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est plus courte, notamment pour les rats et les souris qu’il suffit d’inoculer avec l'aiguille ordinaire, pour laquelle les os du crâne de ces petits animaux offrent une très faible résistance.
«2° Transmissibilité de la rage par hérédité. — Cette affection, d’après mes observations, paraît être transmissible de la mère au fœtus. La rage n'échappe donc pas à la loi de pathologie générale qui régit les maladies infectieuses. Si elle siège plus particulièrement dans l’axe cérébro-spinal, si ses symptômes sont surtout nerveux, elle n’en est pas moins une maladie de toute la substance. Voici deux faits à l'appui : dans le premier, il s'agit d’une lapine pleine qui mourut dix-sept jours après l’inoculation; deux jours avant de mourir, elle avait mis bas plusieurs petits qui furent allaités par une autre mère. Au bout d’un mois, ces petits lapins moururent avec des accidents convulsifs.
« Dans un autre cas, encore plus caractéristique, j’ai pratiqué à deux lapins l'injection intracrânienne de matière cérébrale provenant de fœtus trouvés à l’autopsie d’une lapine morte le dix-huitième jour après l’inoculation et qui avait été couverte le jour même de l'opération. Quarante jours après seulement, les deux animaux inoculés succombèrent à quelques heures d'intervalle.
« 3° Valeur de la présence des corps étrangers dans l'estomac des chiens au point de vue du diagnostic de la rage. — Cette valeur est toute relative. J'ai trouvé, dans plusieurs autopsies, du foin, de la paille et des débris de bois chez des jeunes chiens dont l'intestin grêle était bourré de tænias. L'injection de la matière cérébrale de ces chiens ne donna lieu à aucun résultat. Enfin nous avons, dans le laboratoire de pathologie comparée du Muséum d'histoire naturelle, dirigé par
mon illustre maître, M. le professeur Bouley, de l’Institut, un jeune chien qui, malgré une nourriture abondante, mange, depuis quatre mois que je l’observe, des débris de bois, de paille, ete. Lorsqu'on provoque le vomissement chez ce chien, il rend parfois des quantités considérables de ces corps étrangers. On ne doit donc pas accorder à ce signe plus de valeur qu’il n’en a réellement.
« 4° Atténuation du virus rabique.—Tout récemment j'ai eu l'honneur de présenter à l’Académie des sciences un appareil frigorigène à température graduée, et, dans ma communication, j'ai fait allusion à certaines expériences, sur les matières virulentes, que j'avais faites au moyen de cet appareil.
« Je crois pouvoir affirmer aujourd’hui, en m’appuyant sur des expériences nombreuses, que je répète depuis un an, qu'un certain nombre de virus peuvent être atténués par le froid, et notamment le virus rabique.
« Je me contenterai d'indiquer les résultats suivants : Le froid à 0°, —5°, —410°, —45°, — 20°, —25°, —30°, même prolongé pendant plusieurs heures, ne paraît exercer aucune action sur le virus de la rage. Mais, si l’on soumet à — 35° pendant huit heures de la matière virulénte rabique, les animaux inoculés ne meurent pas tous.
« Si l’on porte à —40° ou —43° cette même matière rabique, les animaux inoculés (chiens et lapins) résistent, et, après avoir présenté un peu de malaise pendant quelques jours, ils se rétablissent. Je n'ai pas eu le temps de constater si cette inoculation confère l’immunité contre la rage.
« D° Le parasite de la rage. — La rage étant une maladie contagieuse, on pouvait croire qu’elle est causée par un microbe, mais celui-ci n’a pas encore été, que je sache, mis en évidence ni décrit.
« Voici le résumé de mes recherches sur ce point. Lorsqu'on
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examine le liquide céphalo-rachidien d’un animal qui vient de succomber à la rage, on voit, à l’aide d’un grossissement de 5 à 600 diamètres, des organismes mobiles en forme de granulations d’un caractère tout spécial. Ces granulations, en général peu abondantes dans le liquide ventriculaire, sont souvent reliées deux à deux et unies par un filament plus ou moins long et très mince à sa partie moyenne. Lorsque les granulations sont isolées, quelques-unes d’entre elles paraissent munies d’un cil. Cette disposition est sans doute due à la rupture du filament. La granulation munie de cet appendice est légèrement mobile et présente la forme d’un clou dont la tête serait arrondie et la pointe courte et fine. Dans le plus grand nombre de ces organismes l'œil ne perçoit que la granulation. Cette disposition se retrouve dans la substance cérébrale, où ces éléments peuvent être mis en évidence au moyen de certains réactifs histochimiques colorants, sur des coupes très fines du bulbe, par exemple. Le volume de ces éléments, que nous n'avons jamais rencontrés chez des anil maux sains, en nous plaçant dans des conditions identiques, peut être évalué au vingtième d’un globule rouge, soit à peu près un demi-millième de millimètre.
« La certitude scientifique nous manque pour affirme rqu'i s'agit là du microbe de la rage puisque nous ne l'avons pas encore isolé et cultivé; mais nous pensons que la présence constante de cet élément figuré chez les animaux morts de rage constitue une grande probabilité et mérite d’être prise en considération. »
Il est, dans la note que l’on vient de lire, un certain nombre de points sur lesquels nous ne voulons pas revenir parce qu'il suffit de les avoir énoncés ; il seraït inutile d'en détailler les observations. Nous ne dirons rien de plus, par exemple, sur la valeur de la présence des corps étrangers dans l'estomac des chiens, au point de vue du diagnostic de la rage.
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Notre intention n’est pas de diminuer la valeur sémiologique de ce symptôme, nous avons voulu signaler un fait pouvant se produire en dehors de l'état rabique, mais qui n’en reste pas moins d’une grande valeur quand il est associé avec d’autres symptômes pouvant faire soupçonner la rage.