G. MASSON, ÉDITEUR
LIBRAIRE DE l’ ACADÉMIE DE MÉDECINE ■P20, boulevard Saint-Germain, en face de l’École de Médecine
AVANT-PROPOS
Les Leçons que je présente aujourd'hui au public scientifique ne font pas partie de mon enseignement officiel. Ce sont plutôt des conférences que j'ai faites à des époques très diverses et dans différents endroits. J'ai dû les compléter pour en faire un tout : j'en ai développé quelques-unes et diminué d’autres.
Mon but a été d’étudier ici les modifications physiologiques qu'introduit dans l'appareil animal le fait de vivre dans l’eau.
Quand nous faisons de la physiologie, nos yeux se tournent invinciblement vers nous-mêmes et, non seulement le grand public, mais les gens les plus qualifiés nous demandent quelques applications de nos découvertes à nos propres intérêts. C’est pour cela que la physiologie des êtres aériens, qui se rapporte davantage à notre personne, est si développée pendant que celle des êtres aquatiques est à peine à son début.
Recherchant les modifications produites par un milieu , nous avons dû nous occuper longuement de ce milieu lui-même : on trouvera donc ici d’assez grands développements sur le milieu aquatique au point de vue vital.
On remarquera qu'il nous a fallu, à côté des recherches qui nous sont personnelles, faire connaître celles de ceux qui ont travaillé sur le même sujet. Nous n’avons certes pas l’orgueil d’avoir été complet : les travaux scientifiques sont aujourd’hui si répandus, que, même après y avoir apporté la conscience la plus scrupuleuse, on ne peut croire un seul instant qu'on a cité
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tout le monde et rendu à chacun ce qui lui était dû. Ceux qui liront ces Leçons jusqu’au bout verront que nous avons le plus souvent raconté les faits sans prendre parti dans les discussions de propriété ou de priorité. Si une découverte est bonne c’est l’intérêt qu’elle présente qui nous importe ; celui de son auteur ne vient qu’après. Si même il nous est arrivé quelquefois d attribuer à l’un ce qui appartenait à un autre, nous en présentons d avance nos excuses aux parties lésées. On remarquera encore que nous avons prononcé peu de noms propres, français ou étrangers.
C'est que nous jugeons que la bibliographie, si nécessaire dans les ouvrages didactiques et les articles des grands dictionnaires, n’est pas aussi utile dans les Leçons ; nous trouvons qu’elle les coupe et les morcelle, en forçant à chaque instant le lecteur à se reporter au bas des pages pour y trouver des indications qu’il ne désire pas, au moins pour le moment. D'ailleurs, le professeur, en chaire, ne les a pas données.
C’est le devoir de tout auteur de remercier ceux qui l’ont aidé dans son travail : ce sera pour moi un véritable plaisir.
Paul Bert, qui m’avait tant encouragé dans mes recherches, n’est plus là pour recevoir le témoignage de ma reconnaissance. Il est mort au loin, en voulant restituer à notre pays un empire colonial analogue à celui que nous avions perdu pendant le dernier siècle.
Son successeur, M. le professeur A. Dastre, dont je suis encore l’adjoint à l'Ecole des Hautes-Etudes, a mis amicalement à ma disposition la meilleure partie du Laboratoire de la Sorbonne et de la Station maritime du Havre, qu’il reçoive ici l’expression de toute ma gratitude.
Pour bien des recherches, il me fallait aller en mer, essayer des appareils, recueillir des échantillons. Je ne l'aurais jamais pu si le Prince Albert Pr, de Monaco, ne m'avait offert maintes fois la plus généreuse hospitalité tant à bord de son yacht que dans la principauté elle-même : il a bien voulu se souvenir
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toujours (Tune amitié qui nous lie depuis notre première enfance.
M. Louis Cailletet, membre de l'Institut, m’a beaucoup aidé de ses conseils : c'est grâce à lui que j'ai pu entreprendre mes recherches sur les hautes pressions. Que de fois n'ai-je pas mis à contribution sa science de physicien et son ingéniosité d’expérimentateur !
J’ai rencontré encore dans M. J. Thoulct une aide dont je ne saurais trop le remercier. Faisant lui-même un travail d’océanographie pure qui souvent confinait au mien, il m’a communiqué scs notes et ses croquis avant même qu’il ne les eût publiés : on verra que j'ai profité plusieurs fois de ce véritable désintéressement scientifique et que je lui ai souvent emprunté.
Je ne voudrais pas finir sans rappeler que tout ce qui a rapport, dans ce livre, à la chimie respiratoire a été fait en commun avec mon ami le professeur F. Jolyet, de la Faculté de Bordeaux. C’est lui qui, il y aura vingt ans bientôt, a mis entre mes mains les premiers instruments de physique et de physiologie expérimentale. J’ai d’autant plus de plaisir à me le rappeler à moi-même, qu'il est de ceux qui rendent la reconnaissance facile. k