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Première partie. — Dosage de V azote des nitrates

Ce nouveau procédé est fondé sur la propriété que le bioxydc d'azote possède de se changer en ammoniaque lorsqu'on le fait passer à une température voisine du rouge, dans un tube rempli de chaux sodée, mélangé avec

(i) Comptes rendus des séances de V Académie des Sciences, lomc XLI» pages 938 et 6uivantes.

( io6 ) un excès d'hydrogène et d'hydrogène si^lfuré. Dans ces conditions, le bioxyde d'azole se change en ammoniaque, et la réaction est si nette, si complète, qu'on peut s'en servir avec le plus grand avantage pour doser l'azote des nitrates. Pour cela, il suffit de faire passer le mélange d'hydrogène et d'ammoniaque dans un tube à boule qui contient de l'acide sulfurique titré. Le dosage de l'azote des nitrates rentre ainsi dans les procédés si avantageux de la méthode des volumes.

L'équation suivante exprime la réaction :

A OM 2U S J-f- 2CaO = AzH^-hSCa -f SO^CaO H- H'-'. H' ]

Les expériences suivantes peuvent servir pour juger du mérite du procédé sous le rapport de la précision.

Nitrate employé.

Azote obtenu.

Azote employé.

DifTi-rence.

gr 0,0347

gr O«O00O (*)

Oj0007

Pour changer l'acide nitrique du nitrate de potasse en bioxyde d'azote, on se sert d'une dissolution de protochlorure de fer dans laquelle on le verse et qu'on porte ensuite à l'ébullition.

(*) J^ai écrit à M. de Seoarmont, le 27 ou le 28 juillet, pour lui communiquer ce résultat. Depuis celte époque, j^ai. iaiv connaître à M. Chevreul, à M. Regnault et à M. Payen le principe du procédé.

( *07 ) Le mode d'opérer est d'ailleurs très-simple. Voici, en

détail, comment on procède. On prend un petit ballon de 200 centimètres cubes de capacité, on le munit d'un boucbon qui porte deux tubes; on remplit ce ballon à moitié avec une dissolution de protochlorure de fer qui doit contenir un excès d'acide, puis on ajoute la dissolution de nitrate. Ce ballon communique, par l'un de ses tubes, avec un flacon où l'on produit de l'hydrogène ; par l'autre tube avec un flacon A qui communique lui-inême avec le , tube à la chaux sodée et dans lequel le mélange de bioxyde d'azote et d'hydrogène doit se mêler avec l'hydrogène sulfuré, qui arrive d'un appareil vspécial avant d'entrer dans le tube. Dans ce flacon, les tubes qui amènent les gaz doivent picfnger dans le mercure, pour qu'on puisse se rendre compte des quantités d'hydrogène (mêlé au biôxyde d'azote) et d'hydrogène sulfuré qui arrivent chacun de son côté.

Flacon A oA t'opère Flacon C où se produit

le mélange des gaz. Flacon larenr. Pbydrogène gnlfaré.

de chaux sod. /^ ^\ -i^Cb^ — (C)

Ballon D où le nitrate Flaoon laTear. Flacon où

est décomposé l'hydrogène

par le sel de fer. se produit.

L'appareil étant monté, on fait passer un courant d'hydrogène, pendant huit à dix minutes, pour chasser l'air, puis on chaufle le tube qui contient la chaux sodée et on fait arriver quelques bulles d'hydrogène sulfuré. A ce moment, on chauiïe le ballon Z>, qui contient la dissolution dé fer, on porte rapidement à l'ébullition. Pendant tout le temps que dure Tébullition, on fait passer dans le ballon un courant d'hydrogène. On règle la production de ce gaz

( io8 ) de manière qu'il arrive dans le flacon A trois ou quatre fois plus d'hydrogène sulfuré. La réaction est achevée après dix minutes d'ébuUition. Pour arrêter dans le flacon Ji toute Teau qui distille, on met quelques morceaux de chlorure de calcium.

Si l'on voulait. avoir un indice autre que la durée de Ter buUition, il suffirait d'ajouter au liquide du ballon B environ 20 grammes de mercure. Dès que le liquide entre en ébuUitiou, la dissolution de fer, qui était verte, devient brune ^ mais, par une réaction consécutive, le mercure réduit le perchlorure de fer qui s'est formé et la liqueur redevient verte ^

Deuxième partie. — Décomposition du nitrate de po-^ tasse par les plantes, Assimilation de l'azote du nitrate.

Le 20 mars de cette année, on a préparé huit pots avec

Brique. calcinée 578,000

Sable blanc calciné qoo ,000

Sulfate de chaux o ,o56

Phosphate de chaux monobasique. . . . 0,309-

phosphate de magnésie cristallise. . . . 0,698

Phosphate de potasse 0,677

Chlorure de sodium 0,01 (

Silicate de potasse 2,000

Silicate de soude o , 25o

P. O. de fer hydraté 0,271

On a divisé ces huit pots. en quatre séries de deux chacune, les pots de chaque série étant désignés par les lettres A, A', B, B', C, C, D, D', E, FV.

( ïoy )

Dans les pots A, A', on n'a rien ajouté aux mélanges indiqués plus haut. *■

Dans les pots B, B', on a ajouté 4^*',oi5 de semence de lupin, qui contenait o^^aSS d'azote.

Dans les pots C, C',^on a ajouté i^%72 de nitrate de potasse, contenant aussi o*',238 d'azote.

Dans les pots D, D', on a ajouté o'^SgoS de sel ammoniac, contenant o^%238 d'azote.

Enfin, dans les pots E, E', on a ajouté o**',68 de nitrate d'ammoniaque, contenant encore o*^,238 d'azote. . Le 20 mars, on a semé dans chaque pot 20 grains d'un gros blé poulard blanc. Dès le commencement de l'expérience, les pots qui contenaient le nitrate de potasse ont pris un avantage marqué sur tous les autres. Entre les pots où il n'y avait que du sable et les pots où il y avait du nitrate de potasse, la comparaison n'était pas possible. Aujourd'hui, i4 août, les blés sont en épis, et les pots C, C, qui contiennent le nitrate de potasse, présentent une végétation beaucoup plus belle que tous les autres, qui ont reçu néanmoins la même quantité d'azote.

Dès que ce résultat a commencé à se produire, j'ai senti qu'il y avait là un phénomène important à éclaircîr. Sans attendre la fin de l'expérience, qui devait durer encore plusieurs mois et qui, à l'heure qu'il est, n'est pas achevée, j'ai institué la nouvelle expérience suivante, en vue de sa-* voir plus tôt si le nitrate de potasse était déconaposé et si l'azote de ce nitrate était assimilé par la plante.

Le 25 juin, j'ai mis dans une petite terrine : fragments .de brique calcinée 4oo grammes, sable calciné 600 grammes, cendre de cresson 3 grammes^ puis, dans cette ter*

(IIO)

rinc, j'ai semé 60 graines de cresson contenant 0*^,004 d'azote, et j'ai répandu à la surface du sable, nitrate depotasse o'^^s. Ce pot a donc reçu, en azote,

Par la semence o,oo4

Parle nitrate / 0,027

Les graines ont bien germé; la végétation a suivi son cours ordinaire; les plantes étaient très-belles. J'ai fait la récolte le 20 juillet. La récolte pesait, verte^ 10 grammes; séchée à l'étuve et brûlée par la chaux sodée^ elle a donné o^'jOaS d'azote.

Le sable du pot a été lavé avec le plus grand soin ; le liquide, conceutré et essayé, n'a pas dontié le plus faible indice de nitrate.

Devant ce résultat, je tire de cette expérience la Conclusion que le nitrate de potasse a été décomposé par la plante, et que l'azote de:ce nitrate changeant d'état est entré dans la composition intime du tissu de la plante.

Depuis cette époque, j'ai institué plusieurs séries d'expériences^ en vue d'approfondir cette décomposition; et, dans toutes les expériences où les plantes recevaient du citrate de potasse et du sel ammoniac, toujours la végétation a été plus prospère avec le nitrate de potasse, bien que dans les deux cas il y eût la même quantité d'azote. J'ai en ce mo^ ment six pots de colzas, semés le 1 3 juillet : dans les pots qui ont reçu le nitrate de potasse, les plantes sont plus grandes et plus belles que dans ceux qui ont reçu du sel ammoniac. Toutes ces végétations, les blés, le cresson et les colzas, sont obtenues dans une serre.

Quelques personnes, tenant pour vrais les résultats d^ mes premières expériences, pensent que Tazote, dont j'ai toujours constaté la fixation par les plantes^ vient du nitrate de potasse qui se serait formé dans le sable qui servait k la végétation. Dans cette opinion, Toxydation de Tazoto de Pair serait la condition obligée de son assimilation par les plantes.

Sans vouloir, pour le moment, m^expliquer là-dessus, je dois avouer néanmoins que toutes les tentatives que j*ai faites pour m' éclairer sur cette interprétation des phénomènes ne lui ont pas été favorables.

Après-demain mercredi^ je commencerai une nouvelle série d'expériences pour décider ce point. J'attends leur résultat pour me prononcer; mais^ je le répète, ce que j'ai fait toute cette année n'est pas favorable à l'idée qu'il se formerait du nitre, et que ce nitrei serait la source de Tazote dont on constate la Gxation lorsqu'on cultive des plantes dans un sol de sable convenablement préparé.

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