’ABSTINENCE COMPLÈTE DES ALIMENTS
Les expériences dont nous allons rendre compte ont été faites sur plusieurs espèces d’animaux : sur des pigeons, des tourterelles, des poules, des corneilles, des cochons d’Inde et des lapins. Quelques recherches ont été tentées aussi sur des animaux à sang froid. Ces expériences sont nombreuses , et elles portent sur des animaux assez différents pour permettre d’en généraliser les conclusions, et d’en appliquer les résultats à beaucoup plus d’espèces que celles qui les ont fournies. Cela est de toute évidence.
Ces expériences ont été faites de la manière suivante :
i° Des animaux, pour la plupart ceux-mêmes dont nous avions étudié l’alimentation normale dans les expériences 1 et 4, ont été privés de toute nourriture quelconque, jusqu’à terminaison de l’expérience par la mort réelle ou par la mort imminente, ce dernier état ne précédant la mort réelle que de quelques instants seulement. 2° Dans les deux tiers environ des expériences, les animaux ont été privés de boissons aussi bien que cl’aliments; dans l’autre tiers, on leur a fourni de l’eau à
1 Lors de la rédaction de ce Mémoire je ne connaissais pas le travail intéressant de M. Collait de Martigny sur le même sujet, ( Journ . plijsiol. de Magendie, 1828.)
SUli L’INANITION, volonté, et l’on s’est presque toujours assuré de la quantité qu’ils en avaient consommée. 3° Depuis le commencement de l’expérience jusqu’à la lin, c’est-à-dire pendant toute la durée de l’inanitiation, les animaux, à quelques exceptions près, ont été pesés tous les jours, et cela autant que possible pour chaque animal à l’heure du début de son expérience. Dans tous les cas, le poids initial et le poids final ont été déterminés, c’est-à-dire le poids du corps au début de l’abstinence, et celui au moment de la mort réelle ou imminente.
Présentons maintenant le détail de toutes ces expériences :