EXPÉRIENCE V
Mort au seizième jour d'un cobaye inoculé à la lancette à la base de l'oreille (Sommaire).
19 juin. Inoculation d'un cobaye à la base de l'oreille droite avec cerveau du précédent mort le matin.
6 juillet. Mort après symptômes habituels.
ExPÉRIENCE VI.
Mort d'un cobaye inoculé sur la peau du crâne treize jours après l'inoculation,
10 janvier 1884. Un cobaye, inoculé le 27 décembre dernier, est avé mort ce matin, Une parcelle de son cerveau est délayée dans
de l’eau distillée et inoculée à un rat et à un cobaye suivant le procédé de térébration que j'ai indiqué. Un autre cobaye est inoculé à la lancette avec une parcelle de substance non délayée, L'inoculation est faite sur la tête.
Jusqu'au 21, rien de spécial.
Le 21. L'animal inoculé à la lancette est paralysé et tout mouillé (polyurie). Hier il parcourait continuellement sa cage.
Le 22. La paralysie s’accentue. Il est couché sur le flanc.
Le 23. Mort. Le rat et l’autre cobaye après avoir présenté des symptômes identiques sont morts le 20.
ExPÉRIENCE VII,
Mort le dix-huitième jour d'un cobaye inoculé à la lancette.
5 février. Un chien mort à l'infirmerie de M. Bourrel est apporté au laboratoire, l’autopsie est faite, et une parcelle du bulbe est inoculée à la lancette sur la tête d’un cobaye. :
Après avoir présenté des signes d’agitation pendant quelques jours, l'animal devient paralysé et meurt le 23, c’est-à-dire au bout de dixhuit jours.
Dans ce cas l’incubation a été relativement longue,
Dans les recherches qu'il a faites sur la rage, M. Galtier, professeur à l'Ecole vétérinaire de Lyon, a signalé le lapin comme un animal précieux pour l’étude de la rage, et ce savant expérimentateur ajoute que chez cet animal, l’incubation est fort abrégée. Nous pensons que les faits avancés par M. Galtier sont parfaitement exacts, mais à condition de pratiquer l’inoculation ou les inoculations sur la tête, les oreilles ou lenez, comme le fait M. Galtier. Si l'insertion virulente est faite dans une région du corps plus éloignée du cerveau, les symptômes morbides sont souvent précédés d’une longue incubation. C’est ce qui s’est présenté dans le cas auquel nous faisions allusion plus haut, et que nous rapportons ici en raison de son intérêt tout spécial.
ExrÉRIENCE VIII.
Incubation de 10 mois chez le lapin.
Le 14 février 1883, un fragment de bulbe provenant d’un chien mort de rage à l’infirmerie de M. Bourrel est inoculé, à l’aide de la lancette, sur la partie postérieure droite de l'abdomen d’une lapine adulte.
Cette lapine est mise seule dans une cage isolée.
Jusqu'au 10 décembre suivant, l’animal n’offritrien qui pût faire supposer qu'il fût malade. A cette date on s’aperçut qu'il mangeait moins et qu'un commencement de paralysie se manifestait. Voici les notes que je retrouve sur le livre d'observations :
10 décembre. La lapine n° 11 (c'était son numéro d'ordre), inoculée le 14 février dernier par les téguments de l'abdomen, avec le cerveau d'un chien de chez M. Bourrel, mange beaucoup moins depuis hier et a de la paraphlégie.
Le 11. La paraplégie s’accentue.
Du 12 au 16 même état s'aggravant.
Le 16, matin. On trouve la lapine n° 11 morte.
L’autopsie est pratiquée. L'examen du bulbe m'y fait reconnaître le micrococcus rabique, et un fragment de cet organe est mis en réserve dans l'appareil à glace pour être inoculé.
Le 26. Le bulbe de la lapine n° 11 est dilué, inoculé à deux rats et un cobaye, suivant le procédé de la térébration. Après avoir présenté les symptômes ordinaires propres à la rage, ces trois sujets meurent, les deux rats le 13, et le cobaye le 14 janvier suivant.
Il est difficile d'expliquer une si grande différence dans la durée de l’incubation suivant le siège de l’inoculation, même en admettant la théorie de M. le D' Duboué (de Pau), théorie de la propagation par la voie des nerfs. Ce fait nous paraît inexplicable, quant à présent.
Ce n’est pas seulement l'inoculation de la pulpe nerveuse sur les téguments crâniens qui peut donner une courte incubation ; l’inoculation de la salive, de la bave, paraît, dans certains cas, tout aussi virulente et ne ferait pas attendre plus longtemps la période syndromique, si l’on s'en rapporte au fait suivant.