CHAPITRE II
ANATOMIE ET HISTOLOGIE COMPARÉE DE LA VESSIE CHEZ L'HOMME ET CHEZ LE CHIEN
Nous avons expérimenté sur le chien, animal que l’on se procure facilement ; mais pouvons-nous conclure de la vessie du chien à celle de l’homme ? En d’autres termes, nous est il permis d'appliquer à l’homme les résultats de nos expériences sur les chiens ? La vessie de cet animal se rapprochet-elle suffisamment pour cela de celle de l’homme ?
C'est que nous avons voulu vérifier avant d'entreprendre nos expériences, et pour cela nous avons ajouté à notre rapide description anatomique un paragraphe d’histologie. Seule, l'étude histologique de la paroi vésicale du chien nous permettait, en effet, d'établir entre cette vessie et celle de l’homme un parallèle nous autorisant à conclure scientifiquement. Les coupes pratiquées sur la vessie du chien furent faites, sous la direction de notre regretté camarade Chatenier, dans le laboratoire M. le Doyen Vialleton.
La description rapidé qui va suivre est destinée à donner une idée de l’anatomie du chien et sera empruntée en grande partie aux travaux de MM. Ellenberger et Baum (1), Juvara et Balacesco (2).
Située dans la partie postérieure de la cavité abdominale et couchée sur la paroi ventrale, la vessie du chien a nettement la
À (1) Ellenberger et Baum. — Anatomie du chien. 2)
(9) Juvara et Balacesco. An. mal. génito-urinaires, Guyon, 1895.
Lit GER forme d’un ovoïde, la grosse extrémité étant tournée en avant du côté de l’ombilic.
A l’état de moyenne distension, on peut lui considérer, comme à celle de l’homme, quatre faces :
Une antérieure, une postérieure, deux latérales, une face inférieure se continuant avec le col et l’urèthre enfin, une face supérieure. Ces différentes faces sont en rapport avec la masse intestinale. La capacité de la vessie est variable, plus grande chez la chienne que chez le chien, plus grande chez l'animal vivant que chezle mort.
A l'encontre de ce qui se passe chez l’homme, le péritoine entoure complètement la vessie, et nous signalerons le ligament vésico-ombilical et les deux ligaments vésico-pubiens, formés par l’adossement des feuillets péritonéaux qui viennent s’adosser l’un à l’autre.
Le pli vésico-pubien contient dans son dédoublement les urèthres, les. artères, les veines et le nerf.
Nous nous contenterons de signaler maintenant, avant de passer à l’histologie, la disposition particulière qu’affecte los pénien, qui, creusé en une goutlüière fort étroite et sur un trajet de 11 centimètres environ, permet seulement l'introduction de sondes en caoutchouc de petit calibre.
La partie la plus intéressante est sans contredit l'étude de la musculaire et celle de la muqueuse, celte étude nous avons pu la faire, chez le chien, avec toute l'attention désirable, les coupes microscopiques que nous avons pu obtenir étant assez nettes pour empècher toute confusion.
Chez le chien comme chez l'homme, on peut considérer :
1° Une couche superficielle ou longitudinale ;
2° Une couche moyenne ou circulaire ;
32 Une couche profonde ou plexiforme.
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[. — La couche superficielle ou longitudinale présente à l'étude :
a). Des fibres latérales, pâles, minces chez l’homme, plus colorées, plus fortes chez le chien.
b). Des fibres longitudinales postérieures. Sappey (1) s'exprime ainsi au sujet de ces dernières:«Elles naissent de la base de la prostate, elles forment un plan très nettement limité dans la première moilié de son trajet, mais qui s'épanouit ensuite à l'instar d’une gerbe et recouvre alors toute la face. postérieure de la vessie ainsi que la moitié supérieure des faces latérales ». |
Nous avons vérifié nous -même que cette description s’applique aussi bien au chien qu’à l’homme.
ec). Des fibres longitudinales antérieures:«Celles-ei naissent du corps du pubis et de la symphise pubienne par deux languettes tendineusss triangulaires, saillantes et résistantes, qui forment, par leurs bords, une courte lamelle aponévrotique eriblée de trous par lesquels passent des veines volumineuses». Cette disposition se retrouve chez le chien.
Il. — La couche moyenne est formée de fibres circulaires plus nettes chez le chien que chez l’homme, Chez ce dernier, en effet, la couche moyenne se confond avec la couche plexiforme.
III. — La couche profonde est celle qui donne à la vessie l’aspectréticulé, elle est manifestement formée de fibres qui s’entremêlent les unes aux autres.
Cette disposition particulière des fibres longitudimales anté-
(4) Sappey, Anat. descript.
DRASS
rieures et des fibres longitudinales postérieures, que l’on note dans la couche superficielle de la vessie humaine, qu par leur union forment une sorte de sangle vésicale déterminant, lors ‘d’une contraction violente, la formation d’un éperon, se remarque plus nettement encore chez le chien que chez l’homme.
La couche muqueuse de la vessie est très élastique, une ‘couche sous-muqueuse la sépare de la couche musculaire et permet d'isoler avec la plus grande facilité l’une quelconque de ces couches. |
Nous empruntons à M. Albarran les détails qui vont suivre sur la structure de cette couche muqueuse. La description suivante s'appliquant exactement aux faits relatés et observés par nous chez le chien, nous nous contenterons de cette descriplion. |
Elle apparaît « comme une membrane très mince, de couleur blanc-grisâtre. Elle devient plus épaisse dans la portion comprise entre les uretères et le col ». |
La constitution histologique est simple «du tissu conjonctif lâche, fort riche en fibres élastiques au niveau du corps de la vessie auquel se surajoutent vers le trigone quelques fibres musculaires lisses ; la plupart de ces fibres ont une direction longitudinale et paraissent dépendre de la couche longitudinale de l’uretère qu’elles prolongent».
Le derme de la muqueuse, pour certains auteurs, serait dépourvu de papille. Heub, après Gerlack, admet leur présence dans les fondus. M Albarran, qui a repris la question, admet qu'elles existent, mais non d’une facon absolue et sur toute la surface de la vessie, c’est surtout, comme les auteurs allemands l'avaient vu, sur le trigone qu'elles siègent de préférence ; sur le chien elles existent en très petit nombre, mais sont très peu développées en hauteur et très minces, c'est aussi ce que l’on observe chez l’homme.
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Le derme de la muqueuse est formé de tissu conjectif; plus on se rapproche de la couche épithéliale, plus ce tissu con- Jonetif devient dense. On peut noter chez l’homme et chez les chiens l'absence de membrane basale.
Les auteurs admettent chez l'homme, et nous nous admettons chez les chiens, la présence d’un réseau élastique formé de fibres fibrilles très nombreuses dont les anastomoses circonscrivent des mailles fort étroites.
L'épithélium de la vessie varie suivant la quantité de liquide qu’elle contient.
Cet épithélium se rapproche du type pavimenteux et du type cylindrique ; chez le chien eomme chez l’homme, il est impossible de lui assigner une forme fixe.
La couche épithéliale de la vessie présente à considérer une couche profonde stratifiée très épaisse relativement à la couche superficielle.
Elle est formée de cellules allongées, à noyau arrondi.
La couche superticielle est formée de deux épaisseurs de cellules «étonnamment grandes», dit Virchow, qui les a découvertes. Notons, pour terminer, que dans la partie du trigone qui avoisine le col de la vessie, on voit chez l’homme comme chez le chien de petits enfoncements de la couche épithéliale qui représentent les glandes tubulées ou les petites glandes en grappe.
Nous voyons donc, d’après cette comparaison que nous avons faite aussi rapide que possible, que la vessie du chien est assimilable à celle de homme, et qu'il nous est permis de conclure de l’une à l’autre.