‹ Recherches expérimentales sur le foie rénalChapitre 5 sur 23 · SACS · texte numérisé non relu

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que constamment dans la néphrite interstitielle ; la peau, notamment à la face, présente d'ordinaire une coloration semblable à celles qui existent dans la cholémie simple familiale et dans la pneumonie. Ce n’est qu’exceptionnellement que la néphrite interstitielle s'accompagne d’un ictère accusé, cutané et conjonctival. Le sérum est hypercoloré, car il renferme plus de pigments biliaires qu’à l'état physiologique ; sa teneur en bilirubine est de 1 p. 20.000 au lieu du chiffre normal de 1 p. 36.500. Parfois les téguments et même les conjonctives offrent une nuance jaune pâle, ressemblant de très près à la teinte jaune paille du cancer ; c’est qu’alors à la cholémie s'associe l'existence d'une anémie marquée dont l'importance au cours des néphrites doit être signalée (1). Les urines, très abondantes et par suite faiblement teintées, contiennent de l’urobiline en quantité plus ou moins considérable ; quand l'urine est très diluée du fait de la polyurie, l’urobilinurie paraît faire défaut, mais il est permis de se demander si elle ne passe pas plutôt inaperçue. Cet ictère acholurique de la néphrite interstitielle reconnaît vraisemblablement une origine hépatique. Depuis la description de M. Gaume, l'étude anatomopathologique du foie brightique n’a guère fait de progrès. MM. Léon Bernard et Bigart (1) ont trouvé que le foie n’est

terstitielle. Soc. de Biol., 12 avril 1902. — Les ictères acholuriques. Presse médicale, 29 juillet 1903. — Sur la teneur en bilirubine du sérum sanguin dans la néphrite interstitielle. Soc. de Biol., 22 juillet 1905. — Devaux, Thèse de Paris. 1904.

(1) Haueui, De l'anémie urémique. Thèse Paris, 1904.

(2) Léon BERNARD et Bicarr, Sur la sclérose embryonnaire intertrabéculaire du foie au cours de certaines affections du rein, Soc. de Biol., 11 janvier 4902.

jamais indemne lorsque le rein est malade et qu'en général on observe un certain rapport entre la nature des lésions hépatiques et celle des lésions rénales ; lorsqu’au niveau du rein les lésions interstitielles dominent, la même prépondérance s’observe dans le foie et inversement les lésions hépatiques sont très marquées lorsqu'il s’agit de néphrites épithéliales. Ils décrivent une sclérose embryonnaire intertrabéculaire du foie, lésion reproduite expérimentalement par la ligature double des uretères et que l’on observe dans les atrophies lentes du rein, réalisées par les néphrites interstitielles médicales, les néphrites des urinaires, Phydronéphrose, les néphrites épithéliales chroniques arrivées à la période de sclérose secondaire.

Signalons encore la constatation par M. Beauvy (1) de nécrose centro-lobulaire du foie dans un cas d’urémie aiguë.

Cependant, dans la pathogénie des accidents urémiques, l’état du foie est de plus en plus invoqué pour comprendre les modifications subites et passagères observées dans l’état de certains brightiques et que l’on ne peut expliquer seulement par l’état des reins (2). MM. Weill et Claude, constatant des lésions du sang et des troubles de sa coagulation au cours des néphrites aiguës ou chroniques s’accompagnant d’hémorragies, se demandent si ces phénomènes ne se produisent pas par l'intermédiaire d’altérations du foie.

Expérimentalement on cherche à reproduire, par l'injec-

(1) Beauvy, Nécrose du foie dans un cas d'urémie aiguë. Société anatomique, 1905.

(2) Desovs, Recherches sur l’urémie d’origine hépatique. Soc. méd. des Hôp., 9 février 1883 ; — Léon Bernar»p, Les fonctions du rein dans les néphrites chroniques. Thèse Paris, 1900.

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tion d’urine ou d’urée les lésions du foie brightique,cependant déjà bien mal établies elles-mêmes.

Enfin M. Læderich (1), dans un important travail, décrit soigneusement les modifications du foie conséculives aux altérations rénales expérimentales.

C’est sur le conseil de M. le professeur Gilbert que nous nous sommes attaché à l'étude de l'influence sur le foie des lésions rénales. La présente thèse n’aborde que quelques points spéciaux de pathologie expérimentale,

L'usage d'associer dans le langage médical deux noms d'organes pour exprimer l’action sur l’un d'eux des altérations de l’autre autorise l'emploi du terme de foie rénal. Il est plus général et plus compréhensif que celui de foie brightique car, indépendamment de la signification plus ou moins précise du terme de mal de Bright, l’état créé expérimentalement par la ligature des uretères, par exemple, n’a avec l'urémie observée en clinique humaine que des rap-

ports fort lointains.

(1) Læpericx, Des modifications du foie consécutives aux altérations rénales (Etude expérimentale). Thèse Paris, G. Steinheil, 1907.

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