RÉSUMÉ DU MÉMOIRE
Dans les deux premiers chapitres de ce mémoire, j'étudie le développement post-embryonnaire complet de Planaria gonocephala. Dans le {cr chapitre, j'envisage la croissance pondérale et je montre que la capacité de croissance de l'organisme dans des conditions extérieures déterminées diminue progressivement au cours même de la croissance.
Les conditions de nutrition et de température influent non seulement sur la rapidité de la croissance, mais aussi sur le poids maximum que l'animal] est susceplible d'atteindre. J'ajouterai que les données expérimentales sur la croissance pondérale des Invertébrés autres que les Arthropodes sont encore
. très peu nombreuses.
Dans le chapitre Il, je montre qu'au cours de son développement postembryonnaire, l'individu ne reste pas morphologiquement semblable à luimême, et j'attire l'attention sur des phénomènes de « dysharmonie » qui peuvent être mis en relation avec la diminution du pouvoir de croissance.
L’achèvement de la croissance est suivi, à toutes les températures, de la ponte des cocons, dont j'éludie les modalités. Avec la ponte commence une période de la vie que je considère, à la suite d’élevages prolongés dans des conditions extérieures constantes, comme une période de séntilité. J'ai pu préciser quelles élaient les manifestations de la sénilité chez PI. gonocephala: une de ces manifestations les plus remarquables est l’apparition
d’yeux surnuméraires.
Dans le chapitre I, j'envisage le problème du rajeunissement des individus par le jeüne et la régénération. Certaines caractéristiques morphologiques ou physiologiques (taille cellulaire, proportions des différentes parties du corps, vitesse de régénération) sont liées à la taille actuelle de lindividu et se retrouvent identiques chez des animaux réduits par le jeûne et chez des animaux de même taille en voie de croissance.
Au con!raire, les vrais caractères de sénilité ne disparaissent pas sous l'influence du jeûne. L'organisme réduit par le jeüne est bien capable d’un nouveau développement, mais sa croissance est moins rapide el cesse plus tôt que chez un individu normal.
Le développement d’un individu produit par A est plus comparable à celui d’un individu produit par voie sexuée. Il l’est d'autant plus que le fragment qui a régénéré représentait une fraction plus faible de l'individu primitif.
La 2° parlie de ce mémoire est consacrée à l'étude expérimemale de la régénération. J'ai éludié systématiquement la régénération dans des fragments {rès variés par leur forme, leur taille, leur siluation dans l'individu primitif. °
Certaines caractéristiques de la régénération de la tête, comme le temps
nécessaire à la différenciation des yeux, la vitesse de croissance des régéné-
ras, les proportions de la tête différenciée, sont indépendantes de la taille
des fragments et sont essentiellement fonction du niveau occupé par la section sur l'axe antéro postérieur de l'individu primitif. Ces faits, en même temps qu'ils démontrent l'influeñce des parties anciennes sur la différenciation des régénérals, conduisent à admellre l'existence d'une différenciation des parlies de l'individu, existant même là où iln'y a pas de différenciation morphologique ou histologique décelable. [ls suggèrent ainsi une conception de l'individualité ayant quelque analogie avec la théorie des « gradients axiaux » de Child.
Je propose également dans le chapitre IV une interprétalion de la production des formes bipolaires hétéromorphiques, et je montre que la différenciation des régénérats est « déterminée » irréversiblement peu de jours après la section, sous l'influence des parties anciennes du fragment.
Dans le chapitre V, je compare lærégénération dans des fragments prélevés sur des individus de tailles différentes. L’aclivilé de la régénération diminue progressivement lorsque la (aille augmente. Les condilions de nulrilion ont peu d'influence sur la rapidité de la régénération. La tempéralure «x une influence considérable. En sectionnant à nouveau des fragments en voie de régénération, j'ai pu préciser la significalion des phénomènes de « morphallaxis ».
Dans le chapitre VE, j'envisage la régénération dans des fragments limités par des sections longitudinales ou obliques. Les résultats conduisent à admettre l'existence, dans le sens transversal, d'une différenciation de l’individu semblable à celle qui existe le long de l'axe longitudinal. On doit en conclure aussi que la différenciation des régénérats s’accomplil en fonction des parties différenciées de l'individu primitif présentes dans le fragment, parties qui tendent à conserver la même situation dans l'individu régénéré.
Enfin, dans mes conclusions, j'ai discuté Ja signification de mes résultais du point de vue des problèmes morphogénétiques de la régénération en général.