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LA RAGE DES MAMMIFÈRES ET DES OISEAUX

Notre intention n’est pas de faire l’historique de la rage : il est écrit partout. Notre but est de faire connaître ce que nous ont revélé nos propres expériences.

Cependant nous ne pouvons, sans manquer à la justice, nous dispenser de dire quelques mots des principales recherches relatives à cette maladie et de leurs auteurs.

De nombreuses tentatives ont été faites pour trouver le remède spécifique par des médecins, des vétérinaires et des empiriques, nous ne nous y arrêterons pas. Nous ne parlerons pas non plus des inoculations multipliées faites avec différents liquides provenant d’animaux rabiques d'espèces également différentes et dont les résultats ont été Souvent contradictoires. Toutes cesrecherches sont longuement et savammentexposées dans différents travaux sur la matière et en particulier dans les articles du Dictionnaire encyclopédique dû à la plume élégante de mon cher maître le professeur Bouley, pour la partie traitant de la rage animale, et du professeur Brouardel pour la rage humaine. Mon savant collègue Doléris vient également d'exposer les faits les plus récents dans le Nouveau Dictionnairé de médecine et de chirurgie pratiques.

On peut dire que l'étude de la rage est entrée dans une voie nouvelle depuis les travaux dé M. Pasteur (1) dont l’un des

() Au hom de M. Pasteur, dans 8es recherches sur là rage, on doit unir ceux de MM. Chamberland, Roux et Thuilier. Il est bien entendu que lorsque nous parlerons de M. Pasteur, le nom de ses collaborateurs sera implicitement associé au sien.

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principaux titres, en l'espèce, est d’avoir montré que la virulence siège constamment dans le bulbe..et que la rage peut être transmise à coup sûr et dans des délais presque invariables par l'inoculation de ia matière cérébrale diluée, sur la surface même du cerveau. Nous ne parlerons pas des recherches récentes sur Patténuation du virus rabique, par le même auteur, cette partie de la question étant encore à l'étude.

. Un médecin distingué, M. le D'Duboué (de Pau), a émis cette hypothèse que la virulence siège uniquement dans le système nerveux et que l’inoculation une fois faite la propagation de la virulence se fait par les cordons nerveux jusqu'à la moelle et le bulbe.

M. Duboué s'est-il inspiré d’une expérience fameuse, faite par Rossi (de Turin), à la fin du dernier siècle, dans laquelle on voit la rage transmise par l'insertion sous-cutanée d’un tronçon du nerf crural excisé sur un chat enragé? Rossi, ainsi que le prouvent ses travaux (1); considère le système nerveux comme étant le siège de la rage.

En présence du langage si fermement convaincu de M. Duboué, ilest permis de regretter que cet auteur n’ait pas cru devoir aller jusqu’au bout et, appuyant sa théorie par l’expérimentation, qu’il n'ait pas été chercher le principe virulent là où avec une sagacité d’intuition qui fait honneur à son esprit il affirmait qu'il existe.

M. Pasteur, armé dela méthode expérimentale, a démontré que la virulence de la rage existe toujours dans le système nerveux central où se développe principalement l'agent vivant de la maladie. |

Lorsque l'illustre savantfit part au monde scientifique de ses premières découvertes sur la rage, nous nous préparions par l'étude aux recherches qui font l’objet de ce travail. Nous

(1) V. Boll. delle Acad. delle scienz. di Torino, 1792-1800.

ne nous laissâmes pas décourager par le fait que la question se trouvait en si puissantes mains et nous pensâmes que, si belle que füt la moisson, il resterait encore à glaner.

Avant d'entrer dans notre sujet nous demanderons qu’on veuille bien remarquer la suite dans laquelle nos travaux sur les maladies virulentes se sont succédé.

Après avoir fait des études réfléchies pendant deux années sur les maladies infectieuses de nature vénérienne, et sur les affections à déterminations cutanées, nous avons publié en 1881 (1) un travail où il est démontré que la fièvre pemphigoide de l’homme ou pemphigus aigu est due à un parasite de l'ordre des microcoques.

Microbe du pemphigus.

L'année suivante nous avons présenté à l’Académie des sciences (2) une collection de préparations histologiques démontrant que les animaux à sang froid contractent certaines maladies virulentes, et notamment le charbon, à condition de les rapprocher de l’état thermique des mammifères en élevant leur température.

(1) Société de biologie et Annales de dermatologie et de syphiligraphie, 1881.

(2) Bull. de l’Acad. des se., 1882.

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Sang de grenouille morte après avoir été inoculée du charbon et plongée dans de l'eau à 350,

Enfin nous avons abordé l'étude de la rage, maladie sur laquelle nous avions déjà écrit en 1881 (1), et, le 11 juin 1883, nous présentions à l’Académie des sciences une note que nous allons reproduire ici, pour en développer ensuite certaines parties, ainsi que les expériences qui s’y rattachent.

(1) Union méd. et Recueil de méd. vétér., 1881.

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