La croissance chez les animaux réduits par le jeûne
Expérience 3 (Tableau V). Les animaux des lots (a) et (b), mis en expérience le 10-1-28, avaient subi préalablement un jeûne de 2 mois, qui avait réduit leur poids sensiblement au quart du poids initial le 15-X[-27. Au 4er repas, le poids augmente de 5,8 milligrammes à 8,8 milligrammes ; mais, le 27-1-28, après 15 jours de croissance à 200 et dans des conditions de nutrition maxima, le poids moyen n’est encore que de 41,2 milligrammes.
Si l’on compare cel accroissement à celui qui est réalisé, dans les mêmes conditions externes et à partir d’un poids inilial comparable, par les animaux normaux du lot (3) de l'expérience {, on constate qu'il est nolablement plus faible. ,
Expérience 1 1. 5 Pl. gonocephala (poids moyen : 28 mgr.), récoltées à Voisenon, le 9-X-28, à la fin d’une période de ponte, sont mises à l’inanition à 150. Elles pondent encore un cocon le 15-X, et un autre le 29 X.
Le 29-X[-28, le poids moyen est de 8,7 milligrammes. À partir de ce jour, les animaux sont renourris régulièrement 2 fois par semaine, à une température de 12 à 150. Après une forle augmentalion au 1er repas, leur poids ne croît que très lentement en décembre et janvier. Il est de 26 milligrammes, le 49-11-29 ; de 30,5 milligrammes, le 19-111, et atteint un maximum de 35,5 milligrammes, le 22-IV. Les animaux pondent alors 4 cocons en avril, > en mai, #en juin.
10 Planaires identiques, récoltées en même temps le 9-X-28, avaient été nourries immédialement, dans des conditions identiques aux précédentes. Leur poids moyen avail alteint, le 13-XI1-28, un maximum de 42 milligrammes, et leur ponte avait eu licu, en novembre et décembre.
Ainsi, les individus ayant traversé une période d'inanition croissent moins rapidement que des individus normaux de même taille, et atteignent un poids maximum plus faible. Voici encore quelques expériences d’une durée plus prolongée.
Ecpérience 1. Les 12 Planaires du lol ({) de l'expérience 1, abandonnées à l’inanition, à 150, du 24-XI1-27 au 10-I-28, pondent 6 cocons A partir du 40-1-28 (leur poids moyen esl alors de 48 mgr.), elles sont renourries, à 450, tous les 4 jours. Le 20:I11-28, leur poids moyen, après un repas, est de 26,5 milligramnies. La ponte se produit alors, et, du 2-1V-28 au 15-VII-28, 27 cocons sont déposés.
Les animaux sont abandonnés à l'inanition le 15-VII-28.
À partir du 15-IX-28, les 8 individus restant sont reuourris deux fois par
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semaine, toujours à 450, Le 15-1-29, leur croissance est lerminée, et leur poids moyen ne dépasse pas 26 milligrammes, poids bien inférieur au poids maximum normal dans les conditions de l'expérience. 2 cocons sont pondus en janvier 29, et 10 cocons d'avril à juin 29.
Expérience 142. Un lot d’une quarantaine de Planaires de grande taille, récollées à Voisenon le 15-X1- 27, est nourri en décembre 27 el dépose quelques eocons en janvier r 28.
Le 40-1-98, ces animaux (poids moyen : 22 mgr.) sont mis à l’inanition à 200, Jusqu'au 22-11-28.
A celle date, H reste une trentaine d'animaux (poids moyen : 2,2 mgr.), qui sont renourris régulièrement 2 fois par semaine, à une température de 150. Du 6 au 16-VII-2$, 3 cocons sont pondus.
Les animaux sont alors de nouveau abandonnés à l’inanition, du 15-VII-28 au 15-IX-28.
Le 45-IX-98, une vinglaine d'individus (poids moyen : 3 mgr.) sont renourris régulièrement, à une Lempérature de 12 à 150. En janvier 1929, ils atteignent un poids maximum de 32 milligrammes et commencent à pondre. 3 cocons sont pondus en janvier, 2 en février, 7 en mars, 10 en avril, {4 en mai. On voit que eélle 3e ponte, qui n'a pas été, comme les précédentes, interrompue par l'inanition, est encore assez abondante.
Ajoutons qu'en janvier 1929, Lous les animaux de ce lot présentaient au moins ? paires d'yeux. Cerlains en possédaient 3 ou 4 paires.
Il résulte de ces expériences, ct d’autres analogues dont je ne puis donner ici le détail, que des Planaires peuvent passer successivement par plusieurs périodes de croissance, séparées par des périodes d'inanition prolongées. Mais, ces développements successifs sont de plus en plus lents, et aboutissent à des poids maxima de plus en plus faibles.
L'individu réduit par Pinanition ne possède done pas le même pouvoir de croissance qu'un individu jeune. Les phénomènes de sénihité qui se manifestent lorsque l'animal est continuellement nourri, et qui l'empèchent de se maintenir indéfiniment à son poids maximum, se produisent done encore au cours de l'inanition. La division cellulaire, qui accompagne la croissance lorsque lindividu est rénourri après une longue période de jeûne, ne suffit pas non plus à faire disparaitre ces caractères de sénilité physiologique.
Ainsi, l'inanition ne provoque pas, ni morphologiquement, ni physiologiquement, de véritable rajeunissement de l'organisme: Elle peut cependant avoir pour résultat de prolonger la vie, en empêchant la ponte des cocons, et'en évitant ainsi à l'individu les crises physiologiques souvent mortelles qui se produisent à la fin de la période de ponte.
CROISSANCE ET RÉGÉNÉÈRATION CHEZ LES PLANAIRES oh]