‹ Recherches expérimentales sur la rage et sur son traitementChapitre 25 sur 48 · LUN · texte numérisé non relu

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Ainsi nous avons inoeulé plusieurs animaux dans l'œil droit (voir les obs. F, II et Ill). Après la mort, nous avons constalé d'une façon constante que les microphytesétaient incomparablement plus nombreux dans le nerf optique droit el dans la partie correspondante du cerveau que du côté opposé.

Dans une autre expérience, le 9 avril 1884, nous avons,par ponction des os du crâne avec l'aiguille de Pravaz, inoculé une demi-goutte de virus dilué à cinq jeunes rats, et, au bout de six jours, nous en avons sacrifié un : l'examen de vingt-cinq préparations portant sur toute la masse cérébrale nous fit découvrir un nombre de micrococcus déjà notable, mais beaucoup moins grand que d'habitude.

Le septième jour, un autre sujet fut sacrifié, le nombre des éléments parasitaires s'était sensiblement accru.

Le huitième jour, les survivants étaient paralysés, l'examen démontra encore une augmentation du microbe sur les jours précédents.

Même résultat pour le rat sacrifié lé neuvième jour.

Le cinquième sujet, qui mourut spontanément le onzième jours avait vingt fois plus de microbes que le premier sacrifié au bout de six jours.

Cette expérience nous semble tout à fait concluante.

Les granulations rabiques contenues dans le liquide céphalo-rachidien sont, en général, beaucoup plus rares que dans les points du système nerveux cérébro-spinal qui en contiennent le moins. Cependant, dans quelques Cas, nous en avons trouvé en certaine abondance ; peut-être provenaientelles du suintement qui s'opère après la coupe nécessaire pour mettre les ventricules à découvert? Ce liquide œdémateux, parfois assez abondant dans les cerveaux rabiques, se mélange avec le liquide ventriculaire auquel il apporte alors une quantité plus ou moins grande de microbes. Là se trouve sans doute l'explication de leur présence dans le liquide des cavités ventriculaires.

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Lorsqu'on procède à l'examen du cerveau d'animaux dont la masse cérébrale est plus importante, il est préférable d'en broyer dans un verre plusieurs fragments pris sur différents points du Cerveau et du bulbe. Après avoir mélangé cette substance avec trois fois son volume d’eau distillée on décante dans une éprouvette pour abandonner les débris volumineux, puis on plonge l’éprouvette dans la glace pour empêcher tout commencement de fermentation; au bout d’une heure, on prend, à l’aide d'une pipette, une goutte du liquide au fond de léprouvette et on examine.

Les recherches que nous avons faites sur la bave ne nous ontpas donné tout d'abord des résultats bien satisfaisants. La salive recueillie sui: plusieurs chiens et chats enragés ne différait guère de la salive des chiens et chats sains. Toutes deux renfermaient des éléments variés : micrococei, bacilles en 8, bâtonnets mobiles et immobiles, granulations abondantes, les unes réfringentes, les autres pâles. Nous avons modifié notre manière de recueillir la bave, et nous en avons provoqué la sécrétion. Nous avons pris un chat sain à jeun et, après lui avoir lavé la bouche au moyen W'irrigations d’eau distillée bouillie et filtrée, nous lui avons pratiqué une injection souscutanée d’une solution de À centigramme de pilocarpine. La salivation ne tarda pas à se produire ; nous laissâmes couler les premières parties de la salive, et nous recueillimes quelques centimètres cubes de celle qui suivit.

L'éprouvette contenant cette salive fut plongée dans le récipient de l'appareil à glace, réglé à 0°, pendant deux heures, pour laisser déposer les éléments figurés au fond du liquide. Au bout de ce temps, une goutte dn dépôt fut puisée au moyen d'une pipette et examinée au microscope (oc. 1, obj. 15 Verick). Cet examen nous fit constater la présence de quelques cellules d’épithélium, d’un certain nombre de grosses cellules granuleuses, de cellules plus petites, du volume des micro-

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cocci, mais ne présentant pas la réfringence remarquable de ceux de la rage, et animées de mouvements browniens.

Le 27 décembre 1883, nous fimes une observation semblable sur un chat inoculé de la rage le 19 du même mois. II avait déjà un commencement .de paralysie et ne mangeail presque plus.

L'examen microscopique, précédé des mêmes préliminaires que dans l'expérience première, nous fit reconnaitre les mêmes éléments que dans la salive saine, plus quelques petits cristaux rhomboédriques allongés, légèrement teintés, que nous nous contenterons de signaler en passant. Enfin, on pouvait reconnaitre une quantité assez notable de beaux microphytes brillants, en tout semblables à ceux de la substance cérébrale, mais accompagnés de micrococcus semblables, de volume beaucoup plus faible, fixés sur les précédents ou libres.

L'inoculation dermique de cette salive à un cobaye lui communiqua la rage (v. l’obs. IX).

Bien entendu, dans cette expérience, nous nous étions entouré de toutes les précautions nécessitées par une entreprise aussi périlleuse, Le chat avait été comprimé entre les deux grilles d’une cage de sûreté, construite dans ce but, sur nos indications. Nous nous étions recouvert le visage et les mains pour lui injecter de l’eau dans la bouche. Néanmoins, l'animal rendu plus furieux par ces manœuvres poussait des cris épouvantables, et, au moment où nous lui faisions l'injection souscutanée à l’une des pattes antérieures, il réussit, avec sapatte restée libre, à nous donner sur la partie palmaire du poignet un coup de griffe d'où résulta une légère entaille que nous nous empressâämes de cautériser avec une solution alcoolique saturée de bichlorure mercurique. Cette cautérisation n’était pas inutile, car la bave s’écoulait sur les pattes, sur le fond de la cage, et les griffes de l'animal en étaient imprégnées.

Nous pensons que l'exposé des faits qui précèdent suffira à

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fixer l'opinion au sujet du microbe de la rage. S'il pouvait encore rester un doute dans l'esprit, il serait facile, avec le procédé que nous indiquons, de contrôler notre description et de constater l'exactitude de nos observations.

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