EXPÉRIENCE III
Inoculation rabique dans la chambre antérieure de l’œil droit sur un cobaye; mort le onzième jour (résumé de l’observation).
30 juin 1884. Inoculation comme il est dit dans le titre de l’observation.
9 juillet. Les accidents apparaissent (tremblement de tout le corps et surtout de la tête. Polyurie. Parésie des membres postérieurs, inappétence).
Le 10. Aggravation des symptômes de paralysie.
Le 11. Inertie complète. Amaigrissement notable. Cependant l’œil est encore vif et l'animal secoue légèrement la tête lorsque les mouches se promènent sur ses oreilles.
Le 12 matin, à 7 heures 1/2. On trouve l'animal mort et en état de raideur cadavérique. Le ventre est déjà gonflé par les gaz de la putréfaction commençante. |
La matière cérébrale de ces animaux fut inoculée à d’autres sujets suivant différents procédés et l’inoculation donna lieu à des syptômes identiques.
Le procédé de l'inoculation intraoculaire parait donner, au point de vue de la sécurité et de la rapidité de l'infection des résultats comparables à l'inoculalion sur le cerveau. Il pour-
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rait même être considéré comme lui étant supérieur parce qu'il ne détermine qu'un traumatisme insignifiant et en tous Cas bien moins grave que l’injection intracrânienne.
L'inoculation hypodermique sous les téguments qui recouvrent le crâne, faite avec la seringue de Pravaz, semble donner parfois, chez le cobaye et le rat tout au moins, une incubation de même durée que celle de l’inoculation intracrânienne, comme on le voit dans l’observation suivante.
EXxPÉRIENCE IV.
8 juin 1884 Trois cobayes sont inoculés l’un dans l’espace inter- . hémisphérique, les deux autres sous la peau de la tête avec de la matière cérébrale rabique. Cette substance provient d’une poule inoculée le 22 mai précédent, qui présenta au bout d’un mois des signes de paralysie grave, buérit et vit encore aujourd'hui (l'observation très curieuse de ce sujet est rapportée plus loin.)
Pendant huit jours on n’observe chez les animaux inoculés rien de spécial.
Le 16. Le cobaye inoculé par térébration tremble; un des deux cobayes qui ont reçu l'injection sous-cutanée a également du tremblement et de l'agitation; tous deux ont de la polyurie.
Le 17. La paralysie gagne les deux animaux signalés hier et le deuxième cobaye à l’injection sous-cutanée est également pris de tremblement.
Le 18. La paralysie progresse. Le cobaye inoculé par térébration est mourant.
Le 19. Le cobaye inoculé par térébration est trouvé mort (onzième jour), les deux autres deviennent de plus en plus paralysés surtout l'un. ;
Le 20. Un des deux cobayes restants (inoculation sous-cu‘anée) est mort (douzième jour).
Le dernier survivant résiste jusqu’au 23 (quinzième jour).
Nous avions déjà obtenu des résultats analogues sur des cobayes et des rats, mais sans inoculer comparativement le même virus à d’autres animaux de même espèce par voie de térébration. Nous nous contentons de citer l'expérience précédente, qui nous paraît caractéristique.
On sait, d’après certaines remarques faites depuis fort longtemps, que plus les morsures sont rapprochées de la tête, plus courte est la période d’incubation, ainsi que nous l'avons fait remarquer dans la note citée plus haut. Lorsqu'on inocule la rage par piqüre à la lancette ou dans des incisions faites avec tout autre instrument tranchant, le point choisi pour ce mode de contamination n’est pas indifférent, comme nous espérons le démontrer. Ainsi, chez certains animaux très susceptibles, où l'on voit l’incubation singulièrement raccourcie, par rapport à ce qu'on sait de sa durée habituelle chez l’homme ou le chien, la période qui sépare l’inoculation dujour où éclatentlesaccidents peut se prolonger considérablement. Dans l'expérience VII notée plus loin, cette période n’a pas eu une durée de moins de trois cent six jours, soit de plus de dix mois, chez une lapine inoculée à la lancette sur le côté droit de l'abdomen, près du membre postérieur correspondant.
L'insertion du virus sur les téguments céphaliques, tout en demeurant un procédé infidèle dans un certain nombre de cas, peut-être suivie cependant à bref délai, quand elle réussit, des accidents propres à la rage.
Nous citerons, pour preuve, parmi plusieurs faits que nous avons observés, les trois expériences suivantes.