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CHAPITRE V APPLICATION A LA CLINIQUE DE NOS RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX

Nous venons de voir dans le Chapitre IV les conclusions de nos expériences. Pouvons-nous maintenant appliquer à la clinique nos résultats expérimentaux ?

On peut grouper de la façon suivante les circonstances cliniques dans lesquelles on peut être appelé à recourir à la ponction hypogastrique de la vessie.

Vous êtes appelé auprès d’un vieillard prostatique : depuis longtemps, ce malade se lève plusieurs fois pour uriner la nuit. [l n'avait pas encore présenté de rétentions d’urime aiguë, mais, à la suite d’excès quelconques, cet accident vient de se produire chez lui, le malade éprouve les atroces douleurs de la rétention d'urine aiguë ; il fait des efforts imouïs pour uriner, mais en vain sa vessie dépasse le pubis de plusieurs travers de doigt, il faut à tout prix soulager ce malade, le faire uriner.

La méthode décongestionnante, le cathétérisme sont vainement essayés ; il faut recourir à la ponction hypogastrique.

Dans l'immense majorité des cas, dès le lendemain l’évacuation se fera par le canal, le cathétérisme sera devenu facile.

Ce fait d'expérience condamne la pratique de Poncet qui

— 34 AE veut que l’on eystostomise, dès la première crise de rétention aiguë, les prostatiques.

Dans le cas que nous envisageons, ils’agit d'une rétention d'urine chez un prostatique par congestion de la prostate.

La vessie distendue comprime les vaisseaux péri-prostatiques et augmente encore la congestion de la glande. «C'est un échange de mauvais procédés entre la prostate et la vessie », La ponction supprime la distension vésicale, et la prostate revient à des proportions moindres.

La ponction est donc, en pareille circonstance, nettement indiquée. « Mais plusieurs jours de ponctions n’ont pas rendu possible l'introduction de la sonde, faut-il continuer l'emploi de cette méthode indéfiniment? {De Rouville, ut supra).

Les ponctions répétées un grand nombre de fois sont-elles graves ? Nous pourrions répondre, par des faits nombreux, qu'elles sont imoffensives.

Mais nos expériences nous permettent de dire que les ponctions chez le prostatique dont la vessie est, dans limmense majorité des cas, sclérosée doivent être faites à intervalles rapprochés les uns des autres, de telle façon que la distension vésicale n’ait pas le temps, entre deux ponctions, de devenir tant soit peu considérable.

Chez le chien à vessie forcée, nous avons noté en effet la persistance du trajet et par conséquent l'issue facile du contenu vésical dans le tissu cellulaire de la cavité de Retzius.

Cette précaution sera d'autant plus indispensable que le prostatique atteint de rétention aura été sondé, c'est-à-dire aura encouru des chances d'infection, car nous avons pu nous rendre comple que chez le chien à vessie infectée, l'urine sourd aisément à travers le trajet de la ponction.

Chez le prostatique infecté, il v a donc deux raisons pour que l’urine s'écoule :

1° État scléreux de la paroi vésicale ;

di

2° Infection de là vessie.

Vous êtes appelé auprès d'un malade adulte qui n’a jamais eu Ja blennorrhagie et qui vient de subir un traumatisme qui lui à rupturé l’urèthre.

La rupture est complète, le malade est en pleine rétention d'urine, il souffre abominablement et demande à grands cris à être soulagé de ces douleurs atroces de rétention. Que faire ?

Il est incontestable qu'il faut, en pareille circonstance, mettre le malade dans la position de la laille, inciser son périnée, mettre une sonde dans la vessie par l’urèthre ; c’est Là la conduite clinique et la conduite de choix.

Mais si, pour une raison ou pour une autre, il vous est impossible de pratiquer immédiatement cette opération, vous êtes en droit de pratiquer une ponction hypogastrique pour soulager le malade, c'est là une opération palliative qui permettra au malade d'attendre, sans souffrir, l'opération véritablement curative, périnéale. |

Nos expériences démontrent que chez le chien à vessie saine, sans infection, les ponctions hypogastriques sont inoffensives, il n'y a chez eux nul danger d'infiltration.

Vous êtes appelé auprès d’un homme qui a eu la blennorrhagie pendant sa jeunesse et qui présente une rétention

d'urine aiguë, que l'exploration uréthrale vous permet d’at-

tribuer à un rétrécissement rétro-bulbaire. Il vous est impossible d'introduire dans la vessie, par l’urèthre, la moindre bougie filiforme ; la bougie conductrice de l’urèthrotome refuse de passer, le malade souffre, il faut à tout prix le faire uriner.

Pratiquez la ponction.

Il vous sera le plus souvent possible, quelque temps après, de sonder, car la rétention d'urine reconnaît le plus souvent en pareil cas trois facteurs :

1° Un facteur fixe, le rétrécissement contre lequel il faudra

Te

ultérieurement agir (dilatation simple, uréthrotomies internes ou externes suivies de dilatations).

2° Deux facteurs mobiles;

3° Le spasme et la congestion périuréthrale contre lesquels la ponction hypogastrique exerce une influence favorable.

La vessie n'étant pas infectée, nous pouvons dès lors répéter les ponctions sans crainte d'infiltration d'urine, ainsi que cela ressort de nos expériences chez le chien à vessie saine.

Mais le malade est un blennorrhagien en pleine eystite, il serait imprudent de recourir chez lui, pour faire disparaître sa rétention, aux ponctions hypogastriques successives; il faudrait en tous cas, chez lui comme chez le prostatiq ue infecté, faire les ponctions à intervalles rapprochés de façon à empêcher l'infiltration de lurine de se faire dans le tissu cellulaire périvésical.

Il sera même possible, comme le conseille M. Pousson, de Bordeaux (1), à l'instar de Verchère, de «modifier le milieu vésical par des lavages antiseptiques ».

Nos expériences chez les chiens auxquels nous avions donné de la cystite prouvent que l’infiltration se produit dans ce cas. ,

(1) Pousson cité. Les Congrès d'urologie. (Annales des maladies gén. urin. Guyon).

Ke

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