PREFACE
Cet ouvrage se compose des Mémoires que j'ai lus à TÂcadémie royale des sciences de l'Institut, durant les années 1822 et i823.
Le premier de ces Mémoires a pour objet la détermination des propriétés du système nerveux, et celle du rôle que jouent les diverses parties de ce système dans les mouvemens dits volontaires, ou de locomotion et de préhension.
Le système nerveux se partage effectivement, comme chacun sait, en plusieurs parties essentiellement diverses : les nerfs, la moelle épinière et le cerveau. Le cerveau lui-même se subdivise, en outre, en hémisphères cérébraux, cervelet, tubercules quadrijumeaux , et moelle alongée.
La structure et la constitution de ces diverses parties sont visiblement distinctes : leurs fonctions le seraient-elles aussi? Bien des physiola-
gistes Font cru ; nul ne l'a constaté par des ex-^ périences directes.
Ce n'est pourtant pas faute d'expériences. Mais^ ou l'on expérimentait toujours sur plusieurs parties du système nerveux ensemble^ ou l'on n'isolait point convenablement des autres la partie ejqpérimentée* On n'obtenait donc de ce& expériences que des phénomènes complexes ; et de c^s phénomènes coxnplexe&» que des coxiclusions vagues et incertaines^
Une autre cause d'erreur était de n'expérimenter que sur certaines parties du système nerveux, et d'attribuet^ ensuite à l'ensemble de ce système des effets qui, presque toujours, n'appartenaient qu'aux seules parties exf^érimeatées.
Ainsi, soit qu'on n'expérioi^ntit que sur certaines parties, soit qu'on n'isolât point convenablement la partie expérimentée, on confondait toujours les résultats donnés par l'uneav^o les résultats donnés par l'autre, et l'on n'obtenait conséquemment, avec précision, les propriétés d'aucune.
C'est pour garantir mcfs expériences de ces écueils^ que j'aj tour àtouT expérimeaté séparément sor les nerfs , sur ta moeUe épiûière , sur le cerveau , sur les diverses parties du cerveau ; et que , dans l'exploration de chacune de ces parties , }'ai mis le soin le plus scrupuleux à n'inté** resser qu'elle, et à me sauver par lài de toute complication étrangère.
J'ai choisi , en général , des ^niiifôUX encore Jeunes , pour mes expériences sur la masse cérébrale et la moelle 'épiniève.
11 y a plusieurs* raisons deeeehoix. D'abord, les os des je^UBes aBimanx^étant fort tendreer, om éprouve bien moinfr de difficulté à les enl^fver; en second lieu , il est constant qu'un animal résiste d'autant plu# aux mvtifeitioiis qu'il est plm jeune. Enfin, et ceci s'applique surtout aux ex* périences sur la masse cérébral , lé^s sinns de la dure-mère étant , comparati^vetnent , fort peu développés dans les premiers âge^, il y a moins à craindre d'être embarrassé par le sang.
Du reste , il faut toujours xespecter le plus pos«
iv • PRÉFACE.
sible les parties qui fournissent du sang , i** parceque la perte du sang abrège beaucoup la vie de ranimai , et qu'il importe essentiellement que l'animal vive pour donner les résultats de l'expérience ; 2* parceque le sang, s'épanchant dans la masse cérébrale, y produit des compressions dont les résultats se mêlent aux résultat^ propres de l'expérience^ les compliquent , souvent . même les dénaturent.
Généralement, on ne doit dénuder du cerveau que la région sur laquelle on expérimente : par exemple , la région des lobes cérébraux ^ quand il s'agit de ces lobes; puis celle du cervelet, celle des tubercules quadrijumeaux, et ainsi du reste. L'animal résiste beaucoup mieux à ces dénudations circonscrites et graduelles qu'à une dénudation brusque et générale.
J'évite, à dessein, de me servir, dans ces expériences, d'irritans chimiques. Outre qu'on ne modère point facilement l'action de ces irritans, on détermine souvent par eux un effet qui, persistant plus ou moins, se mêle aux ef-