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En ce qui concerne la technique d’expérimentation, signalons que les tests ont été appliqués aux enfants aux heures de classe et dans les salles de classe habituelles, sauf à l’école primaire supérieure, où les enfants furent réunis spécialement pendant une heure d’étude, afin de subir les tests.
La prise d’épreuve fut toujours opérée par des travailleurs du laboratoire de psychologie appliquée de l'Ecole Pratique des Hautes-Etudes, et, sauf exception, en présence du professeur de classe ou de l’instituteur. …
Chaque opérateur était muni d'instructions écrites dont il avait eu connaissance à l'avance, et comprenant notamment une « présentation » verbale de l’épreuve aux enfants avec quelques recommandations ; rien n’était laissé ainsi à la fantaisie de l’opérateur. Ces instructions étaient identiques pour tous les groupes d'enfants d’un même genre d’enseignement.
Des circonstances particulières ainsi que les observations faites et l’expérience acquise au cours de recherches s'étendant sur plusieurs années ont amené quelques variantes dans la forme de ces présentations.
Dans les écoles communales, on usait d’une formule simple et brève : « Vous allez tout à l'heure faire un exercice comme vous n’en avez probablement jamais fait. Nous vous demandons de travailler de votre mieux et de ne pas chercher à copier sur vos camarades, ce qui, dans cet exercice, ne vous servirait à rien, et risquerait, au contraire, de vous nuire gravement.
« Ne touchez pas, avant que je vous le dise, aux cahiers que l’on va vous distribuer. »
Les cahiers distribués et après avoir fait inscrire leurs noms aux élèves, l'opérateur ajoutait :
« Tournez la page et lisez avec moi ce qui y est écrit. »
Après avoir lu à haute voix les instructions portées sur la première page du cahier, l'opérateur ajoutait :
« Vous avez une heure pour faire ce travail. Quand l’un de vous aura fini, il lèvera la main pour m'avertir et passera aussitôt à l’exercice suivant. »
(Cette dernière consigne se rapportait à un exercice quelconque, sans intérêt psychologique, dit de « blocage » et destiné uniquement à occuper les enfants ayant terminé leur travail en avance, et à les faire rester tranquilles à leur place jusqu’à la fin de l'épreuve. Mais on s’aperçut que ce système entrainait quelques perturbations : il arrivait que des sujets commencçaient par faire le « blocage ». D’autres, impressionnés par cette
une
seconde épreuve, bâclaient le test pour aborder le blocage ensuite, afin de le faire jusqu’au bout. Aussi prit-on très vite le parti de ne pas distribuer les « blocages » d’avance).
Cette « présentation » fut utilisée par nous dans les classes secondaires de 6° et de 5°, et les 1" et 2° années de l’école primaire supérieure. Mais, pour les classes supérieures, nous avions mis au point une présentation moins sèche, et de nature à éviter mieux, pensions-nous, chez ces adolescents plus volontiers frondeurs et susceptibles que leurs cadets, des réactions affectives qui leur auraient fait faire leur travail avec négligence et mauaise volonté ou, au contraire, les auraient poussés à rechercher des tricheries possibles :
« Le travail qui vous est demandé aujourd’hui n’est pas un examen officiel ; il est destiné à permettre au laboratoire de psychologie qui a organisé ces épreuves de se rendre compte de vos capacités, en dehors de ce que vous avez appris. Cette recherche permettra de donner plus tard aux lycéens (peut-être déjà à vous-mêmes qui êtes ici) des conseils utiles pour leur avenir et l’orientation de leurs études.
« Le travail que nous vous demandons est donc, de votre part, une collaboration à une recherche scientifique entreprise pour le bien de tous.
« C’est dans cet esprit que nous demandons à chacun d’entre vous toute son application pour résoudre avec justesse les petits problèmes d’un genre particulier qui vous seront posés. Nous vous faisons confiance pour ne pas fausser les résultats de cette expérience en dérangeant vos voisins, en « soufflant >» ou en essayant de regarder leurs cahiers.
« Vous ne feriez d’ailleurs pas qu’introduire des erreurs dans l'expérience ; vous risqueriez de vous porter tort à vous-mêmes, si l’on devait quelque jour se baser sur ces résultats pour vous conseiller dans vos études.
« On va vous distribuer des cahiers : je vous prie de ne pas les ouvrir avant que je vous le dise. »
Les cahiers distribués et les instructions portées par la première page du test lues comme précédemment, l'opérateur ajoutait :
« Vous n’avez que trois-quarts d'heure pour faire ce travail ; ne vous attardez donc pas trop longtemps sur les questions qui vous paraissent trop difficiles. Ne vous étonnez pas qu'il manque certaines pages à vos cahiers : on les a enlevées exprès. Mainte-
HD
nant : Attention. Tournez la page et travaillez sans vous arrêter, jusqu’au bout. »
Ces dernières instructions s'expliquent par des conditions pratiques d'expérience qu'il n’était pas en notre pouvoir de changer : le temps nécessaire pour achever l’épreuve, varie, suivant les sujets, entre 35 minutes et une heure, et quelques élèves n’achèvent même le test qu’en une heure 1/4. Or, nous ne disposions, dans les lycées de Paris, que des 55 minutes de la durée normale d’une classe, réduite à 45 par le temps de s'installer, de distribuer les cahiers et de donner les instructions ; nous avons done supprimé du test deux pages (17 questions) dont la moindre validité avait été reconnue à la suite d'expériences antérieures. Pour rendre une comparaison possible, nous avons refait entièrement le compte des points des élèves des écoles communales, en supprimant ceux affectés à ces questions dans chaque cahier. Il nous est apparu que les valeurs des tendances centrales, du fait de cette correction, étaient ramenées à 0,81 des chiffres primitifs, avec des variations négligeables.
Enfin, une correction dut intervenir dans nos résultats du lycée parisien : les résultats d’une classe furent faussés par un incident au cours de l’épreuve, et une autre classe ne put être testée ; nous avons admis que les résultats y auraient été les mêmes que dans les classes parallèles qui avaient été soumises au test.
Nous avons donc compté deux fois chaque sujet de ces classes parallèles pour l'établissement des polygones de fréquence et des ogives de Galton, et par conséquent, pour les calculs statistiques comme ceux qui conduisent à déterminer des médians et des écarts-types de dispersion.
2° Test, travail scolaire, Baccalauréat Quelques corrélations
La Validité d’un test n’est pas tant à considérer en elle-même et en fonction du coefficient qui l’exprime, que par comparaison avec la validité des autres procédés usités, ou susceptibles de l’être, dans le même but de classement et de sélection. Ce sont donc ces autres procédés, dont la validité nous intéresse en première ligne, afin que celle-ci puisse servir de point de comparaison.