‹ Récherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux, dans les (volume 2)Chapitre 25 sur 58 · Je passe à. l'examen de la masse cérébrale · texte numérisé non relu

Je passe à. l'examen de la masse cérébrale

2. Le cervelet d'un pigeon étant mis à nu , j'ai soumis à des piqûres superficielles toilt le côté droit de ce cervelet. Il a paru, sur-le-champ, une faiblesse assez marquée du côté gauche.

3. J'ai retranché, par couches successives, tout le côté gauche du cervelet d'un second pigeon. La faiblesse du côté droit s'est accrue visiblement comme s'aggravaient les mutilations.

4. J'ai, sur un troisième pigeon, borné la mutilation aux parties médianes du cervelet.

L'affaiblissement a été à peu près égal des deux côtés.

5. Je ne reviendrai pas ici sur le croisement de faiblesse qui, comme on Ta déjà vu , accom-

DU SYSTÈME NERTEI3X. Ilb

pagne toujours le retranchement d un seul lobe cérébral. Ce croisement est suffisamment connu par mon premier Mémoire.

6. J'ai enlevé le tubercule quadri jumeau gau-* che , sur un pigeon ; et la faiblesse a prédominé du côté droit.

7. J'ai enlevé le tubercule droit, sur ucf au-, tre pigeon ; et la faiblesse a prédominé du côté gauche*

8. J'ajoute que les irritations du tubercule droit déterminaient toujours aussi des convul^ sions à gauche , et celles du gauche à droite.

9. J'ai découvert , enfin, la moelle alongée, sur un pigeon , par le retranchement préalable du cervelet, et j'ai ensuite irrité séparément ses deux moitiés latérales.

Les irritations de la moitié droite ont constam-^ ment provoqué des convulsions à droite ; celles delà moitié gauche, â gauche; celles du centre, à la queue.

1 0. J'ajoute pareillement que les mutilations de la moitié droite affaiblissaient surtout le côté droit ; celles de la moitié gauche, le côté gauche; celles du centre , la queue.

1 1 . Pour bien mettre dans tout son jour cette singulière opposition d'effet entre la moelle alongée et les tubercules quadrijumeaux, je décou-

116 PROPRIISTÉS ET FONCTIONS

yriS) sur ud pigeon, cette moelle et ces tubercules^ en enlevant le cervelet qui recouvre la première, et la portion postérieure des lobes cérébraux qui cache les seconds.

Gela fait, j'irritai totir à tour et séparément ces diverses parties.

Or voici ce que j'observai.

Quand j'irritais le tubercule d'un côté, jepro* voquais toujours des convulsions du côté opposé ; quand j'irritais, au contraire, la moelle d'un côté, c'était toujours du même côté que s'opéraient les convulsions.

Par exemple , les irritations du tubercule droit ne décidaient des convulsions qu'à gauche ; celleâ du gauche, qu'à droite ; et les irritations, au coqtraire, de la moelle droite n'en déterminaient qu'à droite , et celles de la gauche qu'à gauche.

1 2i c Dans les piqûres de la moelle alongée, dit «Lorry, j'ai toujours vu un commencement de » paralysie se former du côté opposé à celui où tétait }a blessure, et des convulsions du côté » qu'on avait irrité*» .

Tout le monde voit maintenant l'explication de ce fait si remarquable , et si long-tems ré-> voqué en doute par les physiologistes. Dans

' Mem, des sav. étr>\ tom. III, pag. 575.

DU SYSTÈME NERTEUX. WJ

ses expériences , Lorry produisait tout à la fols paralysie du côté apposé à la piqûre et convutsion du côté piquée parcequ'il n'isolait point la moelle alongée du cervelet : V effet croisé de ce-? lui-ci devait donc se mêler , dans ses expériences, à Veffet direct de l'autre.

Pour exprimer un fait sous tous les rapports exact, Lorry devait dire : Pans les blessures combinées de la moelle aiongée et du cervelet, j'ai toujours vu la paralysie du côté opposé à la piqûre, et la convulsion du côté piqué.

L'assertion particulière de Lorry, comme la proposition générale d'Hippocrate, ne s'applique donc qu'à des lésions complexes : l'assertion de Lorry, aux seules lésions combinées de la moelle alongée et du cervelet; la proposition d'Hippocrate , à tous les cas de combinaison pQssibles de la lésion d'une partie à effet direct avec la 1er sion d'une partie à effet croisé.

i5. Ainsi, i® le retranchement d'un seul lobe cérébral , d'un seul côté du cervelet , ou d'un seul tubercule quadrijumeau, produit constamment une faiblesse plus marquée dans le côté du corps opposé au lobe , au tubercule , ou au côté du cervelet enlevé ;

Les lobes , le cervelet , les tubercules ont • donc un effet croisé; et les lobes et les tubercur

Il8 PROPRIÉTÉS ET PONCTIONS

les, un effet croisé double: en avant, sur les yeux ; en arrière , sur les autres parties du corps.

2* L'irritation d une seule moitié latérale , soit de la moelle alongée, soit de la moelle épinîère, détermine toujours des convulsions du même côté ;

Et pareillement, la mutilation d'un seul côté de moelle épinière ou alongée ne paralyse que les parties de ce côté ;

La ii;ioelle épinière et la moelle alongée n'ont donc qu'un ^ffet direct \

3" L'effet croisé se borne donc à certaines parties du système nerveux; dans d'autres il est remplacé par Véffit direct : l'expérience de ces diverses parties pouvait seule constater le genre d'effet propre à chacune d'elles.

4* Enfin , la lésion d'une partie excitatrice de contraction et à effet direct ( les moelles épinière ou alongée par exemple), combinée avec la lésion d'une partie non excitatrice de contraction et à effet croisé (le cervelet ou les lobes cérébraux par exemple), donne le rapport selon lequel les paralysies se joignent aux convulsions: rapport jusqu'ici tellement inconnu et méconnu que le prin-

' Tout le monde connaît aujourd'hui le fait correspondant offert par Tanatomie : savoir que les faisceaux de la moelle épinière ne s'e/ifre-crowenf qu'à un seul point; point QÛ ellç finit et où commence l'encéphale.

cîpal fait sur lequel il repose, c'est-à-dire le fait d'où était parti Hippôcrate et qu'a reproduit Lorry, est encore révoqué en doute par la plupart des physiologistes.

i4- En résumé, les lobes cérébraux et le cervelet ont un effet croisé et simplement de paraty^ ' sie; les moelles épinière et alongée, un effet di-^ rect double et de convulsion et de paralysie; les tubercules quadrijumeaux , un effet croisé double et de paralysie et de convulsion.

i5. Ainsi, qu'un seul lobe cérébral, ou qu'un seul côté du cervelet soit atteint, il y aura sim-r plement paralysie du côté opposé à la partie blessée ; qu'on ne blesse qu'un seul côté des moelles épînicre ou alongée, il y aura (selon le degré de la lésion) paralysie ou convulsion du côté lésé; qu'on ne blesse qu'un seul tubercule quadrij umeau , et il y aura (selon le degré de la lésion encore ') paralysie ou convulsion du côté opposé à la blessure.

Au contraire, qu'on blesse tout à la fois et un lobe cérébral et le côté correspondant de moelle

' Je dis selon le degré de la lésion, parceque, comme on "vîeat de Yoir, une lésion déterminée des parties excitatrices de contraction ( c'esl-à-diro, de la moelle épinière, de la moelle alongée et des tubercules quadrijumeaux) excite la contraction ; tandis qu'une lésion assez profonde pour détruire le tissu de ces parties la paralyse çt l'abolit,

120 PROPRIÉTÉS ï;t fonctions

alongée S il y aura tout à la fois paralysie du côté opposé à la piqûre et convulsion du côté piqué ; qu'on blesse un seul côté du cervelet et un seul côté de moelle alongée (toujours la correspondance de côté observée ) , il y aura fticore paralysie du côté opposé à la lésion et convulsion du côté lésé ; qu'on blesse enfin , ou un seul lobe cérébral, ou un seul côté du cervelet, concurreoiment avec le tubercule quadrijumeau du même côté , et la paralysie et la convulsion seront toutes deux du côté opposé à la blessure.

16. La paralysie peut donc exister seule; elle peut se joindre aux convulsions ; elle peut être directe on croisée, du même côté ou du côté opposé à la convulsion': le genre d'effet propre à la lésion de chaque partie une fois connu , tous les cas de coinbinaison possibles des diverses

' Bien entendu que la lésion ne va pas jusqu'à détruire le tissu de la moelle alongée ; oas auquel, comme je l'ai déjà dit, ce ser^jtla paralysie, et non la convulsion, qui serait la suite de cette lésion, ou, plus exactement, de cette desr truction.

' Voyez les Mémoires de Lapeyronie (Acad. des scienc. , année 1741)9 4ç Saucerotte, Sabouraut, Chopart (Acad. roy. de chirprg.^ tom. IV des Prix) ; les Observations de Louis, Pourfour Petit, Petit de Namur, Valsalva, Morgagni, etc., etc., etc. Voyez, plus loin, l'application de mes f;:^périences et de leurs résultats à la pathologie.

lésions entre elles se conçoivent, s'expliquent, se déduisent d'eux-mêmes.

Page 1