‹ Recherches expérimentales sur la croissance et la régénération chez les planairesChapitre 33 sur 38 · La régénération à partir de sections obliques · texte numérisé non relu

La régénération à partir de sections obliques

L'étude de la régénération d'organes sectionnés obliquement à leur axe à montré, de facon générale, que la croissance des parties régénérées se faisait perpendiculairement à la surface de section, c'est-à-dire obliquement à l’axe de l'organe. Ce fait, établi sur de nombreux matériels (extrémités caudales des Amphibiens, des Lézards, nageoire caudale des Poissons, extrémités antérieures et postérieures des Annélides, bras des Astéries, polypes de Tubulaires, etc.), est connu sous le. nom de « règle de Barfurth ». L'organe régénéré dans une direction anormale peut subir secondairement, dans certains cas, une régulation de sa position.

D'après les auteurs, la règle de Barfurth s’appliquerait aussi à la régénération de la tête cet de l'extrémité postérieure chez les Planaires. Mais la croissante serait plus rapide dans une portion de la section : la portion la plus antérieure pour le régénérat antérieur, la portion la plus postérieure pour le régénérat postérieur. D'autre part, la différenciation serait localisée à ces portions extrêmes des régénérats. Enfin, le fragment comprendrait, au début de la régénération, 3 axes de symétrie distincts : celui des parties anciennes, celui du régénérat antérieur, celui du régénérat postérieur (fig. 29, e). Il se produirait ensuite une régulation de la position des organes régénérés, due à une inégalité de la croissance sur les deux flancs des régénérats (Morcan, 1901).

Parmi ces données classiques, un fait semble en contradietion avec les conclusions tirées de mes expériences précédentes : la différenciation d’une tête complète à partir d’une portion seulement de la section oblique, c'est-à-dire en relation avec une fraction seulement de l'axe transversal du corps. Cette contradiction m'a conduit à reprendre des expériences de sections obliques en les contrôlant par l'observation du temps

de différenciation des yeux.

190 MARCEL ABELOOS

J'ai réalisé divers types de fragments, dont les principaux sont représentés par les figures 29, a, b, €, d.

Dans tous ces fragments, les deux yeux différenciés par la section oblique apparaissent successivement : le 1 œil, correspondant au côté du corps représenté dans la portion antérieure de la section, se différencie en même temps que dans une section transversale faite au même niveau. Le 2° œil apparait quelques Jours après,

Expérience 45. — Fragments (a) el (b) (Hg. 29), coupés le 22-[-29, et placés à 200.

Le 4er œil apparaît le 27-I ; le 2e, le 30-T.

Si les deux yeux étaient différenciés par une faible portion seulement de la surface de section, ils correspondraient sensiblement à un même niveau du corps et devraient apparaitre en même temps. [Il semble donc que Le 2 œil différencié corresponde en réalité à la portion postérieure de la surface de seclion.

L'observation des fragments en régénération fixés en extension, facilitée par la présence de trainées pigmentaires à la limite des parties anciennes et des parties régénérées, montre que les axes de symétrie du fragment et du régénérat sont bien en continuité (fig. 30). L'apparence qui à pu tromper les auteurs est due à un raccourcissement de la moitié antérieure de la section. Ce raccourcissement tient à ce que la portion antérieure, étroite, du fragment se replie vers l’intérieur, et,

fournissant une masse importante de cellules de régénération, subit une réduction rapide,

Fig. 30. — Expérience 45 : «&, morceau (a) (fig. 29) fixé après 9 jours de 5 5 [ J

régénération ; b, morceau (a) fixé après 14 jours ; c, morceau (b) (fig. 29), fixé après 14 jours.

Les résultats des expériences de régénération le long de sections obliques ne sont donc pas en contradiction avec les conclusions tirées précédemment des expériences de sections transversales et sagittales.

Page 1