CULTIVÉ
U. Le 19 mars on prépara sept pots comme celui de l'expérience précédente, et on sema dans chaque pot vingt grains de blé poulard. Par l'engrais et la semence, chaque pot avait reçu o^^^^Sg d'azote.
Le 25 mars , la germination était complète : le blé pou* lard étant un blé d^hiver, chaque grain poussa plusieurs tiges au lieu d'un chaume unique. Le blé talla beaucoup. Désespérant même qu'il vînt à maturité, le i3 juillet je me décidai à faire la récolte de cinq pots, me réservant de
(56) prolonger Texpérience sur les deux autres. Après avoir enlevé les récoltes, tous les pots furent mis à Tétuve, et lorsque le sable fut sec, le contenu de chaque pot fut vidé sur un tamis pour séparer le sable des racines et de la brique. EnlBn le sable de chaque pot fut analysé , et on obtint fina- • lement les résultats suivants :
Azote.
Pot n** 1 0,091
P«' »° ^ 0'«99 ( Moyenne.
Pot n** 3 0,100 I o«',099
Pot n» 4-* • 0,102
Pot n° 5. ...... . 0,106
Le sable du pot sans végétation ayant accusé 0^*^,093, c'està-dire une perte égale, il en résulte que la perte est indépendante de la végétation. Cette expérience prouve de plus que la graine de lupin n'a pas été absorbée en nature , mais qu'elle a agi sur les plantes par les produits de sa décomposition.
3. Nous avons constaté ( Expérience T* ) que la graine de lupin avait perdu, en se décomposant, oS',o58 d^ammoniaque à Fétat d'azote.
S'il est vrai que les plantes ne puissent s'assimiler Tazote qu'à l'état d'ammoniaque, et que dans un sol fumé, c'est toujours aux dépens du fumier que se fait l'absorption, les récoltes des cinq expériences rapportées plus haut ne devront pas contenir plus de 0^*^,058 d'azote , lesquels augmentés de 0^*^,021 contenus dans la semence, font un total de 0^^,079 . Or voici ce que l'expérience accuse :.
Récolte sèche. Azote.
Pot n^ 1 1491^ 0,116
Pot n° 2 16,72 0,142
Pot n° 3 i4»^7 0,123
Pot n® 4 9)4^ 09^90(0
Pot n" 5 *7>5o o,i52
Toutes les récoltes contenant plus de 0^*^,079 d'azote, Tammoniaque venu de l'engrais n'en peut rendre compte : l'absence de toute nitrification empêche qu'on fasse intervenir les nitrates. Il ne reste donc plus qu'une absorption directe et immédiate d'azote gazeux pour expliquer l'excédant d'azote accusé par les récoltes.
De toutes les expériences qui précèdent, là dernière présente un intérêt tout particulier. Elle accuse, en effet, la fixation d'une quantité d'azote égale à la totalité de celui perdu par la graine de lupin.
En effet :
Avant l'expérience.
Azote.
S'' 20 grains de blé 0,021 \ ^
4*%oi 5 de graine de lupin.. o,238 j ' ^
Après l'expérience.
Azote .
17^5 de récolte. o', 162 ( ^^^ ^^g
Restant dans le sable o, 106 ) '
4. On peut faire deux objections contre la conclusion d'une absorption directe. On peut d'abord nier le résultat ou le déclarer entaché d'inexacti tude. Sur ce premier point, la réponse est facile. Les résultats qui précèdent ne sont pas sans antécédent dans la science, et je puis pour les défendre me couvrir d'une expérience à laquelle je suis
(i) Pas de phosphale dans le pot.
( 58) étranger, et qui est conforme à mes conclusions (i). La seconde objection est plus spécieuse. On peut dire que Tazotê à Tétat naissant que le fumier dégage n^est pas de Tazote ordinaire; qu'il est bien possible en eiTet que les plantes absorbent Tazote sous cette forme , mais que cela ne prouve rien en faveur d'une absorption d'azote opérée aux dépens de l'atmosphère .
A mon tour je réponds : Sur les sept pots mis en expérience le 19 mars, cinq ont été récoltés le i3 juillet, mais les deux autres n'ont été récoltés que le 20 septembre. Or voici ce que ces deux-ià ont produit :
aiCOLTB.
AZOTB
de ' la récolte.
AZOTE
do
sable.
AZOTE
total.
Pot i»o 6.
Paille ...
Grains. . .
gr 22,24
gr 23,24
gr 0,188
gr 0,285
Pot no 7.
Paille. . .
Grains. . .
o,io3
Les deux récoltes accusent une absorption d'azote* supérieure à la perle totale éprouvée par le fumier. Il faut donc admettre une absorption indépendante de l'azote naissant produit par la décomposition du fumier ? Mais les deux expériences qui précèdent n'ayant pas d'analogues danis la science, je reviens à l'expérience du pot n° 5, et à son aide je vais montrer que dans toutes les expériences que je viens de rapporter, il y a eu absorption d'azote gazeux aux dépens de l'air.
(1) Comptes rendus des séances de VAcadcmie des Sciences, t. XXXVIÏ, page 606.
(59) Dans cette expérience, avous-nous dit, la quantité d'azote
fixée par la récolte est juste égale à celle de Fazote perdue
par le fumier. Mais de ce qu'il y a égalité entre (%8 deux
quantités, s'ensuit^il que Tune soit originaire de l'autre ?
Sans nier qu'il en puisse être ainsi, j'ai voulu cependant
m'en assurer, et pour y parvenir, j'ai fait cette année les
deux expériences suivantes.
V. J'ai enfermé dans une cloche quatre pots remplis de sable, j'ai ajouté au sable de chaque pot i^'',855 de graines de lupin, soit 0^^110 d'azote par pot. J'ai placé dans une autre cloche quatre pots préparés de la même manière, et j'ai semé dans chaque pot vingt grains de blé de mars. Enfin, j'ai muni chaque cloche d'un tube à boule, rempli d'acide hydrochlorique pour recueillir l'ammoniaque que les pots pourraient dégager dans l'air. En un mot, j'ai voulu répéter plus en grand l'expérience T*^ pour savoir si la végétation utilise la totalité ou seulement une fraction de l'ammoniaque produite pendant la décomposition des engrais.
Or, les deux expériences, commencées le 10 mars et terminées le 25 juillet, ont accusé les pertes suivantes d'azote :
Clocbe
sans pUnie.
avec plante.
Azote.
Azote.
ffT
Du 10 mars
au
10 avril.. . .
Q,Oo858
Du 10 avril
au
25 avril. . .
o,oo4i5
Du 25 avril
au
10 mai. . .
Du 10 mai
au
25 mai. • . .
Du 25 mai
au
10 juin. . . .
o,oo3o3
Du 10 juin Du 25 juin
au
au
25 juin ....
10 juillet.. .
Pu 10 juillet
au
25 juillet. . .
Maïs si les plantes n'absorbent qu'une partie de Tarnmoniaque provenant des fumiers, est-il présumable qu*elles absorb&nt la totalité de Tazote perdu par eux , à Tétat d^ azote gazeux, et du reste, l'eussent- elles absorbé, né faudrait- il pas recourir à l'atmosphère pour compenser Tammoniaque recueillie dans rexpériencc, et dont les plantes n'ont pu évidemment profiter? Ces expériences nous ramènent donc encore à une absorption d'azote gazeux puisé dans l'air.
Comme confirmation des résultats qui précèdent, je rapporterai les résultats des expériences suivantes, faites cette année en opérant sur le blé de mars.
X. lue lo mars 1 856, on a rempli cinq pots avec looo grammes de sable, pur et calciné, auquel on a ajouté iS',855 de graine de lupin en poudre , soit o^^iio d'azote par pot. Le 25 juillet, on a recueilli et desséché le sable de chaque pot, il contenait les quantités suivantes d'azote (i) :
' Azote.
Pot n" r o,o44 \
^ ^ , J En moyenne.
Pot n*» 2. ; o,o47 ( ,
Potn-S o,o4o ''"'''^'
Pot n° 4 o,o32 )
Pot n° 5 o,o4o
Ainsi chaque pot a perdu en moyenne oS'",70 d'azote du lo mars au 25 juillet.
Y. Le lo mars i856, on a préparé quatre pots comme les précédents, et on a semé dans chaque pot vingt grains de blé de mars. Le 25 juillet, on a fait la récolte. Le sable
(i) Les quatre premiers étaient enfermés dans une cloche : ce sont ceux de rexpérience K. On a laissé le cinquième à Pair libre.
(6» ) de chaque pot contenait les quantités suivantes d'azote :
Pot n° I o,o46 i
„ //? f ^"" moyennr.
Pot n° 2 0,040 f
Pot n° 3. .... . o,o38 î ' ^
Pot n° 4- • • • • o,o4o j
Ainsi les pots cultivés ont perdu sensiblement la même quantité d^ azote que les pots sans culture. C^est la reproduction du résultat que j'ai rapporté à Texpérience U,
Z. Quatre pots préparés comme ceux de Texpérience X et cultivés à Pair libre ont produit les récoltes suivantes :