‹ Recherches Expérimentales Sur La Sélection Des Élèves De L'Enseignement SecondaireChapitre 34 sur 48 · UE · texte numérisé non relu

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Telle est l'expression du rapport entre le nombre de sujets ayant la note correspondant à l’abscisse x dans les deux classes.

Appliquons, à titre d'exemple, les valeurs numériques que nous donnent nos résultats pour les boursiers de 6° et de 5°. Nous avons : a — 2,8 et les dispersions 6 — 6,6 et s — 6,4 soit, en moyenne 6,5. Le calcul donne alors, pour la note correspondant à la moyenne arithmétique des élèves de 6° :

C'est-à-dire que, pour onze boursiers de 6° ayant la note 42, il y en a dix en 5° qui ont la même note. Il ÿ en aurait autant, à peurprès, en 7°.

La RAP 2

De fait, nous avons, parmi nos 32 boursiers de 6° et nos 25 boursiers de 5° :

Pour la note 42 : un en 6° et deux en 5°.

Pour l’ensemble des notes 41, 42, 43 : cinq en 6° et quatre en 5e

Pour les notes de 40 à 44 : douze en 6‘ et cinq en 5°.

De tels résultats constituent une base bien fragile pour décider que « Pierre Durand », parce qu’il a 42 bonnes réponses, « doit » être en 6°! Cela tient à la grande dispersion des groupes, conséquence elle-même de la faiblesse de la corrélation entre l'épreuve des bourses et le test. Nous n'avons pas pu avoir les éléments pour la calculer, mais les coefficients que nous avons trouvés pour le baccalauréat peuvent en donner une idée.

Un élève quelconque a les meilleures chances (11 contre 10) d’être mieux en 6° qu’en 5°, mais cela peut n’être plus vrai du tout pour Durand spécialement considéré, aussi ne nous tiendrons-nous pas pour satisfait par ce résultat statistique, eu égard au problème qui se pose à nous au sujet de cet enfantlà (1). Si nous nous proposons, en effet, de chercher une sélection améliorée, c’est que nous ne nous satisfaisons pas de consta-

tations d'ensemble qui peuvent justifier, à la rigueur, n’importe ‘quelle sélection naturelle ou sociale par la naissance, la fortune, etc. et que la vue de tels et tels individus mal placés nous choque comme l’indice d’une défectuosité du mode de sélection.

Nous ne serions satisfaits pleinement que si nous possédions un test dont la valeur pronostique fût parfaite, celle-ci dépendant, à son tour, de sa constance et de sa validité.

Pour ce qui est de la constance, il nous faut revenir sur les 17 cas d’écoliers ayant passé deux fois le test, qui nous ont permis de donner, pour la constance du test d'intelligence logique, un chiffre de 0,43 (d’ailleurs très grossièrement approximatif avec un si petit nombre de sujets).

Dans l'intervalle de deux ans ayant séparé les deux épreuves :

1 a reculé de 17 points : c’est un hydrocéphale, instable et débile intellectuel.

(1) Qu'on ne nous objects pas le « parti-pris individualiste » que notre argumentation semble impliquer. Si la première chose désirable pour la bonne marche de l’enseignement et le bon ordre social est que <« la plupart » des individus soient à leur place, il serait exagéré de prétendre que la bonne marche d’une classe n’est pas influencée par” la présence ou l’absence de Pierre Durand, trop fort ou trop faible, et qu’il est indifférent à la société que le même Pierre Durand devienne « raté ». Pour ce qui est des réserves à faire sur l’utilisation des tests collectifs, nous renvoyons à la critique très impartiale de DEcroLy et Buvse : € La pratique des tests mentaux », p. 179 à 184.

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3 sont restés à peu près stationnaires, dont un hypothyroïdien, un affligé d’un bec de lièvre et souffrant d’entérite chronique, le troisième, émotif et instable (dont le père est mort de delirium tremens) et atteint d’adénopathie trachéo-bronchique.

6 ont progressé d’une façon anormale (de 11 à 16 points) ; parmi ceux-là, 5 portent dans leur fiche médicale la mention « puberté précoce ». La fiche médicale du sixième a été égarée.

5 ont progressé normalement et ne présentent rien de particulier dans leur fiche médicale.

2 enfin présentent une progression tout à fait démesurée du fait que, lors de la première épreuve, ils avaient été totalement incapables de comprendre les consignes du test. L’un était un débile mental, envoyé depuis dans une école de perfectionnement ; l’autre, un pervers instinctif qui avait déjà à son actif un incendie volontaire et de nombreux vols.

Notons tout particulièrement l'influence marquée de la puberté ; les sujets devenus pubères dans l'intervalle de deux épreuves ont fait un véritable « bond en avant ».

En somme, à âge égal, pubèrés et impubères ne sont pas comparables et on est exposé aux plus graves erreurs de pronostic en ne tenant pas compte de ce fait, car la précocité pubertaire ne semble aucunement corrélative de la supériorité intellectuelle à l’âge adulte.

Les études comparatives de la courbe du développement intellectuel chez les filles et chez les garçons confirment également l'accélération du développement à l’âge de la puberté.

En ce qui concerne les garçons, chez qui l'achèvement de la puberté coïncide avec celui de la croissance, il y a, au même moment, en quelque sorte, un « sprint » final de la course à l'intelligence ; ce n’est pas nécessairement celui qui a « démarré » le premier qui arrivera le premier au poteau. Il faut être extrêmement réservé dans le jugement que l’où porte sur un garçon entre 15 et 17 ans. Or, c’est dans cet intervalle que se prépare et se passe cette première partie du baccalauréat qui décide de tout l’avenir d’un lycéen : on ne pouvait pas choisir plus mauvais moment pour opérer la sélection des futurs « dirigeants de la société ».

Indépendamment de cette accélération temporaire normale du développement intellectuel, il se présente aussi des brisures accidentelles dans son rythme : on sait, aujourd’hui, de quelle ampleur sont les variations de l'intelligence, en fonction notamment de l’état du système endocrinien du sujet, mais aussi en

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fonction de son état général. La baisse du rendement scolaire au moment d’une crise de croissance (peut-être consécutive à la fatigabilité plus qu’à l’affaiblissement intellectuel) est un fait banal et bien connu des éducateurs. Le surmenage a le même effet et certains expérimentateurs n’ont pas hésité à prendre comme mesure de la fatigabilité, l’abaissement du résultat d’un test d'intelligence. Inversement, un traitement médical approprié peut amener une accélération notable du développement intellectuel, limité bien souvent, il faut en convenir, à la durée du traitement, mais qui, parfois aussi, donne des résultats durables et définitifs.

Nous avons été témoin d’un développement intellectuel soudain chez un garçon de 15 ans. Il nous avait été amené avec un certificat médical d’ « imbécillité profonde et incurable » (sic), ce qui était une exagération ; en fait, il nous apparut comme un débile intellectuel simple, sans troubles de caractère autres qu’une certaine puérilité d'humeur qui le faisait pleurer de rage quand ses camarades le taquinaient. De taille petite, en bon état de santé générale, il présentait un certain nombre de « signes de dégénérescence », dents gravement cariées, prognatisme accentué donnant, avec l’effacement du menton, un bas de visage simiesque avec lequel contrastait un regard vif et une expression en général souriante et affectueuse qui répondait à son caractère. Une pigmentation très bronzée ajoutait à cela un trait mongolien. Sur notre insistance, le médecin essaya d’un traitement à base d’extrait thyroïdien (qui ne donna aucun résultat apparent), puis d’injections de cacodylate ; avant que la première série de dix piqûres fût achevée, les progrès scolaires, surtout en mathématiques, stupéfièrent les professeurs, et le garçon témoignait de sa joie de comprendre soudain des mystères sur lesquels s’épuisait depuis des mois sa méritoire mais vaine bonne volonté. Les progrès n’ont pas été très loin, d’autant plus que le traitement ne fut pas poursuivi, mais il n’y a pas eu de retour en arrière ; aujourd’hui, ce jeune homme remplit convenablement, dans une colonie dont il est originaire, un poste de fonctionnaire, subalterne sans doute, mais non sans responsabilité ; nous avons lu de lui, il y a quelques années, une lettre dont la pensée, comme le style, ne sont pas, à beaucoup près, d’un débile mental.

On observe également des accélérations ou des ralentissements du développement qu'aucune intervention médicale n’a provoqués et en relation vraisemblable avec des modifications dans l’état physiologique du sujet.

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Les tests que nous appliquons aux enfants ne peuvent pas ne pas être « plus ou moins » des tests « de développement ». Leur emploi implique nécessairement un postulat qui fait préjuger de l’avenir de l’enfant d’après sa précocité ; si l’on ne considère que les « moyennes », ce postulat paraît, en effet, justifié ; dans le détail, si l’on examine les sujets un à un, on trouve bien des exceptions : sous l’influence de causes multiples, tant externes qu'internes, il arrive que le développement d’un enfant, d’abord très rapide, se trouve ensuite notablement ralenti et s'arrête (avec une puberté précoce, par exemple, cas qui a été observé par nombre de missionnaires et instituteurs en Afrique) à un âge moins avancé que la moyenne.

Inversement, un enfant dont le développement a été retardé tout d’abord pour des causes quelconques, si ces causes disparaissent un jour, reprend à ce moment un rythme de développement normal qui efface peu à peu son retard antérieur et inflige un démenti formel au pronostic défavorable qui avait pu être fait à son sujet (1).

Tels sont les facteurs de perturbation qui abaiïissent nécessairement la constance de n’importe quel test et dont on doit tenir compe dans la pratique de la sélection.

De même, une validité parfaite est également irréalisable : une personnalité humaine est un complexe innombrable, rebelle, au moins dans l’état de nos connaissances, à tout dénombrement intégral, à toute analyse complète ; d’autre part, ses éléments s’associent suivant des modalités extrêmement variées et changeantes, forment, au sein même de l’ensemble, des synthèses partielles ayant leurs caractères propres, distincts de ceux de leurs constituants.

Aucun profil psychologique ne peut prétendre à être un portrait ; aucun test global ne peut obliger un sujet à s’y manifester vraiment tout entier et dans toutes les attitudes mentales qu’il peut prendre en présence des diverses contingences de la vie (même de la vie scolaire, à ne considérer que celle-là).

Est-il même toujours possible de « tester », de faire apparaître en grandeurs mesurables, tels éléments de la constitution du sujet qui pourront être plus tard d'importants facteurs de réussite ou d’échec, mais qui, à l’époque de l’épreuve, sont chez

(1) GriIMBERT. — Revue apologétique, 1923-24, p. 166 ; — PauL-BONCOUR : Le Progrès médical, 20 octobre 1923.

lui seulement à l’état latent, potentiel ? Peut-on faire entrer en ligne de compte, par avance, les effets d’une puberté ou tardive ou précoce, en admettant que l’anomalie même soit prévisible ? Peut-on enfin (et ce sont là les objections les plus graves) tester le caractère, en entendant par là : affecter chaque individu d’une cote (en fonction de critères objectifs uniformes de son caractère) sur une échelle étalonnée, de telle sorte que cette cote soit stable, constante, valide ? Æt peut-on (toujours dans le même sens) tester l'ambiance sociale et familiale qui, dans le cours du temps, agit sur l’affectivité de l'individu, et influe diversement sur son comportement et sur sa capacité effective (1) ?

Ce sont là questions que l’on doit se poser. En fait, à considérer les résultats obtenus au moyen d’un test unique, d’assez bonne validité, comme celui que nous avons employé, les différences de classement dans le test et dans le rendement scolaire sont, pour un bon nombre de sujets, de l’ordre de leurs fluctuations « de réponse » ; mais pour d’autres, il y a de véritables discordances qui prouvent l’intervention de facteurs n’agissant pas avec la même intensité sur le travail scolaire et sur le test, et qui, chez ces sujets-là, étaient assez intenses pour altérer considérablement le résultat soit de l’un, soit de l’autre critère.

Un cas particulièrement net a été étudié par K. Nassri (2) dans une école communale de la ville de Paris.

Pour nous limiter dans cette étude, nous nous bornerons aux élèves de seconde du lycée, par la seule comparaison avec les notes de compositions trimestrielles et quelques renseignements accessoires et aux élèves d’une école privée dont nous avons parlé plus haut. Dans cette école du type « école nouvelle », nous avons fait une étude sur un petit nombre de sujets (une cinquantaine en tout), mais avec la possibilité, par là même, d’un examen beaucoup plus approfondi, pour lequel l’aide des directeurs de l’école, rompus à l’observation des enfants, vivant d’ailleurs continuellement avec eux, nous a été d’un prix inestimable.

Voici d’abord quelques cas pris parmi les lycéens.

(4) Nous rendons tant bien que mal, par cette expression, la « Leistungsfähigheit » des Allemands, notion importante voisine de l « efficiency » des Américains, qui échappe plus ou moins aux auteurs français faute de la terminologie adéquate.

(2) Kiamil Nassri. — Ouvrage cité, D'L98:

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Cas I, Il et III

Ces trois boursiers n’ont pas donné ce que le test eût laissé prévoir : tous trois se classent en effet dans le premier décile de leur niveau scolaire.

Le premuer n’a dû qu’au livret scolaire d’être déclaré admissible à la session de juillet et il n’eût tenu qu’à un point qu’il échouât à l’oral. Il se peut qu’il s’agisse d’un de ces émotifs qui perdent leurs moyens le jour d’un examen.

Le second était partout mal noté, sauf pour les sciences qui lui ont valu d’assez bonnes notes au baccalauréat ; lui aussi n’a dû qu’à l’indulgence du jury et de ses professeurs d’être déclaré admissible à la session d’octobre et d’être reçu finalement, à 1/2 point au-dessus du seuil du total des points. Iei, on peut incriminer la mauvaise volonté dans le travail, à en juger par le nombre élevé de « retenues » qu'il s'était vu infliger dans l’année scolaire. Que rendra, au point de vue de ses études supérieures, cet adolescent intelligent mais peu travailleur ? Nous n’oserions personnellement pas nous prononcer très catégoriquement à ce sujet.

A noter qu'il s’agit d’un orphelin de guerre, dont la mère est remariée et qu’il peut y avoir là des éléments ayant contribué à développer chez cet adolescent quelques troubles du caractère.

Le troisième sujet présente un profil scolaire tout à fait semblable au précédent, mais le baccalauréat a été réussi avec plus d’aisance, quoique sans mention.

Cas IV

Au contraire des précédents, cet élève ne donna qu’un résultat médiocre au test (6° décile) ; il obtint pourtant la mention « bien » au baccalauréat. L’explication nous apparut immédiatement quand nous eûmes consulté les feuilles de compositions de « récitation » où il fut successivement second, premier et troisième. Au baccalauréat, l’oral fut très supérieur à lécrit ; il est notoire que sa mémoire, particulièrement brillante, prédestine ce fils de médecin à forcer avec aisance la porte de tous les concours et examens.

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Cas V, VI, VII

Ces trois élèves de seconde A’ ont moins bien réussi que le test ne l’eût fait prévoir.

Le premier redoublait déjà cette classe dont il était le doyen d'âge. Le professeur de classe le jugeait « faible, d'intelligence médiocre et d'apparence maladive ». Il passa un très bon test qui le classa dans le second décile pour son niveau scolaire ; il échoua à l’écrit du baccalauréat, en juillet et en octobre. Le profit scolaire est à considérer :'le plus mauvais classement est en français, langues vivantes, mathématiques, c’est-à-dire dans les matières où l’on remédie difficilement sur le tard au défaut d’une instruction première approfondie, alors que le rang approche de la moyenne en physique, matière étudiée seulement en seconde, et en latin. Or, nous savons, par nombre d’exemples très probants, qu’un jeune homme travailleur et réfléchi peut, en deux ou trois ans, arriver à faire convenablement une version latine de baccalauréat. Si nous rapprochons cela de l'indication donnée par le professeur, sur la chétivité physique frappante de l'élève, nous concluerons que la scolarité antérieure avait dû être gravement compromise par des accrocs de santé. Des parents jouissant d’une certaine aisance, auraient pu assurer, par des leçons particulières, l'instruction d’un tel enfant, dans les moments où il ne pouvait fréquenter le lycée (1) ; mais ce n’était pas le cas des parents de celui-ci ; il eût été plus raisonnable de leur part de renoncer à l’ambition d’avoir un fils universitaire.

Dans un cas comme celui-ci, c’est le milieu social et les ressources de la famille, dont la prise en considération s’imposerait au premier chef (fig. 21).

< De l'intelligence, mais paresseux. » Telle est l'appréciation du professeur de classe sur le second des élèves. Classé pour le test, dans le second décile de son niveau scolaire, il ne réussit qu'avec peine son baccalauréat à la session d'octobre. Faut-il se réjouir, en considération du test, que les parents de cet élève l’aient retiré du lycée, la dernière année, pour le mettre dans une « boîte à bachot » et l’aient amené à l’examen, en quelque sorte, de force ? Difficile question que l’on a souvent à se poser dans des cas semblables. Personnellement, nous ne croyons guère au

(4) Nous:avons eu l’occasion de remarquer de graves insuffisances scolaires chez des enfants ayant fait de longs séjours dans des prèventoria. Pourtant, la preuve est faite qu’un enseignement régulier est parfaitement compatible avec les soins que réclament ces enfants ; il y a là une grave négligence de la part, tant de la direction de ces établissements, que des autorités académiques.

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grand avenir intellectuel d'adolescents qui ne témoignent d’aucun intérêt pour les études, mais ce n’est qu’une opinion, que d’autres contestent, et la vérification expérimentale nous fait encore défaut.

Le troisième élève, également dans le second décile du test, n’a dû qu’au livret scolaire de pouvoir se présenter à l’oral du baccalauréat en juillet. Il était réputé « bon en mathématiques, très gauche en lettres » ; il est à remarquer que, dans le test, toutes les « séries de chiffres » sont justes, ce qui est un record, et que, sur les huit questions de la « pensée de Pascal », il n’y a que trois bonnes réponses. Le profil scolaire montre une irrégularité extrême, suivant les matières, mais aussi suivant les jours et les circonstances. Réputé « bon en mathématiques », il s’effondra, dans cette épreuve au baccalauréat, au tout dernier rang avec la note 8 sur 30 (fig. 22). Il y a en effet des individus dont l'intelligence fonctionne en quelque sorte par tout ou rien, soit qu’un effort passionné leur fasse un jour exécuter une prouesse, soit qu'ils s’achoppent irrémédiablement par accident à une difficulté rencontrée. Capables d’un rendement maximum dans certaines circonstances, on ne peut jamais, d’avance, compter fermement sur eux.

Ils ne rendront pas de bons services dans une administration, mais peuvent être d'excellents hommes d’études et de recherche. Aussi, nous montrerions-nous favorables à l’avenir universitaire d’un tel élève, et nous félicitons-nous de l’usage du livret scolaire qui est, pour ces « inconstants », une équitable assurance contre un échec purement accidentel. Cet élève était boursier.

Cas VIIL IX et X

Ces trois élèves couraient, à en juger par le test, à un échec certain. Ils ont, pourtant été reçus, tous les trois, l’un en juillet, les deux autres en octobre.

Le premier est un irrégulier, comme le cas n° VIT; c’est le mauvais test qui doit être envisagé ici comme accidentel. Il est à remarquer que le sujet a été très rapide : il a terminé le test en 31 minutes, en laissant 8 questions sans réponses (celles des série de chiffres), ce qui nous incite à soupconner qu'il ne s'était guère appliqué ; d’ailleurs, il avait accumulé assez de retenues pour s’attirer un « avertissement » du proviseur. Le professeur de lettres, pourtant, le dit « travailleur ». Il est évident que l’on a affaire à un garçon de caractère très indépendant et qui fait ou ne fait pas d’effort, suivant son humeur à l’égard du

21 à 24. — Profils scolaires :

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