‹ Recherches expérimentales sur la rage et sur son traitementChapitre 3 sur 48 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Étudier les maladies, en chercher expérimentalement le remède, tel a été l’objectif que nous avons toujours eu en vue.

Pendant notre internat dans les hôpitaux de Paris, nous aurions pu facilement trouver un sujet clinique sur lequel nous aurions écrit une thèse. N’écoutant que nos tendances naturelles nous avons préféré prendre pour sujet un point de pathologie expérimentale et comparée que nous avons plus spécialement étudié.

Nous étions du reste bien placé pour nous livrer à cette étude :

Aide-naturaliste à la chaire de pathologie comparée du Muséum depuis trois ans, nous avons puisé dans l’enseignement de l’éminent titulaire de la chaire, notre cher maître le professeur Bouley, un enthousiasme contagieux pour les nou-

velles méthodes, en même temps que nous trouvions dans l'homme dont nous avons l'honneur d’être le lieutenant, une bienveillance inépuisable et un appui clairvoyant dans les conseils de chaque jour.

Cette situation favorisée explique comment nous avons choisi un sujet de médecine expérimentale plutôt qu’une étude clinique. Non pas que nous ne trouvions très intéressant ce dernier genre de recherche, mais nous nous sentions plus tenté par le genre précédent — c’est une question de tempérament. — Si l'observation attend l’occasion, l'expérience la fait souvent naître. Aucun des deux procédés d’investigation n’est négligeable.

L'homme est trop faible, trop petit (tout grand qu'il est) et les causes de sa ruine sont trop nombreuses et trop formidables pour qu’il ait le droit de négliger aucun des moyens dont il peut disposer pour lutter contre les fléaux qui l’assaillent.

Il est indispensable que l'union des aptitudes se fasse pour que la plus grande somme de progrès soit accomplie dans un temps donné. C’est le principe de la division du travail.

Dans l’expérimentation comme, du reste, dans la clinique le travailleur a souvent à surmonter de grands dangers et ce qui est peut-être plus pénible de grandes répugnances.

Il est souvent nécessaire de se souvenir du but visé pour ne pas se laisser décourager au début du labeur. Et puis n’avonsnous pas l'exemple que nous ont laissé les aïeux dans la science ? Quand une tâche pénible se présente à remplir, ne pouvons-nous pas nous réconforter par le souvenir de ces nobles paroles de Lavoisier :

« L’ulilité publique et l'intérêt de l'humanité ennoblissent le travail le plus rebutant, et ne laissent voir aux hommes éclairés que le zèle avec lequel il a fallu surmonter le dégoût et les obstacles. » (C. r. de l’Ac. des sc.)

Page 1