SANS CULTURE
7**. Dans un pot rempli de sable calciné, j'ajoutai 4^*^,0 1 5 de graine de lupin en poudre, soit o8',23o d'azote (i). Le pot fut placé dans une cuvette de faïence contenant i litre d'eau distillée , et le tout enfermé dans une petite cloche hermétiquement fermée. Chaque jour on faisait passer dans l'intérieur de la cloche 5oo litres d'air. Avant d'arriver dans la cloche, l'air traversait deux flacons remplis de petits morceaux de ponce imbibés d'acide sulfurique, et deux autres flacons remplis de ponce imbibée d'une dissolution de bicarbonate de soude. Au sortir de la cloche, l'air traversait un tube à boule rempli d'acide chlorhydrique étendu d'eau. Sous Taction de la température, extérieure, l'eau qui imbibait le sable s'évaporait en partie, puis se condensait
(i) La graine avai( digéré pendant six mois dans de l^eau charg^ée diacide carbonique, pour dissoudre les phosphates et les sels terreux qu'*elle ponvait contenir.
5ur la surface intërVeure de la cloche, el de là venait se réunir au fond de Tappareil, Tous les quinze jours on recueillait Feau ainsi condensée. On y ajoutait i gramme d'acide oxalique et on évaporait jusqu'à siccité. L'acide kydrochlorique du tube à boule était traité de la même manière. Enfin ou brûlait les deux résidus au moyen de la chaux sodée, comme s'il se fût agi d'un dosage d'azote ordinaire.
L'azote recueilli dans ces conditions représente celui perdu par la matière à l'état d'ammoniaque. Il n'est peutêtre pas inutile de remarquer que la vapeur d'eau qui se condense à la surface intérieure de la cloche en contient plus que l'acide employé au lavage de l'air. Quoi qu'il en soit, du 10 mars au i5 juillet, on a recueilli par ce procédé les quantités suivantes d'azole :
Du 19 mars au 12 avril 0,00997
Du 1 3 avril au 3o avril 0,01800
Du 3o avril au i5 mai 0,00900
Du i5 mai au 26 mai o,oo55o
Du 26 mai au i5 juin 0,00600
Du i5 juin au 26 juin o,oo55o
Du 26 juin au 10 juillet.. . . o,oo44i
Ainsi en trois mois le pot a perdu q^'',o58 d*azote à l'état d'ammoniaque. A la, fin de Fexpérience le pot fut mis à l'étuve et son contenu versé sur un tamis de toile métallique, pour séparer la brique du sable. Le poids du sable s'éleva à looi grammes, dans 100 grammes duquel l'analyse accusait oS'^,0093 d'azote. Le résultat définitif de Tcxpc-. rience devient donc :
( 55 ) Avant rexpérience :
gr
Azote ajouté au sable o , 238
Azote recueilli à l'état d'ammoniaque o ,o58 Azote restant dans le sable o^ogS
o,i5t I Azote perdu à un état indéterminé. 0,087 )
Je pensai d'abord i la formation d'un nitrate pour expliquer Tazote manquant. 200 grammes de sable et 100 grammes de brique, lavés à Peau distillée, ne m'en fournirent pas trace. En présence de ce résultat, f admis que la perte tétait faite à F état d'azote gazeux. Les expériences de M. Reiset ont fait passer depuis cette supposition dans le domaine des réalités.
Du reste, en admettant seulement que 3^',oi5 de graines (le lupin perdent 0^*^,151 d'azote dont 58 à Tétat d'ammoniaque, on va voir que cette expérience suffit pour prouver que les plantes s'assimilent l'azote de l'air.