‹ Recherches expérimentales sur la pathogénie des lésions du cœur droit consécutives à certaines maladies douloureuses de l'appareil hépatique et gastro-intestinalChapitre 18 sur 30 · OBSERVATION XVI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVI

(Cette observation de M. Potain est tirée de la thèse de M. Mahot,

des Battements du foie dans l’insuffisance tricuspide, Paris, 1869»

« M. Potain, dit M. Mahot, donnait ses soins à une dame d’environ 40 ans, pour des coliques hépatiques avec ictère considérable. Après avoir constaté par la percussion, que le volume du foie était exagéré, et que le lobe gauche surtout présentait des dimensions anormales, M. Potain, cherchant à limiter par la palpation le bord de l’organe, reconnut l’existence de pulsations hépatiques très-nettes. Sa surprise fut grande, car la malade qu’il avait sous les yeux n’avait jamais accusé la moindre gêne du côté du cœur. Cependant, le signe pulsation du foie existait, il n’y avait pas moyen de le méconnaître, et il devait faire supposer la coexistence d’une insuffisance tricuspide. M. Potain examina immédiatement le cœur, et constata un bruit de souffle assez fort vers le bord gauche au-dessus de l’appendice xiphoïde. En présence de ces deux signes, souffle au niveau de l’orifice auriculo-ventriculaire droit, et pulsations hépatiques, le diagnostic ne pouvait rester douteux, et bien que, dans ce cas, il n’existât du côté des veines jugulaires aucune pulsation, M. Potain n’hésita pas à considérer sa malade comme atteinte d’insuffisance tricuspide.

Quelques jours après, il eut l’occasion de revoir cette dame, et constata que les battements hépatiques avaient disparu complètement : le bruit de souffle perçu au niveau du cœur droit n’existait plus. On ne peut nier que, dans ce cas, les pulsations du

t'oie aient conduit le médecin à reconnaître une affection du cœur, qu’il n’aurait très-probablement pas soupçonnée, s’il n’avait pris soin d’explorer la région hépatique. »

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