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travail qui lui est demandé et de l’homme pour qui 1 lettait Refusé à l'écrit de juillet, il a été reçu en octobre, avec la brillante note de 16 sur 20 en composition française.
Il semble que ce soit justice, eu égard à ses moyens, et que le test fait de mauvaise grâce, nous ait donné une indication inexacte. Le profil scolaire (fig. 23) fait ressortir une aptitude ou une prédilection pour les branches littéraires, plus grande que pour les branches scientifiques et l’on s’explique l'attitude méprisante à l'égard du test d'intelligence « logique », spécialement à l'égard des questions non verbales. Cet élève est fils d'ingénieur et l’on devine, dans ses préférences, l'indice d’un esprit de contradiction qui corrobore ce que l’on peut supposer de son caractère, par ailleurs.
Le cas IX est celui d’un élève qui se trouve un des tout derniers au test avec 35 bonnes réponses et 21 omissions, proportion tout à fait anormale. Le travail scolaire, quoique médiocre, pouvait pourtant laisser prévoir la réussite au baccalauréat, malgré de sérieuses fautes de discipline et une prodigieuse accumulation de « retenues ». Cet élève était boursier. On peut admettre qu'il est intellectuellemént bien doué, mais on est en droit de soupçonner, chez un tel sujet, des troubles de caractère qui seraient à prendre en sérieuse considération.
Le profil scolaire est particulièrement irrégulier (fig. 24).
Mais le cas de ce sujet nous a paru spécialement digne d’être relevé, au point de vue de la notation du test. Dans toutes les recherches faites avec ce test, on a compté les omissions comme des erreurs ; or, dans ces questions, où il n’y a, le plus souvent, que deux réponses possibles, une bonne et une mauvaise, rarement trois ou plus, un sujet indécis ou timide, s’il se forçait à répondre, répondrait bien, à peu près une fois sur deux, répondrait-il même au hasard.
L'élève du cas X, autre type d'irrégulier, refusé à l’oral en juillet, remporta la mention assez bien à la session d’octobre. A l’inverse de son camarade du cas VIII, l’avantage est pour lui, du côté des branches scientifiques.
Cas XI et XII
Ces deux élèves de seconde B ont moins bien réussi que le test ne le faisait prévoir.
Le premier a manqué un tiers des compositions de l’année (au second et au troisième trimestres) par suite de maladie. Ces absences ne sauraient toutefois suffire pour expliquer un échec
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lamentable à l’écrit du baccalauréat avec la note 1 sur 20 à l'épreuve de composition française. Les notes de compositions trimestrielles sont de même ordre.
Cet élève avait abandonné le latin après la troisième. Sa médiocrité scolaire n’est pas imputée à la paresse par le professeur de classe.
Il n’était pas souvent puni. La mémoire ne semble pas en cause non plus : les notes, aux compositions de récitation, le classent dans la moyenne. Tout concourt donc à infirmer la conclusion relativement favorable du test ; la raison de la discordance échappe. Peut-être faut-il mettre en cause les conditions de vie et de travail dans la famille, mais nous n’avons à ce sujet aucun renseignement. Le père est petit industriel.
Le second, pupille de la nation, x passé un test particulièrement brillant qui le classe 3° sur les 73 sujets de son niveau scolaire. Pourtant, les places de compositions trimestrielles sont médiocres et le baccalauréat a été réussi, sans mention, en raison, il est vrai, surtout, de sa médiocrité en langues vivantes. Mais il a eu 15 sur 20 en composition française, se classant là le premier de nos 73 sujets.
Comme pour le précédent, la mémoire ne semble pas en cause ; il n’y a pas de punitions fréquentes ; le professeur de classe voit en lui un élève moyen dont il n’y a à dire ni bien ni mal. Le test et la composition française du baccalauréat prouvent que cet élève est capable, sous le stimulant de la nouveauté, d’un rendement très brillant alors qu’il ne donne, dans les circonstances courantes, qu’une faible partie de sa mesure. On peut être légitimement embarrassé pour décider des capacités et des chances d'avenir d’un sujet tel que celui-ci : poussé en avant sur le vu des brillants résultats dans le test, il est très probable que l'avenir serait décevant à moins qu’une ardente vocation et une ambiance agissant favorablement sur son affectivité ne rompent les inhibitions qui semblent compromettre d'autre part le rendement scolaire. En un mot, c’est de l’affectivité du sujet et de ses réactions avec l’entourage que devrait raisonnablement dépendre, en dernier ressort, l’avis du psychologue.
Cas XIII à XVI
Voici trois élèves de seconde B qui.ont mieux réussi que l’on ne l’eût espéré par le test.
Le premier était particulièrement apprécié du professeur de
classe qui note à son sujet: « Très fin, un peu paresseux, beaucoup de personnalité, mais déraillant dans sa recherche d'originalité. » Cette remarque explique déjà l’infériorité dans le test : c’est dans un cas comme celui-ci que la réserve de W. Stern, que les tests ne mesurent que l'intelligence « réactive » et qu'il faut aussi tenir compte de l'intelligence « spontanée », prend toute sa valeur. Le test a été très mauvais et le classe 50°. Il est à remarquer que, bien noté par son professeur et ayant obtenu de bonnes places aux compositions trimestrielles pour le français, il s’effondra au baccalauréat dans cette même branche, avec les notes de 6 1/2 à l’écrit et 6 à l’oral sur 20. De bonnes notes dans les autres épreuves ont abouti à une réussite sans mention. Il y a lieu aussi de tenir compte de l’origine étrangère (et même cosmopolite) du sujet.
Le XIV: cas est celui d’un élève qui n’avait de places honorables que dans les compositions de géographie et de physique. Le baccalauréat a pourtant été passé (de justesse il est vrai, à l’écrit). Cet élève, dont le père est dans l’enseignement, a dû bénéficier d’un « bachotage » soigné, facilité sans doute par une solide mémoire : il fut, en effet, toujours dans les premiers en récitation... alors qu'il était dans les derniers en composition française.
Le suivant, également, n’a réussi l’écrit du baccalauréat qu’au ras de Ia moyenne, mais a passé un brillant oral. Les places en compositions trimestrielles étaient médiocres, notamment en composition française, et pourtant, le professeur considérait cet élève comme un des meilleurs. Il semble ressortir de là que ce sujet, d’origine hellénique, possède une facilité de parole très marquée et se trouve gêné par l’astreinte à une réponse écrite : c'est un cas que nous avons rencontré d’autres fois et qui conduit à de curieux décalages entre les résultats des tests écrits et ceux des tests oraux individuels (Binet-Simon ou Terman), Quel jugement doit-on porter sur un sujet de ce genre ? Nous hésiterions beaucoup, pour notre part, à nous prononcer. in règle générale, nous devons éviter, en testant l'intelligence d’un individu, de l’inhiber par l’astreinte à des techniques particulières de travail qui ne sont pas dans ses aptitudes (à moins que nous ne voulions mesurer ces aptitudes spéciales). Nous devons tenir compte des résultats obtenus dans les conditions les plus favorables pour lui, en l’espèce dans un test oral individuel ; il ne faudrait évidemment pas oublier que toute étude approfondie, qu'il s'agisse d’une étude scientifique ou d’une étude financière, implique le travail écrit, la rédaction. Mais ici,
nous sortons de la question de l'intelligence générale pour entrer dans le domaine des fonctions mentales secondaires. En résumé, malgré ce mauvais test, nous estimons devoir considérer ce sujet comme moyennement doué. Le père est commerçant, et on peut prévoir que les aptitudes du garçon le pousseront vers la carrière paternelle bien plutôt que vers un avenir universitaire.
Voici maintenant quelques sujets de l'établissement libre pour lesquels le test parut en discordance notable avec les résultats scolaires.
Cas XVI
Cet élève de seconde, âgé de 15 ans, passe alternativement une année scolaire en France et une autre en Amérique. Il n’y a pas à chercher ailleurs que dans cette scolarité discontinue, les difficultés scolaires de ce garçon très bien doué qui, comparé aux lycéens de son âge, se classerait dans le premier décile pour le test.
Cas XVII
Cet élève, dont le test est excellent, a des notes scolaires des plus variables et les appréciations de ses professeurs sont contradictoires. C’est un de ces inconstants dont il est difficile de mesurer l’aptitude avec précision ; au dynamographe, il ne donne pas le maximum qu’on pouvait attendre de son apparence physique, mais il <« tient » presque indéfiniment avec d’amples oscillations (nullement les tremblements des instables). Il est visible qu'il ne donne pas le maximum de son effort, bien qu'il lui soit demandé (fig. 25).
Cas XVIII
Cas partiellement pathologique. Agé de 14 ans, ce sujet se classe, par le test, dans le cinquième décile des lycéens de son âge. Il est encore en quatrième et n’y obtient guère de bonnes notes. Les appréciations des professeurs sont déplorables : « Agité et dissipé, ne pense qu’à s'amuser en étude. » « Elève détestable dès qu’on se montre aimable avec lui. >» « Ne fait rien ; attitude déplorable en classe. >» Ce sont bien certainement les défauts de caractère qui sont à incriminer et non l'insuffisance
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intellectuelle. D'ailleurs, les temps de réaction sont très lents : 23/100° de seconde en moyenne (temps de réaction auditifs mesurés au chronoscope de d’Arsonval). Quand nous les lui avons pris, nous avons remarqué son état émotif ; il semblait mal comprendre nos instructions, ou plutôt avoir peur de ne pas comprendre ; il semblait inquiet de nous sentir derrière lui et tournait la tête pour nous regarder. Le dynamogramme est fortement oscillant et répond au type des instables légers. Nous avons observé, pendant un repas, cette turbulence dont se plaignent les professeurs, et qui se produit par accès impulsifs, bien souvent sans excitation extérieure apparente ; lui-même déclare céder au besoin subit et irrésistible d’une détente violente, à la suite de laquelle il éprouve un sentiment de soulagement ; si nous rapprochons de ces renseignements sa physionomie souvent apeurée, le regard fixe de ses yeux écarquillés de « marionnette de guignol », nous sommes tentés de soupçonner dans son cas quelque élément obsessionnel venant aggraver les conséquences d’une constitution instable.
Quoi qu'il en soit, ce garçon, en dépit d’une intelligence suffisante, était, dans l’état où nous l’avons vu, incapable de tirer profit de l’enseignement qu’il recevait (fig. 26).
Cas XIX
Autre cas grave. Agé de 13 ans, cet élève de cinquième se classe pour le test dans le second décile de son âge, Il a eu une scolarité régulière en France, à part un séjour d’un an à l'étranger, l'ayant obligé à redoubler une classe. Cet enfant est d’un caractère odieux, indiscipliné, mais surtout taquin, brutal et batailleur. Tout prétexte lui est bon pour chercher chicane à un camarade, spécialement aux plus jeunes et plus faibles que lui. Nullement coléreux, du reste, mais d’une méchanceté froide et systématique, d’après notre propre observation. Les temps de réaction sont lents (24,3/100° de seconde en moyenne). Le dynamographe est fortement oscillant. Voilà donc un enfant supérieurement intelligent, mais instable et probablement pervers constitutionnel. Doit-on, en considération de son intelligence, pousser un tel enfant vers des études supérieures pour lesquelles il ne manifeste, d’ailleurs, aucun zèle ? Tel est le vrai problème, dans lequel ni test ni examens n’ont plus à être pris en considération : problème disciplinaire pour l’école, moral pour Îles
parents, de préservation sociale pour les pouvoirs publics, problème de conscience, en définitive, pour ces diverses autorités, dans lequel le psychologue, son diagnostie fait, n’a plus rien à dire (fig. 27).
Cas XX
Cet élève de 6° n'avait pas 10 ans et demi à son entrée dans cette classe, dont il était le « benjamin ». Cet enfant a été « poussé », en considération des dons intellectuels que le test confirme; il n’en a pas moins son âge avec le développement neurologique en rapport avec celui-ci et une scolarité primaire écourtée par rapport à celle de ses camarades ; d’où ses insuccès scolaires. Nous avons là un exemple (entre bien d’autres semblables) qui doit nous apprendre le danger qu’il y a à faire « mettre les bouchées doubles » à un enfant, même intellectuellement supérieur, si l’ensemble de son développement neurologique et somatique ne présente pas une précocité parallèle. C’est dans des cas de ce genre (et dans ceux-là seulement) que la prise en considération du développement et de l’état physique de l'enfant nous paraît pleinement justifiée. À notre avis, aucun enfant ne devrait être admis en sixième avant onze ans révolus si son « âge de développement physique » n’est pas au niveau de son « âge mental ».
Voici maintenant un lot d'élèves qui ont mieux rendu que le test ne l’eût fait prévoir.
Cas XXI
Cet élève de première B, âgé de 17 ans, a été reçu au baccalauréat avec mention « assez bien », après une année scolaire où il s’est maintenu dans une bonne moyenne ; d’où vient que le test, après correction, présente un total d'erreurs qui le place au dernier rang de sa classe ? Rien de plus ni rien de moins qu'une distraction qui, dans la « pensée de Pascal », lui a fait exécuter à l'envers la consigne indiquée, soulignant systématiquement, dans les huit questions, la mauvaise réponse au lieu de la bonne. Rectification faite, la note dans le test le reclasse, comme de juste, au rang qui concorde parfaitement, à la fois, avec ses notes et sa brillante réussite au baccalauréat !
Cas XXII et XXIII
Ces deux élèves de troisième, âgés respectivement de 17 et 15 ans ont, l’un comme l’autre, « bâclé » le test en vingt-cinq minutes ; cela suffirait à expliquer que les résultats soient mauvais. On peut se demander, devant des cas comme ceux-là (qui sont particulièrement fréquents avec les grands adolescents), si la technique suivie dans toutes les épreuves et qui consiste à se faire remettre le cahier aussitôt que le sujet a terminé, n’est pas une erreur, et si l’on n’obtiendrait pas des résultats plus exacts en laissant aux sujets leur cahier entre les mains, jusqu’à expiration du temps normal de l’épreuve, en les autorisant à revoir et à corriger leur travail, en les y incitant, au besoin, avec toute l’insistance nécessaire ; pour nous, nous n’hésitens pas à répondre par l’affirmative, ayant observé plusieurs cas analogues à l’école primaire supérieure, parmi les grands élèves du cours de troisième année préparatoire au brevet supérieur.
Cas XXIV
Voici, pour finir, le cas d'un « débile intellectuel >». Celui-ci aussi a fait le test un peu trop vite, mais cela n’explique pas suffisamment un résultat lamentable qui le met au dernier décile des lycéens de 14 ans ; pourtant, il suit normalement sa classe. L’explication est qu'il s’agit d’une classe de 4: cet enfant présente un fort retard scolaire, correspondant en somme parfaitement à sa légère débilité intellectuelle. L'aspect de l'enfant, son front bas, la racine du nez élargie, le regard oblique de ses yeux cerclés d’un large cerne dans un visage pâle et bouffi, laissent d’ailleurs pressentir les déficiences mentales. Les temps de réaction sont lents : 27,6/100° de seconde en moyenne ; au dynamographe, le tremblement de sa main, qui secouait tout l'appareil, rendit précaire la prise d’une courbe excessivement accidentée (fig. 28).
L'examen de ces discordances entre le test et les résultats scolaires nous a conduit, en résumé, aux conclusions suivantes : Sur 12 enfants n'ayant pas obtenu les résultats scolaires que
le test faisait prévoir, trois ont eu une scolarité antérieure troublée, soit (le plus souvent), par une maladie chronique, soit par des séjours prolongés à l’étranger, six présentent des particularités de caractère préjudiciables : instabilité, émotivité, troubles neurologiques ou psychiques divers ; on peut en rapprocher le cas de l’enfant « poussé », en considération de sa précocité intellectuelle, alors que sa constitution neurologique et son affectivité sont encore de type plus ou moins infantile ; enfin, il y a deux cas de « paresseux », qualificatif bien vague par lequel il faut entendre l’absence d'intérêt pour le travail scolaire et l’indifférence à l’égard de l’avenir auquel il peut conduire, sans que l’on puisse considérer ces dispositions comme vraiment pathologiques. Il est à remarquer que ces deux simples paresseux sont deux boursiers.
Sur 12 cas, où le résultat du test s’est trouvé infirmé par une meilleure réussite scolaire, cinq sont imputables à de légères défectuosités de l’épreuve psychotechnique auxquelles il serait aisé de remédier à l’avenir ; deux où une mémoire particulièrement bonne a permis à l’élève inintelligent de bénéficier d’un « bachotage » fructueux : c’est le cas supérieurement décrit par Collin (1). Nous ne contesterons pas que nos examens, en général, valorisent un peu trop la mémoire au préjudice du jugement. Toutefois, on ne peut nier qu’une bonne mémoire soit un atout appréciable à l’égard de tout travail intellectuel et qu’il serait bon de tenir compte, accessoirement, du degré de cette aptitude quant à l'orientation scolaire d’un enfant ; malheureusement, le polymorphisme extrême de cette fonction mentale rend, dans l’état actuel de la psychotechnique, sa mesure assez incertaine. On sait d’ailleurs aussi que des éléments affectifs en font varier le rendement dans des proportions parfois considérables.
Dans deux cas, le sujet a été gêné par la forme imposée du test et n’a pas donné vraiment sa mesure. Toutes les fois que l’on est fondé à supposer cette cause d'erreur, il y aurait intérêt à appliquer un test genre Binet, à titre de vérification.
Nous avons, enfin, le cas d’un sujet ayant progressé, au point de vue intellectuel, avec une grande rapidité, infirmant nette-
(1) André Coin et Henri SELLIER. — « Projet d’assistance aux insuffisants psychiques vivant en liberté. >» Annales de médecine légale, octobre 1925, p. 428. (Cité par CHavieny : « La vocation de nos enfants. » Delagrave, 1928).
ment le pronostic fait à son égard. Nous ne savons pas au juste à quoi attribuer cette anomalie ; il est probable que nous avons là un cas de brusque développement en relation avec l’évolution pubertaire ; il se peut aussi que l'explication soit d’ordre purement psychique et que certaines inhibitions d’origine affective se soient résolues dans l'intervalle, chez cet adolescent ; le plus vraisemblable, en définitive, est que ces deux éléments, souvent corrélatifs d’ailleurs, ont agi dans le même sens.