V. — Charbon bactéridien de Daävaine ; VI. — Rage
(1). Melsens. C. R. Acad. des Se , 1870, t. LXX et LXXI.
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I. LEVURE DE BIÈRE. — Nous plaçons, en tête de cette liste, : la levure de bière qui n'est pas un virus proprement dit, parce que ce ferment est un prototype, et le plus anciennement connu peut-être. C'est en somme un microbe de grande taille et, sans entrer dans des considérations touchant les analogies existant entre les fermentations et les fièvres infectieuses on peut dire que si l'organisme dela levure de bière ne se déveluppe pas dans le sang des animaux, c’est qu'il n’y trouve pas les conditions favorables à sa pullulation. Claude Bernard a démontré que ces conditions pouvaient être réalisées en injectant une solution de sucre dans les veines d’un chien en même temps que la levure : l'animal meurt, et son cadavre présente tous les caractères anatomiques d’une maladie infectieuse. Chez un diabétique, l'inoculation de levure de bière aurait peut-être les mêmes conséquences qu’une inoculation septique grave. Ce serait une expérience à tenter si l’on disposait d'animaux atteints de glycosurie permanente.
Depuis 0° jusqu'à — 45° le froid prolongé pendant 5 heures n’a aucune action sur le ferment de la levure, ainsi que le prouvent les cultures ; après l'avoir refroidie jusqu’à ce degré si on ensemence la levure dans du bouillon sucré, stérilisé et porté dans l'étuve à une température de 30°, on constate au bout de vingt-quatre heures que le ferment s’est développé avec autant d'intensité que si on ne lui avait fait subir aucune opération.
IT, CHARBON syMPTOMATIQUE. — Nous avons introduit dans des tubes de verre un liquide provenant d'un cobaye mort après l’inoculation du virus de cette maladie. Ces tubes furent scellés à la lampe et comme dans expérience précédente, introduits dans une solution alcoolique dont la température fut abaissée comme précédemment.
Comme on n’a pu jusqu’aujourd'hui réussir à faire des cul-
tures artificielles de ce microbe, nous n’avons pu recourir à ce procédé pour reconnaître son état de vie ou de mort après la refrigération, mais nous avons pratiqué l'inoculation des liquides congelés à des cobayes qui moururent tous dans les délais ordinaires , en présentant dans leurs tissus les organismes du charbon’ à tumeur, dont la forme en battant de cioche est si caractéristique.
III. CHOLÉRA DES POULES. — Dans une première expérience nous avons constaté tout d’abord qu'une température de — 45° tuait l'élément figuré de ce virus. Après cette opération le virus ne Ccultivait plus et son inoculation en doses massives ne donnait aucun malaise aux poules sur qui on essayait ses effets.
En procédant graduellement en passant par — 42° — 40° — 38° — 37° de froid, nous avons pu constater que le choléra des poules perdait toute virulence et toute vitalité après avoir : été soumis pendant trois où quatre heures à une température de — 35°,
IV. VAGcIN JENNÉRIEN. — Les expériences que nous avons faites sur ce virus nous ont été facilitées par l’obligeance de: M. Chambon, le vaccinateur bien connu.
Le vaccin se développe chez la génisse avec autant d'énergie qu'à l’ordinaire, même après avoir été soumis pendant douze heures à une température basse initiale de — 45° remontant progressivement jusqu’à 0°,
La chaleur altère rapidement les liquides vaccinaux par le développement des vibrions et autres infiniment petits dans leur intérieur. Quelles que soient les précautions qu’on prenne pour recueillir ces liquides sur les pustules on récolte en même temps que le micrococcus de la vaccine une foule d'autres microbes qui détruisent les précédents et peuvent rendre le liquide plus ou moins septique. Nous sommes con-
vaineu que les éruptions cutanées qui succèdent à la vaccination n'ont pas d'autres causes, dans la plupart des cas, que l'inoculation de ces liquides altérés dont l'effet est d'introduire dans les humeurs en même temps que le microbe de la vaccine, d'autres organismes figurés qui s’y développent concurremment.
Le froid, au contraire, S’oppose à tout développement des organismes inférieurs sans détruire le principe du vaccin. Au lieu de conseiller de tenir ce liquide à l'abri du froid, comme le font quelques auteurs classiques, on dévra donc bien plutôt recommander ce moyen de le conserver presque indéfiniment,
V. CHARBON BACTÉRIDIEN DE DAVAINE. — Nos recherches ont porté sur le sang charbonneux et sur les cultures artificielles. Le sangnouvellementrecueilli paraît ne pas contenir de spores; au bout de quelques heures les cultures faites au contact de l'air pur en contiennent.
Nous ne sommes pas parvenu à détruire la vitalité des élé ments charbonneux par un froid de — 45° soutenu pendant plusieurs heures, que nous ayons agi soit sur du sang d'animal mort tout récemment du charbon, soit sur des liquides de culture renfermant des bâtonnets, comme ceux du sang, et des spores.
Mais, fait bien intéressant, bien que les filaments charbonneux se développent dans les liquides de culture lorsque le virus ensemencé a été soumis pendant plus de dix heures à la température initiale de — 45° remontant graduellement jusqu’à 0, on peut inoculer ce virus à haute dose à des lapins et des moutons, voire à des cobayes sans les tuer; et, en procédant méthodiquement, par des inoculations de liquides de moins en moins refroidis on peut déterminer chez ces animaux ce phénomène d’accoutumance, provoqué expérimen-
ER talement par M. Pasteur le premier, et qu’il a baptisé du nom de vaccination, pour rendre hommage à la découverte de Jenner.
Il ya plus de deux ans que nous avons pour la première fois constaté ce fait, comme pourrait l’attester au besoin un pli cacheté déposé par nous à cette époque à l’Académie des sciences. Nous n’insisterons pas davantage sur ces expériences nous les résumons ici pour prendre date et aussi pour montrer la filiation qui nous a conduit à expérimenter le froid sur le virus rabique.
Nos premières tentatives de réfrigération du virus rabique ont été faites, comme nous l'avons indiqué, dans la première note citée dans ce travail, et nous avons constaté qu’une température de — 35° et — 400 atténuait le virus dans des proportions assez notables,