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Les caractéristiques des individus réduits par le jeûne

On sait que le jeûne peut être supporté par les Planaires pendant plusieurs mois, et qu'il est accompagné de la régression de certains organes : les glandes vitellogènes, les organes copulateurs, les ovaires et les testicules. Bien qu'on puisse obtenir à partir de Planaires adultes des individus plus petits que des jeunes récemment éclos du cocon, la régression morphologique n'est jamais aussi complète que celle qui a été observée par Dawyporr (1924) chez les Némertes. Le maximum

MARCEL. ABELOOS

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de régression que j'aie observé correspond à un jeûne de 8 mois, subi à une température de 15-à 20° : les animaux, mesurant moins d'un millimètre, rappelaient par leur comportement des animaux séniles en période de « dépression ». A ce stade, les animaux ne peuvent être renourris et sont condamnés à une mort certaine.

J'ai étudié les variations de poids de Planaires soumises au jeûne à une température constante et pesées à intervalles réguliers. Si l’on part d'animaux qui viennent d'effectuer un repas, la diminution de poids est d’abord rapide, puis se ralentit, et, deux semaines environ après le repas, elle atteint un /aux qui se maintient constant pendant toute la durée de l’inanition. Ainsi, à 20°, la perte de poids est d'environ 2 0/0 du poids frais initial et par jour. Le poids de l’animal se trouve réduit de moitié en 3 semaines de jeûne. Le taux de la perte de poids est indépendant du poids initial de l'animal. Il est notablement

plus faible à basse température.

J'ai étudié chez des animaux réduits par l’inanition les différents caractères morphologiques dont j'ai montré dans le chapitre précédent les variations au cours de la croissance.

a) Lorsqu'on nourrit à nouveau des animaux réduits par le jeûne, on constate, au 1% repas, une augmentation de poids très considérable, indiquant que la capacité du tube digestif est, relativement au poids du corps, la même que chez un animal normal de petite taille.

b) La hauteur des cellules épithéliales tégumentaires est la mème chez les individus réduits par le jeûne que chez les animaux normaux de même longueur. L'inanition est donc accompagnée d’une diminution de la taille cellulaire, en même temps que d'une diminution du nombre des cellules (M. ABecoos et M. Lecaup, 1929).

c) Les proportions relatives des différentes parties, le long de l'axe antéro-postérieur du corps, sont les mêmes chez des animaux réduits par l'inanition que chez des animaux normaux de taille égale (M. ABeLoos, 1928).

A ces divers points de vue, les phénomènes qui caractérisent la croissance normale se produisent done en sens inverse au

cours de l’inanition.

d) Au contraire, les caractères morphologiques que j'ai considérés précédemment comme des marques de sénilité ne disparaissent pas au cours de l'inanition. Ainsi, on peutobtenir, à la suite d'un jeûne prolongé, des animaux d’une taille inférieure à la taille de sortie du cocon, qui possèdent encore des yeux surnuméraires.

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