‹ Recherches expérimentales sur le foie rénalChapitre 4 sur 23 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'histoire du retentissement sur le foie des altérations rénales ne date guère que du mémoire publié en 1888 par Hanot dans les Archives générales de médecine (1). L'année suivante, son élève, M. Gaume (2), consacra sa thèse à cette étude, mais, malgré l'autorité de Hanot, le foie brightique n'est même pas cité dans les traités les plus récents.

Pour Hanot et Gaume, la participation du foie au processus brightique se traduit cliniquement par une augmentation de volume, plus ou moins appréciable, mais en général modérée, de l'organe. Cette hypertrophie est plus marquée chez les brightiques polyuriques et paraît en relation avec les variations du débit urinaire, le foie augmentant de volume au moment des poussées polyuriques. En même temps le foie, non douloureux spontanément, est sensible à une pression même légère. L’hypertrophie du foie s'accompagne d’une sensation de pesanteur à l’hypocondre droit et, dans certains cas, d'une dyspnée plus ou moins vive, probablement d’origine mécanique.

A l’autopsie, le foie présente une pâleur spéciale, marquée surtout à la coupe qui paraît avoir été lavée. Histologiquement, on constate l'élargissement notable des capillaires,

(1) Hanor, Gros foie dans le mal de Bright. Arch. gén. de méd., décembre 1888.

(2) Gaume, Contribution à l'étude du foie brightique. Thèse Paris,

LErAT

ectasie capillaire simple, et non congestion, car on ne trouve pas d'accumulation des globules rouges ; les capillaires paraissent s’être élargis plutôt par suite du retrait des cellules que sous l'influence de la tension du sang. De plus, la lésion est diffuse, frappant indistinctement toutes les parties du lobule, soit au centre, soit à la périphérie. Les altérations cellulaires sont constantes, mais varient d’intensité. Les cellules, moins distinctes les unes des autres qu’à l’état nornial, semblent par places se fusionner entre elles. Les noyaux sont hypertrophiés ; le protoplasma, au lieu d’être homogène comme à l'état normal, est granuleux, fragmenté en petites masses hyalines. Certaines cellules sont creusées de vacuoles plus ou moins spacieuses ; enfin le protoplasma a complètement disparu dans quelques cellules dont on ne voit plus que la membrane limitante à la face interne de laquelle est accolé un noyau un peu moins énergiquement coloré que les autres. On n’observe pas de prolifération conjonctive ; les canalicules biliaires sont sains.

Depuis la description donnée par Hanot et Gaume du foie brightique, peu d'auteurs se sont attachés à son étude clinique. M. Le Gendre (1), dans une leçon clinique, insiste sur l'augmentation de volume du foie chez les brightiques ; elle est la règle et il explique cette hypertrophie par l’augmentation du travail dévolu au foie par suite de l'insuffisance du rein.

Dans une série de publications, MM. Gilbert et Herscher (2) attirent l'attention sur un syndrome observé pres-

(1) Le Gexpre, De quelques gros foies. Semaine médicale, 4897, n° 3. (2) Gizserr et Herscner, Surcoloration du sérum dans la néphrite in-

Page 1