‹ Recherches expérimentales sur la production de l'ulcus et de la perforation gastrique par des doses massives d'histamine chez l'animal protégé par les antihistaminiques de synthèseChapitre 29 sur 31 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. — Nous avons passé en revue les moyens capables de provoquer chez l’animal des ulcères gastriques expérimentaux : ulcères par dérivation des sécrétions digestives; ulcères cinchophéniques; ulcères par pertes de substance, par instillations de substances nécrosantes, par anaphylaxie locale, par agression vasculaire, nerveuse ou endocrinienne, par carence.

II. — Parmi les ulcères gastriques expérimentaux, il faut réserver une place importante aux ulcères obtenus par injections d’histamine, en raison du rôle important de cette substance dans l’organisme.

III. — De nombreux auteurs ont cherché à obtenir des ulcères gastriques histaminiques; mais ceux-ci n'apparaissent qu’au prix d’injections répétées pendant des semaines ou des mois et, en général, seulement dans un certain pourcentage plus ou moins élevé de cas.

IV. — Les antihistaminiques de synthèse dérivés de la thiodiphényiamine récemment étudiés (HALPERN) permettent d’administrer au cobaye des doses extrêmement élevées d’histamine. Dans les expériences rapportées ici on a utilisé la N. diméthylaminoéthylthiodiphénylamine (3.015 R. P.) et la diméthylamino-2-propyl-1thiodiphénylamine (3.277 R. P.), qui permettent de protéger le cobaye contre des doses pouvant atteindre res- -pectivement 500 et 1.500 doses mortelles.

V. — Dans ces conditions, on voit, dans les heures ou les jours qui suivent l'injection et suivant la ‘dose injectée, apparaître des lésions sur la muqueuse gastrique. Pour des doses d’histamine comprises entre 100 et 250 doses mortelles, les lésions sont peu importantes. Au-delà de 250 doses et presque vers 500 doses mortelles, ces lésions se produisent avec une constance absolue. Elles consistent, non seulement en érosions, c’est-àdire en ulcérations strictement limitées à la muqueuse, ; mais surtout en ulcère vrai dépassant la muscularis mucosae et aboutissant dans de nombreux cas, à la perforation.

VI. — En faisant varier la dose d’histamine injectée, ainsi que le délai écoulé entre le moment de l'injection et celui du sacrifice de l’animal, on peut déterminer les lésions que l’on veut : érosion, ulcère évolutif, ulcère calleux, phénomènes de réparation.

VII. — HALPERN a montré que les antihistaminiques qui neutraiisent les effets pharmacodynamiques de l’histamine sur toutes les autres fonctions physiologiques n’inhibent nullement l'effet excito-secrétoire de cette substance et, en particulier, son action sur la sécrétion gastrique.

VIII. — Ce qui caractérise histologiquement les lésions obtenues, c’est la discrétion de l’atteinte vasculaire. On n'observe jamais ni infarctus, ni thrombose et les modifications vasculaires se limitent tout au plus à une simple vaso-dilatation (Jean MARTIN).

IX. — Ces deux faits apportent un appui en faveur des théories qui, dans la pathogénie de l’ulcère histaminique, attribuent la part prépondérante à l’action corrosive du suc gastrique sur la muqueuse.

X. — Les lésions expérimentales que nous venons longuement de décrire sont, tant macroscopiquement qu’histologiquement, absolument SUPEPPORR DES à CRE que l’on observe en pathologie humaine.

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