‹ Recherches expérimentales sur les fonctions du nerf spinal :Chapitre 1 sur 8 · DANS SES RAPPORTS AVEC LE PNEUMOGASTRIQUE · texte numérisé non relu

DANS SES RAPPORTS AVEC LE PNEUMOGASTRIQUE

Si les fonctions du nerf spinal sont restées indéterminées pendant plus longtemps que celles de beaucoup d’autres nerfs, cela tient uniquement à ce qu’il est plus difficilement accessible aux moyens d’expérimentation. L’idée de détruire les origines nombreuses du spinal et d’aller les atteindre au milieu du trajet bizarre qu’elles parcourent dans le canal rachidien paraît , au premier abord , d’une réalisation presque impossible. Cependant cette expérience a été tentée et exécutée dans ces derniers temps; mais les mutilations considérables qu’on produisait entraînant toujours rapidement la mort des animaux, les expérimentateurs n’ont pu saisir que des phénomènes de courte durée, et conséquemment incomplets; de sorte que si les résultats obtenus au milieu de ces circonstances défavorables n’ont pas paru suffisamment rigoureux à beaucoup de physiologistes, c’est à la méthode expérimentale seule qu’il faut en attribuer la faute, puisque le sujet a été étudié avec autant de conscience que de savoir.

Persuadé qu’il fallait, avant tout, perfectionner l’expérience et la dégager de complications graves, j’ai dû chercher à instituer d’autres procédés qui permissent d’enlever complètement le nerf spinal et de conserver les animaux vi-

vants, ce que n’avaient pas fait mes prédécesseurs. Je crois , après des épreuves longues et multipliées, avoir enfin réussi, et pouvoir en conséquence présenter sur cette question des faits nouveaux d’une rigueur expérimentale, aussi grande que possible.

Ce travail sera divisé en deux parties : dans la première, nous passerons succinctement en revue les principales opinions émises jusqu’à ce jour sur les usages du nerf spinal. Nous nous arrêterons principalement au travail de Bischoff, et nous discuterons avec soin cette doctrine d'après laquelle on voudrait confondre le pneumogastrique et le spinal comme les deux racines d’une paire nerveuse rachidienne. L’importance de cette théorie et la célébrité qu’elle a acquise justifieront sans doute l’étendue des développements que nous avons donnés à son examen.

Dans la deuxième partie seront exposées les recherches qui nous sont propres. C’est à dessein que nous insisterons quelquefois sur les procédés d’expérience, parce que nous sommes convaincu qu’en physiologie, comme dans toutes les sciences, on n’arrive à des résultats rigoureux et incontestables qu’en multipliant et régularisant les moyens d’analyse ou d’expérimentation.

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