‹ Recherches expérimentales sur la rage et sur son traitementChapitre 17 sur 48 · RE) PES · texte numérisé non relu

RE) PES

« Le cône, fermant hermétiquement l'orifice de communicalion du réfrigérateur, est mobile sur son axe (ce qui prévient les grippements) et aatéro-postérieurement pendant un espace de 0,008. Un ressort spiroïde, placé autour de la tige du cône obturateur (fig. 2), repousse le cône contre l’orifice avec une force susceptible d’être augmentée ou diminuée au moyen de la vis mise en mouvement par le volant.

« Cette disposition, comme le prouve l'expérience, permet d'obtenir à volonté tel degré de froid que l’on désire jusqu'à — 45° péndant un temps proportionnel à la quantité de gaz que contient l'appareil. On pourrait DR le même principe aux appareils continus.

« La gradualion du froid s'obtient en ouvrant plus ou moins lc robinet, ce qui permet à l'évaporation de se faire plus où moins rapide.

« De plus la température reste fixe, quand l'opérateur a réglé le robinet (ce qui s'obtient après quelques tâtonnements) par l'intermédiaire du ressort spiroïde tendant à appliquer le cône sur son ouverture.

«À un moment donné, une lutte s'établit entre le ressort et la tension du gaz, lutte qui est à l’avantage du gaz quand il s'échauffe, parce que sa tension augmente avec sa température, mais où le ressort reprend bientôt le dessus par suite du refroidissement du gaz causé par son évaporation plus rapide. En d’autres termes, la température du réfrigérant étant à — 10° par exemple, le ressort est tendu, au moyen dé la vis, de façon à faire équilibre à la pression du gaz et à ne permettre l'issue à celui-ci qu'avec la rapidité nécessaire. Si le dégagement se fait un peu trop lentement, le gaz s’échauffe, sa tension augmente et il surmonte plus facilement la pression du cône poussé par le ressort spiroïde. Cependant il ne peut continuer à se vaporiser avec plus de rapidité, car alors sa température baisse, sa tension diminue et le ressort, ne

EI trouvant qu’une résistance inférieure à son élasticité, maintient le cône appliqué sur l'orifice de sortie du gaz. Et ains de suite.

« Pendant la distillation du gaz, il y a toujours une petite quantité de vapeur d’eau entraînée dans le condensateur ; au moyen d’un tube muni d’un robinet ordinaire qu’on ouvre après épuisement du gaz liquéfié, l’eau entraînée est restituée à la chaudière (fig. 1).

« En ajoutant un robinet spécial au récipient contenant le gaz liquéfié, on peut recueillir l’'ammoniaque liquide et obtenir un froid de — 70° à — 80° dans le vide au-dessus de l'acide sulfurique.

« Après une seule séance de chauffage on peut obtenir du froid à plusieurs reprises, le robinet permettant d'arrêter l'évaporation du gaz au gré de l'opérateur.

: « Nous devons, avant de terminer, adresser tous nos remerciments à M. Abel Pifre, ingénieur à Paris, pour l’habileté dont il a fait preuve dans l'exécution de l'instrument qui vient d’être décrit.

« L'appareil que nous avons l'honneur de présenter à l’Académie nous a rendu de précieux services dans nos recherches sur les maladies infectieuses. Nous espérons qu'il pourra être utile pour les recherches de physiologie, de chimie, de physique, etc. C’est cet espoir qui nous engage à n’en pas garder plus longtemps le secret. »

Tel est l'appareil qui nous a servi dans nos expériences pour rechercher l'action du froid sur les virus, au triple point de vue de leur résistance à cet agent, de leur atténuation et aussi de leur conservation.

Quelques virus ont déjà été soumis à l’action du froid, notamment le virus du horse-pox où COW-pox, ou vaccin jennérien. Un autre ferment d’un autre ordre : la levure de bière

Paul Gibier, a

a été également l’objet de recherches dans ce sens, dues à: M. Melsens (1) qui a vu que ces organismes résistent'aux tem pératures les plus basses qu'on puisse produire. Les essais.

n’ont eu qu'une durée limitée, mais leur intérêt est grand. D’après ces expériences, on peut conjecturer de fait que la température de notre globe pourrait s’abaisser au point que la vie des mammifères ne serait plus possible (— 410° environ) et que les ferments n’en conserveraient pas moins toute leur vitalité, leur énergie et leur virulence.

. Les virus ne résisteraient cependant pas tous au froid. comme en témoignent nos expériencés : nous avons constaté: qu'un certain nombre d'organismes conservent toute leur vi-:

talité avec un froid capable de coaguler d’une façon transitoire l’albumine de l'œuf. D’autres microbes sont atténués,

c'est à-dire que l'énergie de leurs manifestations est moins.

grande, et ce fait prouve qu'ils ne sont pas loin d’être touchés

dans leur vitalité même, comme j'espère pouvoir m'en assu-:

rer avée un froid plus intense.

Enfin, il est probable qu’il existe un certain nombre de microbes dont la résistance au froid doit être limitée. Nous en

avons rencontré une espèce, ainsi qu’il ressort des expériences:

dont nous allons exposer brièvement les résultats.

Les virus ou ferments sur lesquels ont porté nos recherches.

sont les suivants :

[L — Levure de bière;

IL — Charbon symptomatique ;

[IL — Choléra des poules ;

Page 1