II. — Résultats relatifs à la nature de la pollinisation
Les trois modes de pollinisation sont très inégalement efficaces.
(1) M. Chauvf.vl'd a en effet montré que les chambres staminales (fossettes nectarifères) communiquent avec les chambres sligmatiques par une étroile fente ménagée au-dessous des ailes des anthères ; les tubes polliniques développés à leur intérieur peuvent donc ainsi arriver sur les papilles sligmatiques.
90 11 E C // E II C II E S E Xl'ÈUI M E N TA L E S SUE LA P0LLIN1SATI0 Y
i° La pollinisation directe (pollinies de la même fleur déplacées) et la pollinisation indirecte (pollinies d'autres fleurs du même pied) sont toujours restées stériles.
2° Au contraire la pollinisation croisée a prescpie toujours
Fig. 34. — Vinceloxicum officinale. — Plante n" 4, rameau D: 4 fruits croisés (3 follicules doubles, i simple). Photographie du 20 juillet.
donné des fruits, et des fruits très vigoureux composés la plupart de deux follicules. Bien que les rameaux expérimentés en portent peut-être chacun un trop grand nombre, ils arrivent presque tous à maturité. Les figures 33 à 36 donnent les photographies de la plupart de ces fruits.
Je puis donc tirer de cette série d'expériences cette conclusion que les /leurs de Vincetoxicum officinale ne sont fertiles qii à la condition d'être pollinisées avec du pollen de pieds distincts.
DESCM l'TION DES EXPÉRIENCES gi
Ce résultat, qui démontre l'aulostérilité des Heurs de \ 'im , tD.iit i/))), parait doue contredire L'opinion que les travaux des
anatbmistes ont fait prévaloir sur la polliuisali les Asclé-
piadées ; si ce même fait se retrouve chez d'autres genres, il
Fie. 35i — Vincetoxicum officinale. — Plante n° 7, rameau E: 5 fruits croisés ('4 follicules doubles, 1 simple). Photographie du 30 juillet.
en faudra conclure que les caractères tirés de la disposition des organes floraux, de la structure anatomique ou de l'observation fréquente de pollinies germant en différents points de la surface florale, ne peuvent donner aucune indication précise sur le mode de fécondation réel de ces fleurs (i).
(1) Ainsi la germination fréquente des pollinies à l'intérieur des loges de l'anthère, qui a été signalée par Chauveai d, l. c, p. 7^ sur le Vincetoxicum, et qu'il est facile de vérifier, ne démontre nullement la possibilité de la fécondation directe.
<yj RECHERCHES EXPÉRIMENTALES SUR LA POLLINISATION
D'autre part mes expériences confirment La théorie des l);uwinistes ; elles démontrent expérimentalement ce fait qu'ils ont essayé de démontrer par le seul examen des fleurs, que le Vincetoxicum est adapté à la pollinisation croisée par les insecteB,
Fig. 36. — Vincetoxicum officinale. Plante n° 5, rameaux B et C: sur chacun d'eux on voit les i (leurs croisées, qui donnent des fruits et les i fleurs autopollinisées , qui se flétrissent. Photographie faite le 3 août.
Jl semble d'ailleurs que cette pollinisation se réalise d une façon beaucoup plus simple qu'ils le pensaient.
J'ai en effet constaté que chez le Vincetoxicum, il était inutile pour la fécondation d'introduire les pollinies à l'intérieur des chambres stigmatiques (leur pollinisation par les insectes paraît plus ou moins problématique), et qu'il suffisait de polliniser certaines parties de la fleur beaucoup plus facilement accessibles comme le bord extérieur des fentes interstami-
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